[Test] Forza Horizon 2

Mes chers frères, nous nous retrouvons ce jour pour parler de nos addictions, passées et présentes. Je me confesse à vous: Forza Horizon, premier du nom, a laissé des traces. Je pensais pouvoir être fort, tenir tête à Playground Studios et leur produit diabolique. Ce fut le cas un court, trop court moment. Il y a quelques mois, les vidéos de Forza Horizon 2, sur Xbox One, tournaient en boucle pour m’encourager à replonger. Le jour de sa sortie, j’ai craqué, comme prévu. Fébrilement, j’ai installé le jeu sur ma console (c’est bizarre à dire, mais c’est vrai). Après de longues minutes de tremblements, j’ai lancé le jeu pour la première fois. Et là: rien. Et oui, mon calvaire de Forzaïnomane était accentué par ma console, qui décidait de retarder l’inéluctable en refusant de participer à ma chute. Après un « cold restart », le jeu pouvait enfin démarrer. Et mon plaisir reprendre.

Un écran de chargement contemplatif

Un écran de chargement contemplatif

Premiers tours/minute

Le jeu s’ouvre sur un écran de chargement, présentant les courbes parfaitement représentées des bolides. Les développeurs annoncent clairement la couleur: les bolides seront d’une beauté sans nom, modélisés à la perfection. La première course, qui permet de prendre en main la bête, vous met au volant d’une Lamborghini Huracan. On découvre donc une première fois le terrain de jeu de cet épisode : le sud de (notre beau pays) la France (Nice, Sisteron) et le Nord de l’Italie. L’impression de vitesse est grisante, la Huracan est un réel bonheur à conduire, la route bien pensée et les décors jolis comme tout. Il y a même un peu de trafic pour compléter le tout. Comme dans le précédent opus, le festival Horizon est une sorte de concours géant de pilotage. Après avoir livré la Huracan, on redescend en gamme et on entame le premier championnat du festival, au volant d’une voiture « moyen de gamme ». C’est le moment de respirer un peu, ce jeu s’annonce encore plus addictif que le précédent.

Après avoir prié pour que la dépendance ne s’installe pas trop rapidement, on reprend la manette et on débute le championnat. Mes frères, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que dorénavant, certaines courses s’effectuent à travers champs ! Les sensations s’en retrouvent totalement modifiées, et alterner les styles de conduite (route / hors piste) durant la même course donne un certain dynamisme. Mais ces mécréants de développeurs ne se sont pas arrêtés là, non ! Ils ont ajouté un mode nuit/jour (classique) et une gestion météo qui intègre des temps de pluie. Une fois encore, conduire sous la pluie ne ressemble en rien à la conduite sur une route sèche. Alors quand vous devrez conduire de nuit, sous la pluie et dans les bois….Un vrai bonheur.

Une R5 prends le dessus !

Une R5 prends le dessus !

On embraye

Attardons-nous sur le gameplay, si vous le voulez bien, que vous puissiez comprendre mon état. L’objectif avoué est de donner du plaisir au joueur et cela passe par une physique irréprochable et une maniabilité équilibrée. Pour ce qui est de la physique, le moteur est presque parfaitement réglé : de légers bugs peuvent survenir, surtout pour ceux qui comme moi ont de légers problèmes de maîtrise (comme lécher les murs ou essayer de traverser un muret) mais les voitures ont des réactions tout à fait réalistes et totalement différentes selon leur type. Les conditions météo et le type de terrain accentuent ce réalisme, avec par exemple une perte d’adhérence différente entre une route mouillée et un chemin de terre sec. La maniabilité est quant à elle très précise. La conduite d’une Mini à 110km/h ou d’une Henessey Venom à 430km/h change du tout au tout. En cela, les créateurs de ce Forza Horizon 2 ont même été plus loin que dans l’épisode précédent, en augmentant le nombre d’options activables/désactivables d’aide à la conduite (manuel/auto, niveau des adversaires, impacts des dégâts sur les performances, présence ou non d’un tracé d’aide, ABS, etc) et en proposant des réglages dignes des meilleures simulations (répartition du poids, puissance du freinage, ce genre de chose). Si ce Forza se présente avant tout comme un jeu de loisir, cela n’exclut pas les joueurs exigeants en quête de nouveautés après un Forza Motorsport 5 un peu léger en contenu (gratuit). Je me permets une synthèse : les sensations de conduite sont géniales.

D’ailleurs, parlons contenu. Voici pourquoi il me sera compliqué de décrocher rapidement: le jeu propose 168 championnats de 4 courses chacun. Ne sortez pas les calculettes, ça vous ferait du mal. Ces championnats sont triés par catégorie (Modern Muscle, GT, Rally, Toy Car, etc) et sont répartis entre les 8 destinations. Sachez toutefois que les équipes à la source de ce mal ont poussé le vice jusqu’à penser aux joueurs qui n’auraient pas le temps ou l’envie de tous les faire : pour participer à la dernière course, la finale Horizon qui dure environ 15 minutes, seule la réussite de 15 championnats est nécessaire. Cependant, le vice les habite (je sais, je radote) car ils ont semé sur les nombreuses et magnifiques routes d’autres courses, que l’on pourrait qualifier de bonus: les défis collector (au nombre de 45). Ils vous demanderont, avec une voiture donnée et sur un itinéraire et un temps précis, de réaliser certaines prouesses : passer à un radar ou une zone de vitesse à vive allure, réussir un certain nombre de drifts, finir le trajet avant le temps imparti, etc. Enfin, un élément novateur et crucial pour l »identité du jeu: les Road Trips. Après chaque championnat, vous prenez part à un Road Trip qui vous emmène sur une autre zone de jeu, pour participer au championnat suivant. Ces Road Trips ne sont pas des courses, simplement un temps de conduite sympa pour découvrir les routes et faire connaissance avec sa voiture.

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Pied au plancher

Pensez-vous que leur perfidie se serait arrêtée là, mes frères ? Que nenni ! Des collectibles (d’un intérêt douteux) sont répartis un peu partout sur la map, sous la forme de panneaux à détruire. Il n’y en a que 150… Mais ce n’est pas tout. Le système de montée de niveau (selon les points d’XP gagnés durant les courses) donnent lieu à une wheelspin, qui permettra de gagner des sous (plus ou moins) ou des voitures. En parallèle, la réalisation de prouesses au volant de vos engins (drifts, sauts, dépassements, vitesse max) fera également gagner des points, qui seront alors à dépenser pour activer des avantages, dont 10% d’XP en plus lors de la réalisation desdites prouesses ou de meilleurs sommes gagnées via le wheelspin. Vous l’aurez compris, le contenu est incroyablement riche. D’ailleurs, quelques 200 véhicules sont proposés. Pour faire honneur au Forza Horizon premier du nom, 10 de ces voitures seront à découvrir comme trésors de grange, perdues au milieu des champs, que vous devrez retrouver pour pouvoir vous pavaner au volant d’une jeep de la seconde guerre mondiale ou d’un van VW de hippie.

Sachez, pour ceux qui ne sont pas déjà sortis pour aller s’acheter leur dose, que le jeu dispose également d’un solide multijoueur. On pourra prendre part à des courses classiques, des face à face ou des même des Road Trips, pour rouler tranquillement (ou pas) entre amis. En ce qui concerne l’IA (pour le jeu en solo, pas celle de vos amis), elle est parfois assez agressive, mais pas dans le bon sens du terme. Si je devais faire un reproche, il porterait sur ce point: hormis quelques rares erreurs ou collisions, les adversaires suivent souvent la ligne représentant le meilleur tracé. Et si vous êtes dessus? Bah ils vous poussent.

Mode photo, effet Sépia

Mode photo, effet Sépia

Enfin, j’aimerais terminer rapidement car les convulsions me guettent, je voudrais vous sensibiliser une dernière fois sur la qualité graphique. On peut effectivement reprocher à certains moments un manque de finesse pour quelques éléments, comme les items destructibles du décor ou certaines zones d’herbes, voire même à certaines décalcos un peu pixellisées qui font baveuses. Mais la taille de la carte, navigable d’un bout à l’autre sans chargement et la finesse de la modélisation des voitures font rapidement oublier ces détails. Côté sonore, les effets et vrombissements des moteurs sont également ce qui se fait de mieux. La tracklist (diffusée via des radios) a par contre, à mon goût perdu, en qualité. L’ajout de radio Levante diffusant du classique apporte un petit côté décalé bienvenue mais l’ensemble est anecdotique.

Finish line

Vous l’aurez compris, je suis retombé dans ce que je voulais éviter. Je pourrais ajouter les autres qualités qui m’ont fait plonger, comme la personnalisation des véhicules (certains joueurs ont d’ailleurs fait des merveilles), le côté « Club » pour engranger de l’XP avec vos amis, les épreuves de rassemblement qui vous feront courir contre un avion ou des mongolfières, le plaisir de conduire sans but et tant d’autres encore. Mais preuve est faite, voilà le visage du malin: sous des traits parfaits, il veut vous faire sombrer dans la dépendance, pour rouler encore et encore. Ne cédez pas. Dites non, et ne vous mettez pas le doigt dans l’engrenage.
Sur ces sages paroles que je vous laisse méditer, j’y retourne avant de commencer à manger mes phalanges faute d’ongles. Et si jamais vous cédez…grand bien vous fasse !

avatar Publié par le 12 novembre 2014. Classé dans à la une, Tests et Avis, Xbox One (X). Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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