Test Gran Turismo 6 : GT5.5?

Ne dit-on pas qu’il n’est jamais trop tard ? De longs mois se sont écoulés depuis mon dernier test (le fameux Pokémon XY, l’alpha et l’oméga). De longs mois que j’ai mis à profit pour tester Gran Turismo 6, un peu pour vous, beaucoup pour moi. Je l’ai tellement testé que j’en ai oublié d’écrire un test, tellement ce jeu m’a passionné. J’aimerai dire que je m’excuse mais je suis le Maître des Enfers vidéoludiques, donc vous pouvez toujours courir.

Avant de commencer, je tiens à le dire tout de suite. Ce test de Gran Turismo 6 n’est pas un bashing ET je me suis éclaté sur le jeu! Tout ce qui suit est complètement objectif.

 

The Real Driving Simulator… Again.

15 ans ! 15 ans déjà que Polyphony Digital sous la houlette de Kazunori Yamauchi nous fait rêver avec son Gran Turismo. 15 années de hauts et de bas… Surtout de bas pour certains ces dernières années. Gran Turismo 6 se veut être LE jeu de simulation automobile de sa génération… Oui mais, en face, Turn 10 a eu la bonne idée de sortir son Forza Motorsport 5 sur la console « next gen » de Microsoft. Premier râté ? Turn 10 aurait-il pris définitivement le pouvoir dans le milieu de la « semi-simulation » automobile sur console ?

Gran Turismo 6 anniversary

15 ans déjà…

Road to glory.

La première chose qu’on remarque avec GT6, c’est qu’un vrai travail a été fait sur les chargements et l’optimisation du menu. Plus simple, plus doux, plus rapide ; contrairement à son prédécesseur GT5, vous n’avez plus besoin d’installer tout le jeu pour avoir des chargements « décents » (avouons-le, malgré cette installation, les chargements sur GT5 étaient vraiment longs). Autre point qui saute aux yeux, les véhicules standards sont toujours de la partie. Visiblement Polyphony Digital ne trouve pas ça très dérangeant. Avoir plus de mille voitures, c’est super (surtout vu le nombre de marques différentes représentées). Avoir seulement 1/5 de ces voitures totalement détaillé, c’est indigeste. La déception est là ! Turn 10 avec son FM5 a fait le pari de réduire le nombre de voitures au profit de la qualité… A raison !

Petite feature sympa, quand vous commencez le jeu, vous avez le droit à un petit tutoriel pour vous « apprendre » les rudiments de la conduite « Gran Turismo ». Il aura donc fallu attendre GT6 pour voir l’arrivée d’un tel « outil accessibilité », vraiment pas dégueu sur le coup. Le bémol de votre début de partie ? On ne vous laisse plus le choix de votre premier véhicule, ce qui a tendance à faciliter le jeu un chouïa. Fini les galères des premières courses, là, vous devriez toutes les gagner du premier coup, dommage.

Quid des nouveautés de ce GT6 ? Tout d’abord, les permis (contrairement à GT5) sont redevenus obligatoires… Du moins, semi-obligatoire. Il vous faudra en effet les obtenir afin de passer aux séries suivantes de courses et championnats automobiles (obtenir le Permis B pour participer aux épreuves A, etc…) Désormais, les courses rapportent des étoiles (3 si vous finissez premier, 2 pour la 2e place et une ensuite), étoiles débloquant de nouvelles épreuves (dont les courses mono-modèles) ainsi que les épreuves de permis. Un concept plutôt sympa, surtout lorsque l’on constate que l’on gagne une voiture en remportant la moitié des étoiles d’une série et une autre pour la totalité.

Je vous en parlais plus haut, les permis sont devenus obligatoires… Et plus simple. Ils se composent chacun de 5 épreuves (au lieu de 10 jusqu’à maintenant) plutôt basique et seuls 2 de ces épreuves sont vraiment corsées (dans le permis S). Un moyen de toucher un plus grand nombre ou de faire passer « la pilule » des permis obligatoires ? Je vous laisse vous faire votre propre réponse.

Pour finir avec les courses et leur déroulement. Sachez que, comme dans GT5 (et GT4 avant lui si j’ai bonne mémoire), vous commencerez toujours la course en dernière position, sans doute pour compenser la faiblesse de l’IA qui, 15 après, roule toujours sur des rails et en file indienne ; et encore, j’ai eu l’occasion de constater quelques dépassements entre les voitures en tête de course ! INCROYABLE !

A mesure de votre progression dans les différentes séries proposées, vous verrez augmenter le nombre de tours  (de 2 à 6) et d’adversaires (de 6 à 16). Un bon point quand on se rappelle des longueurs de GT4. Vous débloquerez aussi quelques événements spéciaux que je listerai par la suite. Pour ceux qui se demandent si l’essence est l’usure des pneus ont une incidence, je leur réponds oui, mais pas avant les courses de série S. Vous êtes prévenus. Enfin, GT6 introduit les courses d’endurance courte (de 10 à 20 minutes selon les séries), un format intéressant pour ceux comme moi qui aime l’endurance… quand elle ne dure pas 2 heures ou plus.

Par contre, il faudrait m’expliquer le concept de départ lancé et d’absence de qualifications… Ah ! J’ai ma réponse pour les qualifications ! L’IA n’est pas à la hauteur. (Il serait temps de copier la concurrence et son système de Drivatar bien pensé).

On a marché sur la Lune. 

Le fameux Lunar Rover

Le fameux Lunar Rover

Je vous disais plus haut que votre progression débloquait quelques événements spéciaux dont le maintenant traditionnel « Défi Vettel » au volant de la Red Bull X2010 (enfin 2014, les années passent). Vous aurez aussi droit à deux autres événements dont un assez WTF ! Je parle bien sûr de l’événement sur la Lune qui vous permet de revivre la mission Apollo 15 de 1971 au volant du Lunar Rover, un véhicule tout terrain  flirtant avec les 15 km/h ! Un événement très sympa, un peu inutile mais totalement dépaysant. Vous apprécierez le silence de l’espace… Ou vous vous endormirez devant votre télé. Le troisième événement proposé est le très nerveux Goodwood Festival of Speed, un événement ayant lieu dans le Sussex (Royaume-Uni) chaque année sur une route en côte et mettant à l’honneur voitures anciennes et supercars récentes. Le Festival of Speed vous invitera à réaliser quelques contre-la-montre d’environ une minute à bord de véhicules prestigieux. Un événement sympa mais vite fini malgré tout.

Red Bull x2014

Red Bull x2014

Gran Turismo 6 - Lobby OnlineIl n’y a pas que les événements spéciaux dans la vie, il y a le online aussi. Online qui vous proposera des événements saisonniers en local (exclusivement du contre-la-montre classé mondialement mais qui vous permettra de remporter quelques voitures utiles pour la suite de votre carrière de pilote virtuel) et surtout des courses online avec vos amis ou des pilotes du monde entier, toujours à la manière de GT5, dans un groupe créé par vos soins dans lequel vous imposerez vos règles (voitures autorisées/préparation/limite de points de performances, etc) ou subirez celle du « boss » du groupe ! Rien de neuf c’est vrai, mais pourquoi changer ce qui avait le mieux marché dans GT5 ?

Destruction Derby

Ah ! On arrive au deuxième point noir de ce Gran Turismo 6 avec la présence des véhicules standards : la gestion des dégâts ! N’y allons pas par quatre chemins, elle est complètement RIDICULE ! Là où certains se plaignaient de quelques tôles froissées dans GT5 (ou de la difformité des véhicules standards), GT6 fait pire ! C’est simple, les dégâts sur GT6 sont retranscrits par des taches grises aux endroits où les chocs ont eu lieu. En gros, quand votre voiture à des dégâts visibles, elle a droit à de jolies taches dégueulasses sur sa carrosserie… Bien joué Polyphony Digital ! Cela dit, la gestion des dégâts sur la carrosserie me passe au-dessus de la tête car j’en ai rien à faire, je joue en vue cockpit (vue très bien réalisée) et je ne vois jamais l’état de ma voiture…

Par contre, je tenais à le souligner quand même, la gestion des dégâts mécaniques est parfaitement retranscrite, faut pas déconner !

OutaiCustomOutai ?

Gran Turismo 6 - CustomVous allez finir par croire que mon test de GT6 est un comparatif GT6/FM5, ce n’est vraiment pas le but. Il faut pourtant avouer que là ou Turn 10 vous propose de créer vos propres livrées et vinyles, Polyphony Digital continue dans sa lancée des peintures et que des peintures (chromées, métalisées et j’en passe… Payante en plus). C’est triste mais c’est comme ça. Cela dit, comme pour les dégâts visuels, le faible choix de customisation ne me dérange pas vu que je ne le vois pas en course mais ça en embêtera plus d’un à n’en pas douter. Il vous reste toujours la possibilité de changer vos jantes, de les colorer ou non, d’ajouter un aileron et d’autres pièces pour améliorer l’aérodynamisme. Pour ce qui est de l’achat des pièces de performance, c’est toujours aussi simple et c’est tant mieux. Les amoureux de réglages auront là aussi de quoi faire. C’est Gran Turismo quand même, ça reste un jeu de simulation automobile ! D’ailleurs, Yokohama Rubber et KW Automotive ont participé à la conception du jeu pour plus de réalisme. Oui, j’aurais pu mettre cette phrase dans le paragraphe qui suit… Mais je fais ce que je veux, même sans cheveux !

Speed Demon

La conduite dans Gran Turismo n’a pas beaucoup (pas du tout ?) changé en 15 ans. C’est toujours de la semi-simulation maîtrisée. Je dis bien SEMI-SIMULATION car, même si vous enlever toutes les aides (direction, freinage, tracé préférentielle, etc), le jeu reste quand même accessible au plus grand nombre. Vous n’êtes pas d’accord avec moi ? Allez faire un tour sur Project Cars (jeu PC), vous comprendrez ainsi votre « douleur ». Ne nous mentons pas, un jeu de bagnoles full simulation sur console ne serait pas vendeur.  Cela dit, certaines voitures vous donneront du fil à retordre, même avec les aides à la conduite. Je pense par exemple à la monstrueuse Bugatti Veyron ou à la Lamborghini Aventador, deux sublimes savonnettes incontrôlables si on ne prend pas le temps de les étudier un minimum.

En effet, ce n'est ni la Bugatti Veyron, ni la Lamborghini Aventador... Et alors? C'est mon test!

En effet, ce n’est ni la Bugatti Veyron, ni la Lamborghini Aventador… Et alors? C’est mon test!

Le tour du Monde en 80 tours

Enfin un point où GT6 écrase son concurrent, en plus de la gestion de météo et la cycle jour/nuit inexistant dans FM5 : le nombre de circuits disponibles. Bien sûr je n’inclue pas le nombre de véhicules disponibles vu que, comme dit plus haut, Turn 10 a eu la bonne idée de ne pas avoir recours à des véhicules standards. Shame on you GT6 !

Revenons aux nombres de circuits, le jeu en propose 39 (sans compter les tracés inversés). 39 circuits plutôt bien réalisés (certains détails autour des circuits sont laids, je pense à vous les arbres en papier mâché).

Dans ce nombre conséquent, on trouve pas moins de 17 circuits réels, dont le Fuji Speedway, le Twin Ring Motegi, les circuits de Tsukuba et de Suzuka… On sent bien que le jeu est japonais là, n’est-ce pas ? Ne vous inquiétez pas, nous avons aussi droit à des circuits américains (Willow Springs, Laguna Seca et son tire-bouchon, Daytona), européens (Brands Hatch, Silverstone, les deux Nürburgring, le Circuit de la Sarthe, Monza) et même un circuit australien : l’abominable Mount Panorama de Bathurst. Je répète, ABOMINABLE ! Vous allez en baver sur ce tracé complètement bordélique et vous lui vouerez ensuite un culte à la manière du Nürburgring Nordschleife… Enfin là, c’est surtout ma propension à apprécier ce qui m’énerve qui parle. Petit taquet sympa : les possesseurs de Forza 5 n’ont pas droit à l’Enfer Vert! Ha ha ha, on ne peut pas tout avoir!

Ce qui est sûr, c'est que vous ne verrez pas l'Enfer Vert dans Forza 5... ha ha ha

Ce qui est sûr, c’est que vous ne verrez pas l’Enfer Vert dans Forza 5… ha ha ha

En plus de ces 17 circuits réels, Vous pourrez ajouter 7 circuits urbains fictifs dont Tokyo R246 (qui, pour la petite histoire, suit un tracé réel), le circuit Côte d’Azur (qui est en fait le tracé du circuit du Grand Prix de Monaco, ça sent le manque de droit ça) et surtout le Special Stage Route 5, circuit exclusivement nocturne présent depuis le premier Gran Turismo et toujours aussi jouissif.

Je n’ai pas fini ! A cette longue liste de circuits vient s’ajouter 11 tracés fictifs, tracés qui ont fait l’histoire de Gran Turismo. On notera le retour de l’Apricot Hill Raceway (absent depuis GT4)  et la présence, toujours apprécié du Deep Forest Raceway, du Grand Valley Speedway, Du Trial Mountain Circuit ou encore du très technique Eiger Nordwand.

Enfin, on ajoutera à tout ce petit monde, les trois circuits de rallye devenus inutiles vu la disparition des épreuves de rallye (épreuves pourtant présentes dans GT5).

Je vois le drapeau à damier s’agiter

HS : on voit réellement un mec agiter un drapeau quand vous arrivez à la fin de la course et c’est plutôt classe.

Gran Turismo 6 devait être la version aboutie de Gran Turismo 5, après tout,  il s’est bien écoulé 3 ans entre les deux jeux, et GT6 était déjà en production selon Kazunori Yamauchi lorsque GT5 est sorti…

Il n’en est rien ! Les dégâts sont plus ridicules que jamais (malgré le changement du moteur graphique), l’IA fait toujours de la peine, la durée de vie du jeu a été revu à la baisse (incroyable), les courses d’endurance ont disparu (oui, ça m’embête quand même un peu) et on « rebondit » toujours (un peu moins il est vrai) sur les bords des circuits. Surtout, SURTOUT, les promesses faites n’ont toujours pas été respecté alors qu’on va rentrer dans le 4e mois suivant la sortie du jeu. On ne peut toujours pas créer notre circuit, les véhicules spéciaux créées pour les jeux ne sont toujours pas disponibles, le mode B-SPEC n’est toujours pas arrivé (même si pour le coup, je m’en tape) et je m’arrêterai là pour ne pas enfoncer plus une série que j’affectionne. Je suis d’ailleurs bien content d’avoir pris la décision de ne plus noter mes tests… N’oublions pas la présence des micro-paiements, le nouveau mal de la décennie… Les DLC doivent en trembler!

En bref, si vous n’avez pas aimé GT5, évitez de vous jeter sur ce GT6, même si le prix à baisser. Je reste cependant optimiste et je crois au véritable renouveau de la série lorsque qu’on aura droit à Gran Turismo 7 sur PlayStation 4. S’il vous plait messieurs de Polyphony Digital, vendez-moi du rêve comme vous l’avez fait à l’époque de Gran Turismo 3 A-Spec ! Je vous en conjure.

Nota Bene : Merci d’inclure le Circuit de Seattle et le Special Stage Route 9 dans votre prochain Gran Turismo, ces deux superbes circuits me manquent et je ne suis pas le seul. Pensez aussi à mettre à la poubelle les véhicules standards, c’était marrant dans GT5 mais ça fait vraiment tâche dans GT6… Ah! J’aimerai bien aussi voir les mécaniciens frottés ma voiture et passer dessous pour changer l’huile. Animations inutiles peut-être mais je trouvais ça fun dans GT5.

Jouabilité : ★★★★★ Gran Turismo est égal à lui-même, 15 ans d’accessibilité, ça ne change pas du jour au lendemain.
Réalisation :
★★★☆☆ Va vraiment falloir arrêter les conneries avec les voitures standards et la gestion désastreuse des dégâts carrosserie. Heureusement que le reste est joli et que la gestion de la météo et du cycle jour/nuit est une feature au top.
Musique et Son :
★★★★☆ Je ne suis pas un spécialiste des bruits de moteur mais ils me paraissent réaliste. La musique est de qualité, du Rock à l’Electro en passant par… L’ambiance ascenseur dans le menu principal. C’est pas mal. Mention spéciale au jingle nerveux quand on lance une course ou un championnat. JOUISSIF.

Difficulté: ★★★☆☆ Ce Grand Turismo est vraiment le plus simple de la franchise, je ne sais pas trop si c’est un bon ou un mauvais point… Alors je lui accorde 3 . On appelle ça le bénéfice du doute.
Durée de vie : ★★★☆☆ La durée de vie en solo de ce Gran Turismo est triste, très triste. Il n’y a vraiment pas beaucoup d’épreuves… Surtout que la catégorie S, sensée être LA catégorie dans laquelle vous devez montrer la pleine mesure de vos talents de pilotes virtuels, est désespérément courte… A pleurer !

avatar Publié par le 23 mars 2014. Classé dans à la une, PlayStation 4 (Pro), Tests et Avis. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *