[Test] Bloodborne

From Software, le studio à l’origine de Demon’s Souls et des deux Dark Souls revient en exclusivité sur PlayStation 4 avec un nouveau titre : Bloodborne, autant attendu par les joueurs que mis en valeur par Sony. Bilan de la nouvelle exclu PS4.

Bloodborne - Title

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A+, B- ou O négatif ?

 

A l’image des différents jeux proposés par le studio, le scénario reste cryptique. Je vais quand même essayer de vous expliquer ce que j’ai pu en comprendre.

La ville de Yarnham est réputée à travers le monde pour sa capacité à soigner toutes les maladies. Sa thérapie du sang a fait sa réputation et nombreux sont ceux qui ont fait le voyage jusque là pour mettre la main sur ce précieux remède. Cependant, à trop pousser les recherches ce traitement fut corrompu et ce qui fut un temps source de soin est désormais source de malheur. La populace fut infectée par une maladie les transformant petit à petit en monstre.

Bloodborne - Screen 6

C’est dans ce contexte que vous allez devoir vous frayer un chemin et tenter de comprendre comment et jusqu’à quel point tout ceci a rendu fou la population locale.

Je ne vais pas m’étendre plus non pas par crainte de spoil, mais plus parce qu’il va me falloir encore du temps avant de mieux comprendre l’histoire générale n’ayant fini quasiment aucune quête annexe pendant ma première partie.

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Dépistage

A la manière d’un Demon’s Souls, le jeu se divise en deux zones bien distinctes, le hub d’où vous pourrez faire vos emplettes ainsi que monter de niveau et améliorer vos armes et le lieu où l’aventure se déroulera.

Bloodborne - Screen 8

Pour schématiser, le jeu se compose d’un bloc d’une dizaine de grandes zones toutes interconnectées et composées d’un ou plusieurs boss.

Dans chacune de ces zones vous trouverez différents raccourcis qui, une fois la progression faite, vous permettront de la traverser plus rapidement, pour vous rendre directement à un boss par exemple. De même, vous rencontrerez ici ou là des checkpoints vous permettant de revenir au hub de départ : l’occasion de dépenser la précieuse expérience récoltée. Sans compter que d’ici vous pourrez accéder à n’importe quel checkpoint.

Après une première partie linéaire, vous accéderez bien vite au point central du jeu d’où la liberté sera bien plus grande, car vous permettant d’aller vers quasiment toutes les zones de celui-ci. Certaines sont accessibles dès le début, d’autres sous certaines conditions.

Le fil de l’aventure se déroule pendant une nuit, que vous verrez avancer à chaque fois que vous aurez vaincu un boss. Donnant place à une modification des effets de lumière plus beau les uns que les autres, mais aussi plus angoissants. À différentes étapes clés du jeu, vous verrez la disposition des ennemis modifiée ainsi que l’ouverture de nouvelles quêtes annexes. Ça vaut toujours le coup de revenir en arrière après avoir franchi une nouvelle étape.

Bloodborne - Artwork

Chacune de ces zones possèdent à la fois une direction artistique, un level-design et une ambiance propre. De la ville londonienne que l’on a beaucoup vu dans les trailers à la forêt labyrinthique, en passant par des environnements beaucoup plus fous que je vous laisse la joie de découvrir ainsi que l’angoisse de les arpenter. Chacune de celles-ci possèdent son propre bestiaire, pas ou peu de réutilisation en mode « plus fort », comme on a trop l’habitude de voir dans les jeux vidéo.

Enfin, il y a aussi les « donjons calice », donjons générés aléatoirement (de manière procédurale pour être précis, chaque pièce a été créé mais leur ordre et la manière dont le tout est agencé est lui aléatoire) et à la difficulté largement relevée par rapport au jeu, qui vous permettront de trouver items rares, armes, armures et autres explications sur l’histoire du jeu…

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Du sang froid

Si on reste jusque la très proche des différents opus de la saga des Souls, on en arrive à la principale différence entre Dark Souls et Bloodborne. Si lenteur et patience était deux des clés des Dark Souls, ici le jeu est extrêmement nerveux. Adieu bouclier et arc qui permettaient de terrasser jusqu’à des dragons, bien planqué depuis son spot tranquille.

Vous allez devoir vous débrouiller dans ce cauchemar seulement équipé de votre arme et d’un pistolet.

Le système d’arme a largement été revu par rapport aux Dark Souls. Ce dernier privilégiait les mêmes armes à différents niveaux de puissance alors que Bloodborne propose une quinzaine d’armes, chacune ayant capacité à se transformer par une pression sur L1 et entrainant ainsi une prise en main adaptée à celle-ci.

Le pistolet lui, a surtout vocation, si vous tirez au début de l’animation d’attaque de votre adversaire, à vous offrir un contre qui arrachera la barre de vie de votre adversaire en même temps que des litres d’hémoglobine. Il est néanmoins tout à fait envisageable, pour les plus fous d’entre vous, de faire le jeu uniquement au pistolet (d’autant qu’il existe des variations sympathiques telles que le canon ou le lance-flamme).

Bloodborne - Screen 9

De plus, il est possible en faisant une attaque chargée dans le dos de l’adversaire de provoquer le même genre d’attaque que celle provoquée par un contre. Ces attaques viscérales sont particulièrement jouissives à réaliser et efficaces en terme de dégâts causés.

De même la roulade, symbole de la série des Souls a été ici remplacé par un dash vous offrant une période d’invincibilité salvatrice dont il va falloir abuser.

Il existe aussi un système de magie qui consommera vos précieuses munitions contre différents buff, tel que des dash encore plus fous, une arme enchantée ou la capacité de repousser les ennemis. Encore un point du jeu que je n’ai pas encore exploré, je ne saurais donc vous en dire trop à ce sujet là.

Dernier point favorisant la nervosité des combats, après avoir reçu un coup vous aurez un court laps de temps durant lequel si vous attaquez votre adversaire, il vous saura possible de récupérer votre vie. Vous forçant à vous poser la question de la meilleure posture à adopter à tout instant entre le repli et l’utilisation d’une potion ou d’une attaque pour récupérer de la vie gratuitement.

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Don du sang

Le jeu est parsemé de quêtes annexes ainsi que de zones et de boss optionnels. Ceux-ci vous permettant d’accéder à des objets et différents serments. Exemple ? Des PNJ à ramener dans une chapelle à l’abri des monstres, deux personnages qui suivront le fil rouge de votre aventure, vous garantissant ainsi l’accès a de nouvelles armes.

Bloddborne - Boss

Mais, comme toujours dans les jeux From Software, l’univers n’est pas manichéen et il vous est tout à fait possible d’accéder à ces objets soient en réalisant leurs quêtes en intégralité, soit simplement en tuant lesdits PNJ quand l’occasion vous en est donnée. À vous de créer votre aventure.

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Consanguin

A la manière des différents jeux From Software, un mode multijoueurs est disponible, soit via de la coopération, soit via du PVP.

Via un système de cloche il est possible d’appeler à l’aide ou de se rendre disponible. Ce système de coop est aussi disponible en solo via des PNJ qui pourront vous venir en aide à différents points clés de l’aventure.

Bloodborn - Co-op

Enfin, contrairement aux Souls où le système pouvait s’avérer frustrant quand on voulait jouer avec un ami, il est possible de limiter l’accès à votre partie grâce à un mot de passe. Si vous en mettez un en place, seuls ceux ayant le même pourront vous prêtez main forte.
Cependant, n’espérez pas appeler votre copain craqué ! Il faut tout de même un écart de niveau maximum de 10 entre les deux joueurs pour que la coopération soit possible ET enfin, il faudra que celui à l’origine de la coopération n’est pas encore battu le boss de la zone.

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Bilan sanguin

Après avoir tant bien que mal tenté de vous présenter le jeu de manière objective, il est temps pour moi de vous parler du ressenti manette en main.

Dans un premier temps de la direction artistique et de l’ambiance du jeu qui sont incroyables.

Bloodborne - Badass

L’atmosphère est lourde et pesante, l’univers est suintant, sale et dégueulasse. Jonché de cadavres et de cercueils, le monde de Bloodborne va sans doute me marquer pendant longtemps tant il est à la fois vaste et varié mais toujours cohérent. (Contrairement à Dark Souls 2 qui a beaucoup déçu sur ce point là).

Le jeu abuse d’un « effet mouillé » qui fera ressortir cette impression de saleté. Après avoir pourfendu quelques monstres, votre héros sera recouvert de sang, les cheveux ternis par les litres d’hémoglobine versés.

Les effets sonores aussi rajoutent beaucoup à l’ambiance. A la manière des Souls, la musique ne se fait entendre que lors des combats de boss mais le jeu n’en est pas pour autant silencieux. Les bruits des monstres et les cris des habitants seront votre quotidien. Le jeu entier n’est qu’angoisse, tant il est cohérent dans sa direction artistique.
Il est important de saluer la qualité de la VF, autant dans le sous-titrage que dans le doublage. Une grande première pour les jeux From Software, sachant que même au Japon les Souls ont toujours eu un doublage anglais et seulement des sous-titres dans la langue locale.

Bloodborne - screen 7

Le système de jeu est lui aussi au sommet de son art, tant dans la nervosité des combats que dans la dimension stratégique du placement et de l’arme utilisée. L’apogée de celui-ci se voit dans les combats contre les autres chasseurs où l’esquive et les contres seront vos principales armes. Peu d’ennemis ne peuvent être contrés et de la même manière, aucun ennemi ne peut être vaincu qu’avec le contre. À vous d’adapter votre manière de jouer.

Que dire de la variété des boss et de la beauté des différentes arènes ? Pas deux combats de boss se ressemblent si ce n’est dans leur intensité, vous apprécierez la beauté des lieux dans lesquels ils prennent place et le sentiment d’accomplissement quand vous réussissez à en venir à bout. Enfin, parce que personnellement c’est un point qui m’agace particulièrement dans le jeu vidéo aujourd’hui, nous avons le droit à un vrai boss de fin, dur, frustrant, mais dont vous tirerez une fierté après l’avoir vaincu.

De plus, à titre personnel, même si ça a beaucoup joué dans le fait de révéler From Software au monde, j’ai peur que ça desserve la saga, je parle bien sûr de la difficulté. Si les premières heures peuvent sembler frustrante le temps de prendre le jeu en main, le jeu n’est pas difficile.

Pour tout vous dire, j’avais l’impression que le début du jeu était sans doute la partie la plus difficile de celui-ci. Or en le recommençant, j’avance de manière totalement fluide, preuve que plus que mon avatar, c’est moi qui ai pris de l’expérience.

Ce n’est jamais simple mais jamais injuste, bref toujours bien dosé. Les ennemis font mal mais c’est largement compensé par l’abondance des objets de soin fournis, à la grande différence des Souls qui jouent beaucoup sur la limitation de ceux-ci et le temps pris pour les utiliser. La plus grande difficulté sera de ne pas vouloir être trop gourmand, en tapant quand il vaudrait mieux se replier par exemple.

Pour finir, j’aimerai saluer un dernier effort de la part de From Software : la simplification du système de jeu. Si Dark Souls 2 avait comme force la variété des builds possibles, il en découlait comme un système de statistiques pas forcément aisé à prendre en main pour celui qui souhaitait découvrir la saga, de même pour le système de forge et d’infusion.

Bloodborne en garde l’essence tout en étant bien moins contraignant et bien moins complexe en résumant celui-ci à simplement 6 stats que sont la vitalité (votre barre de vie), l’endurance (votre barre d’endurance), la force et la compétence (vous permettant d’accéder aux armes) la teinte sanglante (vous permettant d’accéder aux armes à feu) et l’ésotérisme (vous permettant d’accéder à la magie).

S’il faut en citer un, le plus grand défaut du jeu réside dans ses temps de chargement allant facilement jusqu’à 45 secondes/une minute. En dehors de ça, je ne saurais quoi lui reprocher.

J’ai vraiment le sentiment d’être face à un grand jeu comme je n’en ai pas vu depuis longtemps. J’ai fini ma première partie en 25 heures, vous l’aurez compris sans trop m’éparpiller en quêtes annexes. Cependant, j’ai eu différents retours de joueurs visant le 100% qui en sont à 80 heures. Voyant bien que certaines quêtes annexes m’avaient échappé, j’ai préféré vite finir pour vite recommencer, en sachant qu’en plus le jeu propose trois fins alternatives.

Comme à mon habitude, je vous laisse ici une petite vidéo qui traduit bien l’ambiance du jeu et la nervosité des combats.

J’ai aimé :
– La direction artistique
– Les animations
– Le level design
– Le système de combat
– Le fait de ne jamais être rassuré
– La richesse du jeu et sa densité

J’ai moins aimé… Faut dire quelque chose donc j’vais l’dire :

– Les temps de chargement
– Le framerate qui chute un peu parfois
– Que tu sois entrain de lire mon test au lieu d’y jouer.

avatar Publié par le 20 avril 2015. Classé dans à la une, PlayStation 4 (Pro), Tests et Avis. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

3 Réponses pour [Test] Bloodborne

  1. Ohlala j’ai tellement envie d’y jouer maintenant que j’ai lu le test xD
    GG pour les titres de ton développement, Jerry fort.

    Et sinon, je ne suis pas sure d’avoir bien compris pour le multi, on peut faire l’aventure à deux de bout en bout ou pas ? Le stuff est divisé équitablement ou il n’y a que l’hôte qui loot/peut bénéficier de l’xp ?

  2. Alors on peut quasiment faire tout le jeu à deux mais :

    – Chaque fois que tu vas croiser un boss tu recevras des points de lucidité. 1 en le croisant, 3 en le battant. A partir du moment où le visiteur à 10 points de lucidité tu peux faire de la coop (pour avoir accès à l’objet permettant de proposer son aide). Chaque fois que tu invoquera quelqu’un ça te coutera 1 point de lucidité (tu peux ramasser de la lucidité et ça devient assez vite facile à farmer grâce au donjon calice de niveau 1 qui sont relativement simple.)

    – Pour pouvoir faire de la coop il ne faut pas avoir tuer le boss de la zone, une fois une zone fini la coop n’est plus accessible. De fait il faut que les deux avance en parallèle dans leur partie solo (Ou refaire deux fois chaque zone à deux pour que les deux ai accès au même zone)

    – Il faut un écart de niveau de 10% + 10 niveau entre le visiteur et l’hôte

    – Seul l’hôte a accès au loot, le visiteur lui ne pourra trouver que des potions et des munitions.

    – Enfin le visiteur aura une baisse de 25% de sa barre de vie.

    J’pense avoir fait le tour mais je te renvoie à cette vidéo beaucoup plus clair que mes explications
    http://www.gamekult.com/video/bloodborne-guide-du-bon-chasseur-jouer-en-ligne-3050444739v.html

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