Horizon Zero Dawn : L’Aloy de l’attraction

J’en ai tellement plein la tête que je ne sais pas vraiment par où commencer.
J’en suis même mal poli vu que je ne vous dis ni bonjour, ni rien, ni de quoi on va parler… Même si vous vous en doutez que vu le titre nous n’allons pas parler de Killzone (clin d’oeil facile, tu l’as ami lecteur ?)

L’aube d’une nouvelle aventure.

Ce n’est rien de le dire. Avec cette nouvelle franchise, le studio néerlandais Guerrilla Games plonge dans l’inconnu en sortant de sa zone de confort. Fini le FPS de guerre futuriste, place à un TPS en mode ouvert, un peu futuriste mais pas trop. Nous verrons ça ensuite. 2013 paraît bien loin donc (mais si, rappelez-vous, la sortie de Killzone : Shadow Fall en même temps que celle européenne de la PlayStation 4) vu que 4 ans plus tard, nous avons droit à Horizon Zero Dawn (HZD pour les intimes… Ou la flemme, à vous de voir), un jeu n’ayant rien à voir avec la précédente franchise du studio.

Vous connaissez la chanson…

Pour commencer, sans crier gare, l’aventure d’HZD commence toute seule dès le jeu lancé avec une cinématique de toute beauté faisant office d’introduction et nous expliquant le pourquoi du comment. Une tribu primitive, un grand barbu bienveillant, un bébé roux et une ou deux vieilles mégères, le tout digne de la présentation de Simba dans le Roi Lion, la foule en moins. C’est parti, notre héroïne a un prénom, Aloy, qui n’est pas choisi par hasard (Google Trad’ est votre ami). Ellipse ! Notre petite rousse n’est plus un nourrisson et apprend les rudiments de la chasse et de la survie dans ce monde archaïque. Elle fait aussi connaissance avec la bêtise et l’ignorance humaine. En effet, Elle et le grand barbu, Rost, sont des parias. C’est à dire qu’ils ont été mis à l’écart de la tribu des Noras pour un crime commis. Pire, Rost est un paria à vie alors que cet ostracisme est censé ne durer qu’un temps plus ou moins long. Les autres membres de la tribu ne doivent pas adresser la parole à un paria sous peine d’être frappés de la même peine.

Bref, notre petite héroïne tombe accidentellement dans un trou, découvre une grotte étrange, abritant des ruines d’un autre âge… Hautement technologique ! Étrange. À la surface, c’est quasiment la préhistoire pourtant. En essayant de retrouver son chemin, Aloy tombe sur plusieurs cadavres dont un possédant un appareil étrange de forme triangulaire : le focus. Par curiosité (où inconscience), elle l’équipe et un nouveau monde s’ouvre à elle ! Elle peut consulter les archives audio éparpillées dans l’endroit où elle se trouve, consulter des enregistrements holographiques, et même analyser les ennemis mécaniques. Oui ! Mécaniques ! Le monde d’HZD est peuplé de créatures mécaniques en tout genre, certaines pacifiques tant qu’on ne les attaque pas, d’autres plus agressives, voir belliqueuses et lourdement armés. Ce focus sera donc un atout de poids contre ces ennemis puisqu’il met en surbrillance leur points faibles et d’autres informations vitales.
Dernière chose, et non des moindres, Aloy ne connaît pas sa mère et seules les matriarches de la tribu pourront lui fournir cette information… Seulement si elle gagne le fameux rite de passage à l’âge adulte des Noras : L’éclosion. Pour cela elle va s’entraîner de longues années avec Rost et BAM, notre héroïne est une jeune femme et je ne vous en dirais pas plus de peur de vous gâcher la surprise.

Focus en pleine action (en surbrillance les points faibles de l’ennemi)

L’Aloy c’est elle

Comme je l’ai dit plus haut, HZD est un jeu en mode ouvert, immense même et vivant de surcroît. Vous y croiserez des robots ayant des formes animales, du cerf au dinosaure, en passant par le crocodile, mais aussi de vrais animaux (sanglier, renard, etc) et des êtres humains, amicaux, hostiles, parfois méfiants. Passez les deux premières heures de jeu, le monde vous est totalement ouvert. Aucune barrière ne viendra entamer votre exploration si ce n’est peut-être celle de l’expérience.

90% de l’immense carte du jeu

Bien sûr vous n’êtes pas livrés à vous même et c’est le scénario qui vous fera quitter les terres sacrées des Noras, vous savez, ces terres que vous ne devez pas quitter sous peine de devenir un paria. À partir de ce moment-là, vous serez libre : de visiter la carte, de trouver des endroits cachés, de collecter des ressources en faisant de la cueillette, de la chasse ou en explosant des machines. Ce point est d’ailleurs très important puisque ce sont toutes ces ressources qui vous permettront d’acheter de nouvelles armes, de nouvelles tenues mais aussi de confectionner des sacoches plus grandes pour vos munitions ou tout simplement de fabriquer des projectiles (fabrication possible directement en combat en ouvrant la roue des armes).

Ce n’est pas tout, comme tout monde ouvert qui se respecte, toute la carte n’est pas révélée dès le début, il vous faudra pour cela, à la manière d’autres jeux dans le style (pas besoin de les citer, vous m’avez compris), escalader une structure plus haute que les autres. Ici, ça sera un Grand-Cou. Un robot ayant l’apparence d’une girafe, avec un rotodome en guise de tête. Je trouve d’ailleurs l’idée formidable et bien trouvé, le rotodome rappelant les avions radars comme le AWACS. Cette action vous révélera les zones de robots, les feux, important pour le déplacement rapide et indispensable pour sauvegarder, les différents villages, les collectibles particuliers (projecteurs, fleur de métal, etc) et les creusets !

Ballade sur un grand cou

Les creusets ont une certaine importance dans le jeu car ils vous permettront d’aborder différemment les combats contre les ennemis mécaniques. Je vais essayer de faire court.

en plein piratage

Peu importe l’environnement, vous aurez des hautes herbes (ou assimilées), qui vous permettront de vous cacher en vous accroupissant dedans (un indicateur de visibilité/bruit est présent à l’écran). Ainsi vous pourrez attaquer silencieusement les ennemis après les avoir attiré vers vous, soit en lançant une pierre, soit en sifflant (une fois cette capacité débloqué). Cette attaque ne tue pas instantanément tous les ennemis mais infligent toujours d’énormes dégâts. De plus, certaines tenues (modifiables même si c’est négligeable) vous permettront de vous déplacer plus furtivement.

Il n’y a pas que la furtivité dans la vie, vous pourrez aussi la jouer plus directe… Souvent à vos risques et périls, les ennemis étant souvent en troupeaux. Pour cela vous pourrez compter sur un arsenal fourni. Arc de chasse pouvant tirer des flèches classiques ou enflammées, arc de précision doté de flèches générant une onde de choc (pouvant détacher les composants des robots) et d’autres un peu moins intéressantes. Des frondes lançant des projectiles élémentaires (électrique, glace) ou explosifs, mais aussi un lance-câble permettant de poser des pièges élémentaires ou explosifs aussi et un lance-corde permettant d’entraver les ennemis afin de leur porter des coups fatals sans qu’ils puissent riposter. Ce n’est qu’une partie de l’arsenal d’Aloy, qui possède aussi une lance qui lui permettra donc d’exécuter les attaques furtives, au sol ou en plongée… Et de pirater les robots !
D’ailleurs les zones de chasse présentes à différents endroits du monde d’HZD seront un bon moyen, en plus de complèter une quête intéressante, de vous exercer à différentes méthodes de chasse/élimination. Ne passez pas à côté !. Notons d’ailleurs la présence d’un bullet time (déblocable via l’arbre de compétences), un classique du TPS qui vous sera d’une grande utilité pour détacher certains composants.

Ballade dans un creuset

Voilà à quoi servent les creusets ! Ce sont des cavernes hautement technologiques dans lesquelles il vous faudra progresser afin de récupérer un programme vous permettant de pirater une catégorie de robots. Ainsi, vous pourrez sans vous en faire des alliés, soit carrément en chevaucher certains, parfait pour se déplacer plus vite, sans passer par le trop long déplacement rapide. C’est tout simplement génial.

Cavalière solitaire

Enfin, comme quasiment tous les AAA du genre, Aloy a accès à un arbre de compétences qu’il vous faudra remplir tout au long de votre aventure. Il est divisé en 3 catégorie, ce qui vous permettra, au début du moins, de choisir votre orientation de gameplay. Vous gagnerez des points de compétences à chaque fois que vous passerez un niveau (jusqu’au 50) et aussi lorsque vous compléterez certaines quêtes et autres tâches principales ou annexes.

De grandes étendues (pas si) vierges

Comme dit plus haut, le monde d’HZD est immense. Situé dans ce qui paraît être un ersatz du Colorado, le jeu propose un nombre conséquent d’environnement différent, des terres froides des Noras à la zone désertique et baignée par le Soleil des Carjas, en passant par les montagnes enneigés peuplés par les Banuks. Tout est si bien réalisé que j’en ai eu froid dans la neige et la pluie m’a agacé (comme dans la réalité). Notre héroïne n’est d’ailleurs pas insensible à ces changements de températures et vous le fera savoir à haute voix ou via certaines animations, sans pour autant que cela ait une quelconque incidence sur son état.

Aloy et le Roi-Soleil (les costumes de ce jeu sont vraiment tous magnifiques)

Ce Colorado « 1000 ans plus tard » est donc peuplé de plusieurs ethnies ayant chacune leur coutume et croyance. Les Carjas vénèrent le Soleil et tous ses bienfaits. D’ailleurs leur chef est sobrement appelé Roi-Soleil (Louis XIV RPZ). Ils n’ont rien contre la technologie mais ne l’utilisent pas à outrance et sont une des rares factions patriarcales d’HZD. Ils ne se gêneront d’ailleurs pas pour le faire remarquer à Aloy.

Les prêtres du Soleil de Méridian

Ils cohabitent dans la zone désertique du jeu avec les Oserams, un peuple mi-forgeron, mi-inventeur, qui n’hésitent pas à mettre les mains dans le cambouis et inventer toutes sortes de nouveaux appareils avec les pièces récupérées sur les machines. Ce peuple-ci n’a pas de véritables chefs, nous savons juste que plusieurs familles puissantes sont organisés en clan et que beaucoup ont des femmes à leur tête. D’ailleurs, on apprend au cours de notre périple que la Chef de la garde de Méridian (la Capitale des Carjas) est une femme Oseram, un joli pied de nez dans cette société contrôlée par des hommes.

Les Banuks sont ceux qu’on voit le moins. C’est un peuple vivant dans les montagnes glacées du nord (sans doute les rocheuses). Ils vivent en harmonie avec les machines grâce à une particularité que je vous laisserai découvrir par vous-même. Ils ont d’ailleurs un rapport avec un des collectibles du jeu.

Un projecteur en terre Banuk

Désolé je ne me rappelle plus du prénom de cette Banuk

Enfin les Noras, peuple d’Aloy, sont une tribu matriarcales gouvernée par Trois Matriarches qui prennent toutes les décisions de la tribu. Ce peuple rejette toutes formes de technologies et ne prélève que le strict nécessaire sur les machines, tout en restant confiné sur leurs terres sacrées qu’ils ne doivent quitter sous aucun prétexte. Les Noras vénèrent la Toute-Mère, déesse enfermée dans la montagne qui les aurait jadis sauvé du péril technologique. On notera aussi que leur chef militaire est une femme (on n’est dans le matriarcat ou on n’y est pas).

J’ai très peu parlé des quêtes et taches annexes, pourtant importantes dans le déroulement du jeu. Même si vous pouvez finir le jeu sans vous prendre la tête avec, elles sont importantes pour la compréhension de l’histoire et quelques autres importants. Celles-ci vont de la bête « quête FedEx » à l’investigation, en passant par la chasse ou le pistage, et bien sûr la défense ou encore le sauvetage. Plus non négligeable, elles sont toutes scénarisées, plutôt cool donc.

Vanasha, une des nombreuses femmes stylées que vous serez amenés à rencontrer dans les quêtes annexes

Talanah, l’autre femme forte avec une superbe histoire, un de mes PNJ préférés…

… Avec ce tordu de Nil.

Enfin, je ne m’étendrai pas sur la qualité graphique du jeu, les captures de l’article parlent pour moi. D’ailleurs, un mode photo avec un nombre conséquent d’options est présent dans HZD. J’y ai moi-même passé énormément d’heures alors que d’habitude ce n’est pas trop mon délire. La bande-son quant à elle est de toute beauté, rien d’étonnant vu qu’elle est de Joris de Man, le compositeur de Guerrilla, déjà primé par le passé pour celle de Killzone 2. On trouve de tout dans celle-ci, des choeurs, des violons, de l’électro (qui m’a rappelé Remember Me à certains moments). Du tout bon!

Un de mes nombreux délires avec le Mode Photo

Et après l’Aube?

Après l’Aube, la journée. Horizon Zero Dawn est un jeu que j’attendais depuis 2013 (je vous expliquerai pourquoi bientôt dans un autre article) et force est de constater que je n’ai pas été déçu malgré cette longue attente. Il faut dire que Sony et Guerrilla ont su faire monter la hype autour du jeu doucement sans nous marteler sans cesse avec. Cet HZD contient à peu près tout ce que j’aime dans le jeu vidéo. Une belle aventure, un contrôle quasi-total de l’environnement, un cheminement maîtrisé, des quêtes annexes pas trop redondantes, une héroïne (j’en ai vraiment marre du stéréotype du héros blanc dans la trentaine), des combats nerveux et quelques dialogues croustillants. Sans oublier des collectibles en nombre limités ainsi qu’un LORE très travaillé et un scénario aux petits oignons. Le tout porté par une superbe direction artistique et une musique de toute beauté.

:O

Bien sûr, le jeu n’est pas exempt de tout reproche, j’ai constaté de rares bugs et un peu d’aliasing mais si vous me connaissez, vous savez pertinemment que je n’ai que faire de ce genre de détails. L’IA des machines est proche de la perfection mais celle des ennemis humains est complètement stupide, dommage. Je ne trouve pas grand chose d’autres à reprocher à ce jeu et je ne dirai q’une seule chose : PEU IMPORTE LE FORMAT, VIVEMENT LA SUITE!

Dommage que les choix n’ont pas beaucoup d’incidences…

Les Plus :
– C’est vraiment magnifique, Guerrilla oblige.
– L’héroïne attachante et qui n’a besoin de personnes.
– Le matriarcat.
– Le scénario et les quêtes annexes scénarisées.
– L’absence de chargement tout au long du jeu, hors déplacements rapides.
– Le bestiaire.

Les Moins :
– L’IA des humains est vraiment mauvaise.
– Les temps de chargement sont vraiment looooooooooooooooooooooong, heureusement qu’ils n’y en a que lors des déplacements rapides.
– Les dialogues proposant différentes options qui n’ont aucune incidence par la suite…
– et c’est tout!

Jouabilité : ★★★★☆ R.A.S. Tout fonctionne très bien. Quelques difficultés parfois lors de l’escalade, mais rien de bien grave.
Réalisation : ★★★★★ Réalisation 5 étoiles. C’est classe Palace à ce niveau. C’est beau, c’est doux et ça brille bien alors que ce n’est même pas de l’or.
Musique et Son : ★★★★★ Tous les sons sont travaillés, que ce soit les cris des animaux comme les bruits des machines. Génial. Le doublage est de toute beauté et la musique est ce qui se fait de mieux dans les productions actuelles. Merci Joris de Man
Difficulté : ★★★★☆ Mérité, j’ai fait le jeu en difficile et je me suis fait pas mal punir. J’ai aussi eu des retours sur la difficulté normale qui était plus ardue qu’elle n’aurait dû l’être. D’où l’intérêt de la furtivité…
Durée de Vie : ★★★★☆ Comptez une cinquantaine d’heures pour finir le jeu à 100%… En attendant un éventuel contenu téléchargeable qui devrait prolonger le scénario.

Ce test a été réalisé avec un code de téléchargement envoyé par l’éditeur.

avatar Publié par le 26 mars 2017. Classé dans à la une, PlayStation 4, Tests et Avis. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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