[Avis] Little Nightmares

Ça fait plus d’un mois maintenant que Little Nightmares, le dernier né des suédois de Tarsier Studios, est sorti sur PlayStation 4, Xbox One et PC. Un mois maintenant que j’ai plié le jeu édité par Bandai Namco. Ça fait si longtemps que, déjà, Tekken 7 pointe le bout de son nez (bon il sera là dans deux jours à l’heure où j’écris ces lignes). Il est donc temps pour moi de prendre le taureau par les cornes et de vous partager mon avis sur cette petite pépite qu’est Little Nightmares.

N’ayez pas peur d’y entrer

Dur réveil pour notre héroïne? Serait-ce un…

Ici, vous incarnez une petite fille en ciré jaune (et aux pieds nus) du nom de Six, ayant un briquet pour seul accessoire. Nous ne savons pas trop comment elle est arrivée dans cet endroit, sobrement nommé l’Antre, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle va tout faire pour s’en sortir. Au menu ? Une simple succession de tableaux, pas si facile que cela, découpé en quatre chapitres distincts.

Lors de ceux-ci, vous serez amenés à découvrir plusieurs environnements différents, des souterrains suintants de ce qui pourrait être d’un bateau (ce n’est bien sûr pas le cas, mais c’est l’idée) à la cuisine de ce lieu duquel Six est la prisonnière en passant par d’autres plus horrifiques les uns que les autres. Car oui, Little Nightmares, comme son nom l’indique, n’est pas un jeu respirant la joie, loin de là, et vous en ferez l’amère expérience à mesure de votre avancée dans cette courte fuite vers la lumière.

Courir ou mourir

Six s’échappant après avoir volé une saucisse

Le gameplay est très basique, à l’image des capacités de notre héroïne qui ne peut que courir, sauter (pas assez loin, ni assez haut), grimper (non sans peine), pousser/tirer des éléments du décor et porter qu’un objet à la fois. Ces cinq capacités lui seront d’une grande aide dans la résolution des différents puzzles du jeu, même si vous ne resterez jamais bloqué bien longtemps, le jeu se voulant avant tout accessible, l’essentiel n’étant pas là.

Dans sa fuite vers la liberté, Six devra faire face à la créature la plus monstrueuse qui soit : l’adulte ! Difforme, énorme, suintant, celui-ci fera tout pour l’attraper afin de la placer dans sa collection… Ou de la mettre à son menu. Ici, vous l’aurez compris, l’adulte, sans doute non représentatif de tous les adultes de l’univers du jeu, est un être vil et sans cesse affamé, ayant pour quasiment seul but de se repaître jusqu’à plus faim, l’Antre étant, sans doute, un restaurant où on n’emmènerait pas ses enfants, ils n’en reviendraient pas.

La beauté des ténèbres

Elle n’est liée à personne mais dans les ténèbres malgré tout

Tout cela est servi par une direction artistique de toute beauté. Celle-ci est d’ailleurs mis au service de vos plus grandes peurs d’enfant (ou d’adulte, il n’y aucune honte à avoir amis lecteurs). Les différents environnements parcourus transpirent d’une tristesse absolue tant ils sont glauques et parfois étroits. Un coup on se retrouve dans une bibliothèque poussiéreuse, une autre fois dans une cuisine bordélique plus sale que jamais, et d’autres fois encore on se retrouve à parcourir des conduits aussi étroits que suintant. Oui, j’abuse de ce mot car c’est bien le sentiment que le jeu me laisse à chaque fois que je le relance, ce sentiment d’une peur me collant à la peau et qui suinte sans que je n’arrive à m’en débarasser, une horreur !

Un des rares moments de « détente » du jeu

À la direction artistique maîtrisée de Little Nightmares vient s’ajouter une ambiance sonore parfaite. Entre le bruit continu des gouttes, ceux de la déglutition des clients de l’Antre ou encore les grincements ici et là, vous serez servis en sonorité glauque. Les quelques thèmes musicaux du jeu ne sont pas en reste et feront tout pour vous faire comprendre que vous n’êtes en sécurité nulle part dans l’Antre. Deux d’ailleurs sont particulièrement puissants. Le premier, que j’ai parfois en tête, et qui existe en plusieurs versions à mesure que le jeu avance est « Hunger ». Ce morceau se déclenche lorsque Six a faim et qu’elle se tord de douleurs jusqu’à trouver de quoi se repaître. Les quelques notes basiques de ces morceaux affamés ont pour effet de vous faire compatir à la souffrance de notre héroïne, voir d’éprouver un malaise certain face à cette situation. Le deuxième morceau qui m’a beaucoup marqué est « Lady Humming ». Je n’en dirais pas plus mais… Cette voix… Ce chantonnement… Cette complainte… Même quand il fait jour, il m’effraie. Bref, Tobias Lilja, le compositeur du jeu, originaire de Malmö (comme le Z) rend ici une copie de toute beauté, qui n’est pas étrangère à l’ambiance horrifique réussie du jeu.

Y reviendrez-vous ?

Illuminati… Again!

A la manière de Journey, le jeu, bien que très court, offre une rejouabilité certaine, particulièrement pour mettre la main sur le collectible du jeu, des statuettes représentant une certaine femme, qu’il vous faudra briser. Il y a aussi des lampes à allumer, que je croyais être les points de sauvegarde à la base. Enfin, sachez que Six n’est pas la seule être fragile de l’Antre. En effet, vous serez amené à découvrir ou à rencontrer d’autres petits êtres vous ressemblant (sauf qu’ils sont gris avec une capuche pointue), les nômes! Ceux-ci ont l’air d’être présent dans ce lieu lugubre depuis un long moment déjà et fuiront les premières fois que vous les croiserez… Bref, la rejouabilité est surtout là pour les chasseurs de trophées/succès, les joueurs contemplatifs (le jeu est vraiment beau), ceux qui veulent débloquer les illustrations du menu et sans doute les speedrunners.

Avez-vous peur du noir ?

une des nombreuses lampes à allumer

Aperçu lors de la précédente Paris Games Week, Little Nightmares m’avait tapé dans l’oeil et était clairement une de mes attentes de cette année… Et je n’ai pas été déçu. Même si, le jeu n’a pas vraiment de scénario explicite, et que certains seront sans doute déçus par la fin, j’ai su y trouver du plaisir, entre les différentes peurs qu’il a su faire ressurgir en moi et ses morceaux envoûtants. Je regretterai juste les quelques approximations de gameplay ça et là, mais rien de bien méchant. Si vous n’avez pas encore craqué, n’hésitez plus !

Les Plus :
– L’ambiance glauque et sinistre
– La musique
– La direction artistique

Les Moins :
– Le jeu est un peu court
– Quelques approximations sur les mouvements de Six

Jouabilité : ★★★★☆ Rien à signaler. Mis à part les quelques approximations de gameplay, le reste est d’une simplicité enfantine.
Réalisation : ★★★★☆ Top, la DA est de toute beauté, peu importe le chapitre parcouru, à ma plus grande joie. L’ambiance sinistre de l’Antre…
Musique et Son : ★★★★★ …Est parfaitement retranscrite par sa bande-son ainsi que les différents bruits que l’on peut entendre tout au long de l’aventure. Flippant!
Difficulté : ★★☆☆☆ Malgré les quelques énigmes du jeu, il va être difficile de faire plus simple que Little Nightmares.
Durée de Vie : ★☆☆☆☆ C’est court, trop court, comptez environ 3 heures pour boucler le jeu, qui n’en excédera pas 10 en cas de reroll. Dommage, j’aurais aimé me perdre plus longtemps encore dans l’Antre.

ho hisse!

Ce jeu a été testé grâce à un code fourni par l’éditeur.

Ne partez pas tout de suite et prenez le temps, si vous n’avez pas l’argent, de regarder ma vidéo du jeu complet, ça serait bête de passer à côté sous prétexte financier ! Bon visionnage !

avatar Publié par le 31 mai 2017. Classé dans à la une, Actualités, PC Windows, PlayStation 4 (Pro), Tests et Avis, Xbox One (X). Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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