Paris Games Week: Entre ombres et lumière

PGW 13

Comme vous le savez sans doute, la Paris Games Week 2013, le plus grand salon du jeu vidéo en France, s’est tenue à Paris du 30 octobre au 3 novembre dernier. J’y ai fait un tour pour votre plus grand bonheur, accrochez-vous, ceci est mon histoire.

A l’ombre de la PGW

Jour 0 / Mardi 29 octobre 2013 : J’ai été un des blogueurs ayant eu le privilège d’arpenter la PGW une soirée avant tout le monde. Un beau cadeau pour une première fois. Mardi soir donc, je me dirige souriant vers la Porte de Versailles, croyant profiter de l’immensité d’un événement quasiment vide. Premier drame : à l’arrivée, l’entrée est noire de monde, je ne pensais pas qu’il y avait autant de blogueurs et de journalistes jeux vidéo, surtout que j’en connais un paquet qui n’ont pas eu la chance d’avoir une une accréditation leur donnant accès à cette soirée précédent la PGW. Deuxième drame : la majorité des personnes présentes sont ici sur invitation, oui vous avez bien lu, sur invitation ! Beaucoup de personnes se sont donc battus pour une accréditation en vain car ils ne remplissaient pas les conditions. D’ailleurs quelles sont-elles ? Il faut être youtubeur et avoir 16 ans, c’est cela ? Bref, je ne m’attarde pas plus sur la foule et je cherche une entrée presse (tant qu’à faire, si on a un pass, autant en profiter n’est-ce pas ?) C’est là que le troisième drame se joue : c’est la même entrée pour tout le monde ! Pas de problème, je prends mon mal en patience et je finis par entrée une heure après l’ouverture. Il faut dire que le dispositif d’entrée était très mal géré, comment voulez-vous faire du bon travail avec seulement 2 personnes vérifiant des centaines d’entrées ? A l’intérieur je commence par un tour rapide du propriétaire, c’est pas mal mais à mon avis, le premier jour va être un Enfer vu la (petite) taille du salon voulant concurrencé la Gamescom… On n’y est pas encore messieurs, les allemands sont loin devant. Je me rends ensuite vers le stand PlayStation pour vivre le quatrième et dernier drame de la soirée : il n’est accessible que par invitation… For the players qui disaient… Bref, quatre déceptions en 2 heures, c’est beaucoup trop pour moi, surtout après une journée de boulot, sans compter que l’on commence déjà à circuler au ralenti sur le salon vu le nombre énorme de personnes sur place. Un rapide passage au stand Nintendo pour (enfin) mettre la main sur la fameuse Nintendo 2DS et salut la compagnie, j’espérais avoir plus de chance le jour suivant.

PS : Ceci était bien un paragraphe de frustré, problème de privilégié n’est-ce pas ?

Jour 0,5 / Nuit du 29 au 30 octobre 2013 : Call of Duty : Ghosts / Activision / Foule / Bagarres / « Moïse » / Activision.
Résumé rapide de cette nuit « d’horreur » avant l’heure.
Rappel des faits : Suite à l’émeute de la Milan Games Week, émeute provoquée par l’annonce que les 500 premiers visiteurs devant le stand d’Activision auraient le droit à l’édition prestige de Call of Duty : Ghosts en cadeau (une édition à plus de 180€); Activision France et son président ont eu la bonne idée de renouveler l’opération à PGW… C’est bien connu, lors d’une manifestation quelconque, on sait se tenir en France. Pour éviter tout débordement éventuel, on n’est jamais trop prudent, Activision avait décidé de mettre en place une file spéciale pour ceux qui voudrait le jeu, les 500 premiers se verraient alors remettre un bracelet attestant de leur présence parmi ces 500 premiers et leur permettant ainsi de recevoir le jeu à la maison. De plus, Activision se donnait le droit de refuser les agitateurs. Suffisant ? Certainement pas. Dans la nuit, une embrouille éclate entre un agent de la sécurité en civil et un visiteur, ce dernier finira d’ailleurs par ce prendre un coup de poing en traître. Plus tard dans la nuit, certaines personnes présentes vont saccager les barrières et tenter de rentrer de force à l’intérieur du salon pour obtenir un jeu. Faut pas déconner, ils sont prêts à faire la queue pour un jeu gratuit mais pas toute la nuit ! Certains diront que des jeux ont été distribué, d’autres réfuteront cette version, peu importe, le mal est fait. Certains ne savent définitivement pas se tenir et ça sera encore la faute des jeux vidéo. Dernière chose. Les blogueurs qui font leur actualité sur la « sauvagerie » des joueurs de Call of Duty qui ont attendu toute la nuit pour un jeu, merci de balayer devant votre porte si vous avez eu le fameux bracelet en arrivant à 8 heures du matin le premier jour. Les pires criminels sont de loin les cols blancs et ce n’est pas moi qui le dit.

PS : il y a Activision deux fois au début du paragraphe, c’est normal, l’organisateur de la PGW est aussi le président d’Activision France. Hein ! C’est pour ça qu’il n’a pas annulé la (trop) prévisible débandade ? Le marketing poisseux, il n’y a que ça de vrai pour beaucoup.

PS 2 : Si vous voulez votre édition Prestige de CoD: G, vous pouvez déjà le trouver à « petits prix » sur internet. Je vous laisse chercher.

Jour 1 / 30 octobre 2013 : J’avais prévu de ne pas y aller après l’expérience quasi-désastreuse de la veille mais certains m’ayant «forcé la main », je me suis dit, pourquoi pas. Après tout, ce genre d’événements est aussi l’occasion de voir des personnes ayant la même passion et que l’on ne côtoie que virtuellement en temps normal. Surmotivé, je me dirige donc vers la PGW. Le drame se répète : à 11 heures, l’entrée de la PGW est pleine à craquer et comme on sait si bien le faire dans notre beau pays, ça proteste, ça insulte et ça fout le bordel. On a inventé la grève, faut savoir s’en servir non ? Je réussis tant bien que mal à rentrer par une porte dérobée (après avoir essuyer plusieurs refus de la sécurité et même des rires). Arrivé à l’intérieur, je comprends pourquoi l’organisation ne laisse entrer personne… Il n’y a tout simplement plus d’espace à l’intérieur. Une vraie marée humaine coule dans les travées de la PGW, le Hall 3 de la Porte de Versailles est plein à craquer. Un lieu idéal pour un drame humain digne des plus belles tragédies de l’histoire (les fans de football comprendront mon allusion au drame d’Hillsborough, pour ne citer que celui-là). Combien de temps je suis resté ? 20 minutes, le temps de me frayer un chemin jusqu’à la sortie. Ma première PGW est un désastre et se finit dès le premier jour pour moi, je n’y remettrai plus les pieds…

PS : Nombre de visites sur les 5 jours ? 245 000 ! Tant de personnes dans un endroit si petit ! Bien joué. Je pense que les organisateurs de la PGW ont un doctorat en conserverie.

Interlude

Jour 2, 3 et 4 / 31 octobre, 1 et 2 novembre : à la maison, j’ai dit que je n’irai plus, je suis resté sur ma décision… Jusqu’à ce qu’on me dise plusieurs fois que l’après-midi c’était plus cool et plus aéré… Tel un nouveau fanboy Xbox One, j’ai donc retourné ma veste à une vitesse dépassant l’entendement.

PS : ce troll complètement gratuit et véridique vous est offert par le Maître de l’Enfer. L’impartialité ne fait pas tout amis lecteurs.

Et la lumière fut !

Dernier Jour, Jour 5 / 3 novembre : En effet, il y a moins de monde le Dimanche, même à 11 heures. Enfin, j’ai l’impression de profiter du salon. Je remercie l’écrémage logique de la rentrée scolaire du lendemain. Il est temps de profiter du salon et surtout des flâner dans les allées de cette PGW.
Bonne ambiance du côté du stand de Namco Bandaï avec une petite de 5 ans habillé en Hello Kitty qui torche tout le monde sur le tournoi de Saint Seiya et qui finira même par le gagner. Incroyable !
Le stand Game One n’est pas en reste avec JT (oui je n’ai pas envie de mettre son nom) qui défie tout le monde à FIFA 14. Kayane prendra plus tard dans la journée la relève pour torcher toute la PGW à Soul Calibur 5. Une fois de plus, personne ne l’a battu, mais un petit malin a réussi à lui prendre un round… sur 3.
Dans le studio éphémère de jeuxvideo.com, le très funky Alex Nassar anime un petit défi entre potes avec dégustation de piment asiatique pour le perdant. Sympa.
Le stand Xbox One, comme la plupart des autres stands, propose la démo de FIFA 14 à tous ceux qui sont autour et les animateurs haranguent la foule à coup de « la Xbox One c’est la meilleurs console, etc. » Classique.
Ubisoft, fait chauffer le dancefloor toute la journée avec son Just Dance. 5 jours de danses endiablées qui auront séduit beaucoup de monde, il fallait bien ça pour faire (un peu) oublier Watch Dogs.
L’ESWC, la Coupe du Monde du jeux vidéo bat son plein mais je l’avoue, je n’ai rien suivi du tout de ce superbe chaud à l’américaine (on a toujours besoin de danseuses légèrement vêtues sans rapport avec le reste).
Marcus est disponible pour ses fans comme à son habitude et prend le temps de discuter avec eux, de poser pour la photo, etc. Le dernier chic type du jeu vidéo ?
L’espace PlayStation 4 est PLEIN à craquer ! Il fallait s’armer de patience pour pouvoir tester Assassin’s Creed IV, Killzone Shadowfall ou encore Driveclub. Je ne parlerai que de Killzone, ayant déjà donné mon impression sur les deux autres jeux. Graphiquement au top, très nerveux et très interactif. Il faudra compter sur celui-ci dans la bataille du FPS next-gen… Ou pas.
Beaucoup moins de queue par contre pour l’exclusivité Knack, normal, le jeu est gentillet mais ne révolutionne rien. Franchement, a-t’on le droit de faire des jeux de plateforme dans lesquels on ne peut pas contrôler la caméra en 2013 ?
L’espace jeux indépendants de la PS4 était lui aussi plus accessible, et proposait de s’essayer aux perles indés que la dernière née de Sony nous proposera à son lancement et dans les mois qui suivront.
Ah ! Il y avait aussi Gran Turismo 6 en démonstration. Verdict ? Comme prévu, ça sent le Gran Turismo 5.5. La différence ne se fera pas dans les graphismes ni dans la physique du jeu. Les dégâts sont toujours aussi réalistes par contre ! (bien sûr, vous aurez compris que c’était de l’ironie).
J’aimerai m’étendre un peu plus, sur Call of Duty : Ghosts, Sur Forza 5, sur The Crew, sur Dead Rising 3 ou encore sur Watch Dogs ; mais je n’avais pas la patience de faire une queue d’une heure pour 5 minutes de jeu. Pour ce genre d’ambiance, je préfère Disneyland Paris.

PS : Dead Rising 3 n’était pas jouable et vous avez vraiment cru qu’il y avait une démo jouable de Watch Dogs ? Soyons sérieux !
J’ai quand même eu le plaisir de tester un autre jeu ce Dimanche. Le très attendu/décrié Ryse : Son of Rome. La démo ne proposait pas de mode histoire mais plutôt la partie « jeu du cirque ». C’est un jeu de qui déjà ? Ah oui ! Crytek. Le jeu est beau à vous en décoller la rétine; quand il s’agit des graphismes, les polonais ne font pas dans la demi-mesure (la franchise Crysis parle pour moi). Espérons que le jeu ne sera pas aussi creux que leur précédente série. Bref, tout ça pour dire que l’on m’a sans doute menti en m’assurant que Ryse : Son of Rome était un QTE game, j’en ai vu aucun au cours de cette démo plutôt plaisante. Je réserve quand même mon avis final pour le jeu complet, on ne sait jamais, ils savent noyer le poisson pour mieux vendre dans le milieu.

Je finirai par les endroits les plus calmes de la PGW : le stand Paul à l’heure du déjeuner (tout le monde préfère le Kebab), le stand Nintendo sympa et tout doux avec Pikachu, Mario et Luigi en guest ainsi que les démonstrations des différents jeux sortis ou à venir de Big N. Pokémon XY était d’ailleurs en version complète sur le salon. Classe. J’ai pu aussi mettre mes mains sur la Nintendo 2DS comme dit plus haut et je dois avouer qu’elle est vraiment sympa cette portable et pas si moche que ça finalement. Sa prise en main est immédiate et les boutons LR qui ont été agrandi sont vraiment superbe, par contre, si vous avez goûté au confort de l’écran de la  Nintendo 3DS XL, ça fait un peu mal. On pouvait aussi s’essayer au prochain (et dernier ?) Professeur Layton et au prochain Zelda. Sans oublier Bayonetta et Super Mario 3D World sur Wii U. Nintendo a su mettre les petits plats dans les grands, tout en bénéficiant de son aura un peu « enfantine » pour certains, ce qui lui a permis de rester loin du tumulte de la PGW pendant toute la durée de l’événement.
Le dernier endroit calme ? L’espace PGW Junior. Au menu ? Skylanders, Rayman, Disney Infinity, marchands de douceurs et… Retrogaming ! Parfait pour faire jouer les plus jeunes et leur faire découvrir les anciennes consoles, parfait pour les nostalgiques aussi. Les anciennes consoles, que de bons souvenirs, à l’époque ou la « Guerre des Consoles » avait une véritable légitimité. Attention cependant, ce n’était pas forcément mieux avant… Il y avait juste moins de vestes retournées…

Entre ombres et lumière.

Il y a des cons partout... surtout là où on s'y attend

Il y a des cons partout… surtout là où on s’y attend

Que retenir de cette édition 2013 de la Paris Games Week ? Une organisation désastreuse. Un service de la sécurité complètement débordé. Un peu de vandalisme, des bousculades. Des gosses qui avaient visiblement fini leurs devoirs mais qui n’étaient pas là que pour le jeu vidéo. Un espace digne des plus belles boîtes de sardines de France et quelques abrutis sur le stand Nintendo (voir photo ci-dessus).
Cela dit, tout n’est pas à jeter. Il y a quand même de bonnes choses à retenir, comme l’énorme implication des différents intervenants du salon, malgré la foule pourtant pas très « sage » ; et aussi la possibilité de tester pas mal de jeux des prochaines consoles à venir, enfin si vous êtes un visiteur patient. Après tout, on  n’a pas tous la chance de pouvoir se déplacer à la Gamescom ou à l’E3, je suis d’ailleurs un de ces « malchanceux ».
Dommage, il y avait moyen de faire un truc bien sans l’imbécillité chronique d’Activision et surtout, mettre en place une limitation sur la vente de places ! Quand comprendra-t-on qu’il faut respecter des limites de visiteurs selon l’espace disponible ? Sans doute jamais. Il serait grand temps de changer d’endroit pour pouvoir accueillir plus de personnes dans de meilleurs conditions… A moins que cette énorme affluence soit la cause de la course aux 500 Call of Duty couplée à la sortie de nouvelles consoles. Who knows ? Who cares ?

PS : Je ne vous oublie les nouveaux fanboys Xbox One. Vous avez retourné votre veste à une vitesse phénoménale… Il y a encore quelques semaines vous étiez les premiers à pisser sur la raie de #TheOne…
Ce post-scriptum ne vaut pas pour tous les fans de Microsoft, je connais ceux qui ont toujours été pro-Xbox, même après l’annonce des DRMs et de la connexion obligatoire. Les intéressés comprendront facilement que je parle d’eux.

NB : Il y a très peu de photos à votre goût ? Normal, j’étais trop occupé à m’extirper de la foule pour en faire.

Remerciements : à Brian et Shéra de m’avoir tenu compagnie ce dimanche. C’est quand même plus sympa à plusieurs.

Pikachu a toujours une cote d'enfer :D hein Brian et Shéra?

Pikachu a toujours une cote d’enfer 😀 hein Brian et Shéra?

avatar Publié par le 4 novembre 2013. Classé dans à la une, Events. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

4 Réponses pour Paris Games Week: Entre ombres et lumière

  1. Bien joué mec, très bel article, je suis fier de toi!

  2. Pas mal l’article^^
    Et Pikachu aura une cote d’enfers à jamais!!

  3. Donc au final, c’était pas si mal, à part l’énorme couac sur l’espace disponible?

  4. Pingback : ZombiU ou comment dévoiler tout le potentiel de la Wii U | Game Inferno

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