Catherine : Vous avez dit Catherinette?

Le début du mois est toujours un moment particulier pour les abonnés aux PlayStation Plus. Ce mois-ci, en plus d’Hitman Absolution et d’autres jeux, Sony nous permet de découvrir l’étrange et excellent Catherine. L’occasion rêvée pour vous parler de ce jeu qui m’a retourné. Un jeu démoniaque, un peu comme nous. Attention, Succube.

Catherine white

On n’est même pas le 25 Novembre!

Avant toute chose, sachez que les jaquettes du jeu (censurées aux Etats-Unis, la blague) peuvent prêter à confusion. Oui, Catherine n’est pas un eroge, genre dont sont particulièrement friands nos amis japonais, et d’autres européens que je connais. Non, c’est un puzzle game, un puzzle horror game pour être exact. J’aime bien inventer des genres. Là, vous vous dites: « Un puzzle game sur une console de salon, c’est étrange non? » Il est vrai que c’est un type de jeu surtout présent sur les consoles portables maintenant (Tetris et Picross pour ne citer qu’eux) mais à une autre époque, Columns a fait le bonheur des possesseurs de Master System, entre autres (pas le mien, je m’éclatais à Super Tetris avec Big N).

Puzzle game ou dessin-animé interactif?

Le jeu ne consiste pas du tout en une banale suite de résolutions de tableaux. En fait, les phases de « puzzles » viennent plutôt ponctuer un récit interactif. D’ailleurs, l’animation est d’une grande qualité, tout à fait normal quand l’on confie cette tâche au Studio 4°C. Studio à qui l’on doit déjà Amer Béton, l’OAV Street Fighter IV: The Ties That Bind, le clip de la chanson Passion d’Utada Hikaru et surtout la trilogie en cours des films de Berserk, une référence donc.
On suit donc notre héros, Vincent Brooks, dans sa vie de tous les jours. Il est en couple depuis un certain temps avec une femme, Katherine, qui voudrait se poser pour de bon mais lui préfère vivoter. Boulot banal et occupations de jeunes célibataires, comme passer ses soirées au Stray Sheep avec ses amis (le bar du jeu). La banalité de sa vie va d’ailleurs l’emmener à succomber aux charmes de la vénéneuse Catherine.

Dans ce bar, plusieurs actions sont possibles : nous pouvons parler avec ses amis, commander à boire, parler aux autres personnes présentes et pourquoi pas régler leurs problèmes. Il vous sera aussi possible de changer la musique du bar via le jukebox, les amateurs de la franchise Persona apprécieront. De plus, une borne d’arcade vous permettra de jouer à Rapunzel, jeu dans lequel il faudra libérer Raiponce (Rapunzel chez nous, vous l’avez compris) de sa tour en grimpant les cubes comme dans les phases de puzzle, mais en 8 bits cette fois-ci. Votre progression dans ce jeu d’arcade n’est pas une coquetterie du soft car vos résultats auront un impact direct sur la fin du jeu et ses différents choix.

Enfin, chaque fois que vous serez dans le bar, vous aurez accès à votre téléphone portable, ce qui vous permettra ainsi de répondre aux SMS de votre bien aimée (et aux MMS coquins d’une autre), mais aussi de consulter vos résultats des puzzles précédents, avec la possibilité de les retenter. Attention toutefois, vos réponses aux différents messages reçus mais aussi aux discussions avec les PNJs, auront des conséquences sur votre jauge de conscience.
Le fil directeur du jeu? Vincent fait de terribles cauchemars chaque nuit, comme tous les hommes adultérins de la ville, et s’il ne survit pas à ses nuits agitées, il mourra aussi dans le monde réel. D’ailleurs, les infos que l’on peut voir à la télé du Stray Sheep parlent tous les jours d’hommes décédés de manière inexplicable dans leur lit, le visage figé dans l’effroi. C’est là que commence la partie puzzle game…

Modes de jeu, principes et difficultés.

Dans le mode histoire, le jeu à proprement parler commence après chaque passage au Stray Sheep. Vincent se « réveille » dans son rêve, habillé simplement d’un caleçon, muni d’un oreiller et avec des cornes de bélier sur la tête (d’aucuns diront de mouton mais les moutons n’ont pas de cornes). Le but ici, est de déplacer les cubes pour atteindre le sommet de la « tour » afin d’atteindre un palier où il vous sera possible de discuter avec d’autres prisonniers de ce cauchemar collectif. Certains vous apprendront de nouvelles techniques pour grimper, d’autres se lamenteront simplement sur leur sort et le gros mouton numismate vous échangera des objets bonus contre les pièces que vous aurez récupérées. Attention cependant, vous ne pourrez transporter qu’un seul objet à la fois. Je ne vous ai jamais dit que le jeu était facile. Finalement, après avoir parlé avec tous les moutons et fait vos petites courses, ou pas, vous vous rendrez à l’ascenseur des confessions pour répondre à une question et atteindre la deuxième partie de votre ascension. Votre réponse aura d’ailleurs une conséquence sur la jauge de conscience dont j’ai parlé précédemment. Conseil: évitez de faire cette phase de jeu quand votre compagne vous regarde jouer, on ne sait jamais…

Jusque là, rien de bien difficile me direz-vous, désolé de vous décevoir, mais ce jeu est très compliqué. Surtout si vous voulez décrocher les trophées or de chaque niveau permettant de débloquer le mode Babel. Chaque tas de pièces récupérées en chemin sera important dans le calcul du score amenant l’obtention des trophées in game (et pas des trophées PlayStation 3). De plus, il vous faudra aussi être rapide dans la résolution car à chaque fois que vous escaladerez un cube, une jauge de « step » se remplira et un multiplicateur s’affichera. Si vous restez trop longtemps au même niveau, la jauge se videra et fera redescendre immédiatement le multiplicateur à 0, sans décompte sur les précédents steps réalisés. De quoi foutre les boules.
Les premiers puzzles sont simples, parfait pour mettre en confiance et surtout pour introduire votre désespoir par la suite. En effet, dans les suivants, la tour s’écroule de plus en plus vite et les erreurs sont payées CASH. En difficulté Normal vous pourrez annuler jusqu’à 7 de vos déplacements antérieurs, chance que les japonais n’ont pas eu. Merci de nous prendre pour des assistés. Ajouté à ça que des malus viendront ponctuer votre ascension vers la liberté, tels que des moutons vous empêchant de monter, mais que vous pourrez frapper avec votre fidèle oreiller, des cubes qui s’effritent ou encore les cubes glacés glissant et bien d’autres que je vous laisse découvrir.
A chaque fin de niveau, vous devrez monter la dernière tour avec un boss à votre poursuite. Ces boss sont les personnifications des pires craintes de Vincent. En plus de nous mettre dans un état de stress intense, ils avancent à une vitesse folle et vous tuent en un seul coup. N’oublions pas leurs pouvoirs: Un inversera les commandes de la manette si vous vous faites toucher par sa projection lumineuse (j’ai mis 10 minutes à comprendre que ce n’était pas ma manette qui déconnait), un autre transformera tous les blocs normaux en blocs marrons, etc. Vous allez regretter le simple écroulement des phases précédentes. Lorsque le boss est enfin « vaincu », notre héros se réveille dans son lit…en charmante compagnie et l’histoire se répète car chaque soir, sa vie sera en jeu.


Le mode Babel quant à lui vous permettra de grimper une tour le plus vite possible (comme dans le mode histoire), mais cette fois-ci en coopération ou en compétition avec un autre grimpeur, le tout en ligne ou en local. Les différents niveaux du mode Babel se débloquent seulement si vous obtenez les trophées or dans le mode histoire mais ça je vous l’ai déjà dit; un SMS sera d’ailleurs envoyé à Vincent à chaque déblocage. Dernière chose sur ce mode. Si vous en avez chié dans le mode histoire, dites vous bien que c’était simple à côté de ce qui vous attends dans Babel!

Babel

Tremblez face à la difficulté du mode Babel

L’adultère est un cauchemar, pas une partie de plaisir

L’ambiance du jeu est très horrifique. Les décors des puzzles sont sombres et gothiques et les sons tout aussi angoissants. D’ailleurs Atlus ne s’est pas embarrassé avec la vision du sang, qui giclera à la moindre erreur fatale de votre part (le PEGI 18 n’est pas là pour faire joli, oui je pense à toi le petit que j’ai vu acheter Prototype 2 la semaine dernière, d’ailleurs c’est bien fait, t’as acheté une daube).
La bande-son est par ailleurs géniale. Mélangeant le classique avec une touche de rock et d’électro du plus bel effet, c’est autre chose que je n’aime pas le classique mais ça j’aime bien. On n’en attendait pas moins d’un compositeur aussi doué que Shoji Meguro à qui l’on doit les musiques des jeux Persona, ce qui explique leurs présences dans le jukebox du Stray Sheep, et de l’OST3 de Bleach. Elle colle parfaitement à l’ambiance et a le don de nous immerger complètement dans le titre (on se surprend même à fredonner des airs classiques que l’on reconnaît inconsciemment).

Amateur de rage-quit, passez votre chemin

La prise en main est assez simple: pousser, tirer, grimper, descendre; mais on aura parfois quelques difficultés à grimper ou à se déplacer selon la position de Vincent, la perspective ayant une incidence directe sur les commandes et n’espérez pas vous en sortir grâce à la caméra. Mal conçu au possible, la déplacer est un véritable supplice et cela ne sert finalement pas à grand chose. Faites un travail mental sur la position de notre héros quand il se déplace suspendu derrière un bloc, ça sera nettement plus efficace. Après tout, c’est un puzzle game donc allumez votre cerveau, vous allez avoir grand besoin de toutes vos capacités intellectuelles.

Vous n’avez pas encore rage-quitté le test?

Catherine est donc un jeu original et très plaisant, possédant un scénario bien trouvé et bien tourné, une denrée rare dans le jeu vidéo de nos jours. Quelques personnages sont très attachants, vous confirmerez quand vous ferez la connaissance d’Orlando, vous m’en direz des nouvelles. Graphiquement quasi-irréprochable, le gameplay pourtant facile au début s’avère assez difficile quand le jeu se complexifie. Il va vous falloir des nerfs d’acier et beaucoup de patience. Surtout que les vies sont très limitées, à notre époque des vies illimitées et autres auto-regen ça désarçonne et ça fait mal, très mal. Âmes sensibles s’abstenir, adeptes du rage-quit aussi.

Mes notes:

Jouabilité : ★★★☆☆ (Simple au début mais vite galère, la caméra n’aidant pas).
Réalisation : ★★★★☆ (Quasi-parfaites, que ce soit le moteur 3D ou l’animation made in Studio 4°C).
Musique : ★★★★★ (Magnifique, une fois de plus, Shoji Meguro nous offre une bande-son de folie).
Durée de vie : ★★★★☆ (Mode histoire dans la moyenne mais découvrir toutes les subtilités du scénario vous prendra un temps fou et je ne parle même pas du mode Babel).
Bilan : 16/20 Si vous hésitiez à lâcher 30€ dans ce jeu, lancez-vous, il est désormais inclus dans l’abonnement PS+.

avatar Publié par le 1 mai 2013. Classé dans PlayStation 3, PlayStation Store, Tests et Avis, Xbox 360. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

11 Réponses pour Catherine : Vous avez dit Catherinette?

  1. Disons que le jeu est inclus dans l’abonnement PS+,puisque c’est de la location.Il n’est pas gratuit tout comme les deals of the week ne sont pas gratuit sur le Live,c’est inclus dans l’abonnement Gold.

    Oui je sais je suis très tatillon mais faut appeler un chat,un chat.

  2. Tu as vraiment passé un cap dans ton écriture! Ton test est juste génial mec! Je vais me télécharger le jeu sur le PSN dès ce soir! ^^

  3. J’étais curieux de ce jeux depuis très très longtemps et le fait qu’il soit alloué aux abonnés PSN + m’a mit en joie ; j’allais pouvoir enfin tester ce jeu qui m’intriguait pas mal, mais ce n’était pas une garanti de l’aimer.
    Et j’ai très rapidement eu un coup de cœur énorme pour ce jeu ! Le dosage entre puzzle horror game et phase sociale est parfait, l’histoire et le thème est très proche de ce que peut ressentir un homme dans la trentaine comme moi, c’est surtout ça que j’ai adoré, malgré le traitement horreur / fantastique, les thématiques de la relation amoureuse, l’adultère, l’engagement, etc, sont très proche de ce que l’on peut connaître et j’ai adoré ça. Ce jeu est entré dans mon top 3 de cette génération.
    Et au passage c’est ici un excellent test qui n’hésite pas à faire dans la longueur pour entrer dans la profondeur de son sujet. Bravo 🙂

    • Merci de tous ces compliments et d’avoir eu le courage de lire tout ça. J’ai personnellement acheté le jeu quand il était sorti en France, mais c’était l’occasion de ressortir ce test que je n’avais jamais publié à l’époque. Un jeu tout bonnement jouissif, j’en ai bouffé des heures de sommeil à cause de ça, à me faire des sessions jusqu’à 4-5h du mat’ alors qu’il y avait le boulot derrière! Ce jeu m’a complètement possédé et je pense m’y remettre quand j’aurais plus de temps! Un incontournable, à avoir dans sa ludothèque. Et tout comme toi, il est facilement dans mon top 3 de cette génération! T’as parfaitement résumé le jeu sinon 😉 c’est sur, t’es un passionné

      • Je me reconnais quand tu dis « le jeu m’a possédé » c’est un des rares jeux que j’ai terminé en deux jours et deux nuits tellement j’étais emporté par ce jeu. Je l’ai recommencé pour ensuite pour avoir une autre fin mais j’avoue que je ne suis pas allé jusqu’au bout encore, j’ai envie de laisser ma première impression intacte.
        D’ailleurs comme dans ton test tu parle d’Orlando dans les personnages secondaires attachant, comment explique tu qu’il disparaissent dans le dernier ou avant dernier étage de la tour mais qu’il ne meurt pas dans la vie ? J’avoue que ce passage m’a interrogé, est-ce une incohérence ? Est-ce que le mouton au chapeau ce n’est pas lui ?

        • Tiens… tu me fous le doute. Je ne me rappelle pas qu’Orlando disparait dans le monde des cauchemars… Je vais le refinir pour constater ça… et oui j’avais bcp apprécié Orlando, le prototype du pote jemenfoutiste que tt le monde a ou a pu avoir 😀

  4. Pingback : Sony je t’aime! Mise à jour du PlayStation Plus (Août 2013) | Game Inferno

  5. Très bon jeu et très bonne Critique ! Catherine a un thème très peu commun pour l’univers du jeu vidéo et c’est justement cette maturité qui fait sa différence et qui en fait accessoirement un Must-Have

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