Dragon’s Crown – Le jeu qui a tout ce qu’il faut là où il faut?

Annoncé par un premier trailer lors de l’E3 2011, Dragon’s Crown est le titre qui m’a fait dire “Je veux une Vita. Un peu plus de deux ans après, le jeu est enfin là. Je l’ai sur PS3 et sur Vita, mais tandis que le blu-ray n’a toujours pas quitté sa boîte, ma portable adorée tourne à plein régime avec ce titre fabuleux. Dragon’s Crown est une perle de Beat’em’All, une orgie visuelle et une ode à la belle 2D comme seul Vanillaware sait encore nous en faire.

Honni soit qui mal y pense
Que ce soit par ses arrière-plans aux allures d’aquarelle, ses environnements variés et colorés ou encore ses personnages, le visuel de Dragon’s Crown ne laissera personne indifférent. Dans le bon comme dans le mauvais sens d’ailleurs. En effet, si l’on ne peut que s’incliner devant le travail d’orfèvre réalisé sur la partie graphique, le character-design risque tout de même de diviser. Tailles très fines, jambes courtes, épaules et pectoraux hypertrophiés pour ces messieurs; longues jambes fuselées, hanches larges et poitrines outrageusement généreuses pour ces dames.

L’exagération des proportions des personnages, et plus particulièrement l’aspect hyper-sexualisé de la sorcière et de l’amazone, ont déjà fait couler beaucoup d’encre numérique. On pourra légitimement se demander si, en faisant cela, l’ami George Kamitani (lead designer et boss de Vanillaware) ne s’est pas laissé allé à la facilité du “Darwinisme vidéoludique”, principe qui veut que seuls les personnages féminins mammairement aptes survivent (pour vous faire une idée, je vous invite par exemple à voir comment ont évolué Lara Croft et les héroïnes de Soulcalibur).

Pour ma part, n’aimant pas faire de procès d’intention, j’ai plutôt tendance à accepter cela comme un hommage à l’imaginaire collectif gravitant autour de l’Heroic-Fantasy: les hommes y sont forts, musclés et se baladent soit en slip soit en armure complète façon boîte de conserve; les femmes y sont sculpturales et se baladent soit en bikini soit… en bikini, mais les motifs peuvent varier: léopard, tigre, … Outre l’Heroic-Fantasy « classique », vous trouverez des tonnes de références, allant de la mythologie grecque à Disney en passant par les Monty Python. Pour les plus curieux d’entre vous, je vous invite à visiter le lien ci-après. Le trailer du jeu y est décortiqué de fort belle manière.

Quand je parlais de références à Disney, ce n'était pas forcément à la petite sirène que je pensais... Vous imagineriez une Arielle aussi fessue vous?

Quand je parlais de références à Disney, ce n’était pas forcément à la petite sirène que je pensais… Vous imagineriez une Arielle aussi callipyge vous?

Pour revenir aux proportions des personnages, elles sont en fait tellement exagérées qu’elles en deviennent presque cartoonesques et pas vraiment « excitantes ».  Cet aspect très cartoon se confirme d’ailleurs quand tout ce petit monde s’anime à l’écran. On est d’accord, le titre ne gagne rien de plus à voir la sorcière minauder à la moindre pichenette ou à voir les seins de l’amazone balloter autant quand elle court. Mais au final, ce genre de détails favorisera l’afflux sanguin dans les zygomatiques bien plus que dans un certain corps caverneux… Ce que moi je retiens avant tout, ce sont les mimiques des orcs que l’on pourfend, les animations juste sublimes des boss qui se meuvent avec tant de fluidité, les effets de lumière, … Et puis il reste toujours l’elfe, super mignonne et très appréciée des joueurs. Et n’allez pas me dire que c’est pour ses couettes d’écolière, bande de pervers!

Pour terminer sur la partie artistique, la bande-son n’est pas en reste avec des thèmes musicaux me rappelant par moment les vieux péplums qui ont marqué mon enfance. À cela s’ajoute un doublage plutôt sympa, bien meilleur en japonais qu’en anglais il faut le dire, et un narrateur qui tantôt nous rappellera qu’elle est la quête en cours, tantôt nous contera les événements auxquels nous prenons part. Il sera en quelque sorte le maître de jeu, dans une partie de Donjons & Dragons où le papier, le crayon et les dés ont été remplacés par l’écran, le joystick et les boutons.

Je ne pensais pas à Aladdin non plus... J'imagine mal l'amazone chanter "ce rêve bleu".

Je ne pensais pas à Aladin non plus quand j’évoquais Disney… J’imagine mal l’amazone chanter « ce rêve bleu ».

Les runes comptent pas pour des prunes
Pour la petite histoire, Dragon’s Crown se déroule sur les terres d’Hydeland, un royaume fragilisé par la guerre contre les orcs et par des luttes internes pour le pouvoir. Bien que les scènes en écran fixe narrant l’histoire aient bénéficié d’un aussi grand soin que le reste du jeu, on les passera souvent rapidement. Le scénario, très secondaire, est surtout prétexte à aller poutrer dans la joie et la bonne humeur. En effet, le titre se présente comme un Beat’em’All. On se déplace dans les niveaux de gauche à droite et de haut en bas via le stick analogique gauche. La croix directionnelle permet l’accès aux items (potions, parchemins de magie, etc), le bouton croix permet de sauter, carré d’enchainer des combos de base, rond de réaliser un coup spécial différent selon le personnage et la gâchette R d’esquiver. Avec ça, vous avez tout ce qu’il vous faut pour vous frayer un chemin au travers des nuées de créatures belliqueuses qui se dresseront devant vous. Ajoutez à cela la possibilité de ramasser des armes secondaires sur les dépouilles de vos ennemis et de chevaucher certaines créatures (tout comme dans le mythique Golden Axe), et vous vous retrouvez avec une palette énorme de possibilités.

Le titre vous pousse en permanence à explorer l’environnement. En tapotant sur l’écran tactile de la Vita ou en utilisant le stick analogique droit (ce dernier s’avérant cependant bien moins pratique), vous faîtes apparaître un curseur qui permet de révéler passages secrets et runes cachées. Vous pourrez également d’un simple « clic » intimer l’ordre à Ronnie, le voleur qui vous accompagne, de crocheter un coffre empli de trésors ou une porte. Bien qu’amusant au début, cet aspect pourra s’avérer lassant sur le long terme car il casse quelque peu le rythme de votre avancée.

L'elfe est peut-être mignonne mais je n'irais pas lui chercher des noises, surtout lorsqu'elle manie une arbalète lourde...

L’elfe est peut-être mignonne mais je n’irais pas lui chercher des noises, surtout lorsqu’elle manie une arbalète lourde…

T’as le loot, coco!
À l’aspect nerveux du Beat’em’All s’ajoutent des éléments de RPG et de nombreuses mécaniques que ne renieraient pas un certain Diablo: votre personnage gagne de l’expérience et dispose d’un arbre de compétences, les ennemis éliminés laissent quelques piécettes et les coffres regorgent d’armes et d’accessoires. Le jeu est découpé en niveaux (explorables à volonté), à l’issu desquels vous récoltez de la monnaie sonnante et trébuchante en fonction de votre score, ainsi que des points d’expérience. L’argent récolté vous servira à faire quelques emplettes en ville, à faire expertiser les trésors amassés ou bien encore à réparer votre équipement. Quant à l’expérience, chaque palier supplémentaire améliorera vos statistiques et vous octroiera un point de compétence à dépenser dans l’un des nombreux talents à disposition. Pour résumer, au gameplay riche et jouissif s’ajoute donc un aspect loot et levelling tout bonnement addictifs. Que du bonheur!

La petite fée Tiki vous indique le chemin tandis que Ronnie le voleur se remplit la besace une fois tout danger écarté.

La petite fée Tiki vous indique le chemin tandis que Ronnie le voleur se remplit la besace une fois tout danger écarté.

La lutte des classes
Dragon’s Crown vous offre le choix parmi 6 classes de personnages, chacune avec ses mécaniques et son style de jeu propres, que je me fais fort de vous décrire brièvement. Pourquoi? Parce que c’est MON article et que j’y fais ce que je veux (avec l’appui du boss).

Le guerrier est le « tank » par excellence Résistant, bien loti en points de vie, sa défense se voit encore renforcée par la possibilité de se protéger derrière son fidèle bouclier. Mais comme chacun sait, la meilleure défense est l’attaque. Le bougre l’a bien compris, maniant avec aisance l’épée courte ou la hache à une main. Un personnage assez simple à appréhender, idéal pour faire ses premiers pas dans l’aventure.

Le nain, comme on peut s’y attendre de par sa musculature, est une bête de corps à corps. Endurant, coriace, il enchaine les frappes bien lourdes avec ses marteaux ou ses poings. Plus orienté vers l’offensive que le guerrier, le nain peut attraper ses ennemis pour ensuite les projeter violemment sur tout autre individu qui en voudrait à son intégrité physique. Un bon petit gars qui a tout d’un grand.

L’amazone, contrairement à ses deux camarades du dessus, s’avère plutôt fragile et ne résistera pas longtemps à des assauts répétés. Résultat, elle attaque inlassablement, laissant peu de chances de riposte à ses adversaires. Le plus beau dans tout ça, c’est que sa puissance et sa vitesse augmentent à mesure qu’elle frappe. Une véritable furie (et ma chouchou, je dois l’avouer).

L’elfe est un peu le couteau suisse du groupe: coups de pied dans les roustons, coups de dague vicieux par derrière ou encore magie élémentaire, elle sait tout faire. Son atout majeur reste néanmoins son arc avec lequel elle envoie des salves dévastatrices. Pour en tirer la quintessence, il vous faudra adapter ses compétences à chaque situation et veiller à ne pas gaspiller ses flèches, en nombre limité. Un personnage délicat à manier mais qui offre de grandes satisfactions une fois maîtrisé.

Le mage est un peu le compagnon idéal de Game Inferno: impitoyable et capable de déchaîner les enfers sur ses ennemis. Entre la gestion de sa jauge de magie et sa faible constitution, autant vous dire que le mage ne s’adresse pas au premier noob venu. Il s’agit sans doute du personnage le plus difficile à appréhender avec la sorcière, mais quel pied de balancer un déluge de flammes à la face de ses ennemis!

La sorcière est probablement plus (re)connue pour ses formes généreuses et son attitude de midinette, mais c’est un tort. La belle est un personnage redoutable pour qui sait la manier. Au même titre que le mage, il vous faudra fuir autant que possible loin des combats et gérer au mieux votre jauge de magie. Là où notre ami pyromane mise tout sur l’offensive, la sorcière se distingue par un peu plus de subtilité, via des sorts de soutien (protection, création de nourriture) ou de contrôle (pétrification, gel, transformation en grenouille).

Ce casting n’est pas sans rappeler celui des jeux d’arcade de Capcom, Tower of Doom et Shadow Over Mystara, tous deux prenant place dans l’univers de Donjons & Dragons. Rien d’étonnant lorsque l’on sait qu’à l’époque George Kamitani travaillait sur ces deux titres. Je vous invite par ailleurs à essayer la compilation HD intitulée Chronicles of Mystara, sortie cette année sur PSN et XBLA. Je ne peux que vous recommander de vous y attaquer AVANT Dragon’s Crown, tant l’ancêtre, bien qu’ayant bien vieilli, risque de souffrir de la comparaison.

La wyverne, un des premiers boss du jeu, et un plaisir pour les yeux en termes d'animation et d'effets de flamme.

La wyverne, un des premiers boss du jeu, et un plaisir pour les yeux en termes d’animation et d’effets de flamme.

L’histoire sans fin?
Étant donné que l’histoire et les quêtes annexes sont exactement les mêmes pour chaque personnage, et que le nombre total d’environnements est assez restreint (9 différents, avec 2 embranchements possibles) une certaine lassitude pourrait finir par s’installer. Cependant, j’ai pu constater qu’on n’arrête jamais vraiment de jouer à Dragon’s Crown, on fait juste une pause avant d’être irrésistiblement attiré de nouveau par la magie qu’il dégage et par son gameplay.

En ligne droite, sans vous soucier des quêtes annexes et en ne vous limitant qu’à un seul personnage, le titre devrait déjà vous occuper pendant une bonne quinzaine d’heures. Mais je mettrais sereinement ma main au feu que vous ne vous contenterez pas de si peu. Premièrement car la tentation de tester chacun des personnages, ne serait-ce que sur quelques niveaux, est vraiment trop grande. Deuxièmement, car chaque quête annexe accomplie vous octroie richesses et points de compétences, en plus de débloquer un sublime artwork à admirer dans la galerie. Autant de bonnes raisons d’y revenir encore et encore.

Pour les plus acharnés, des modes de difficulté plus élevés s’offrent à vous une fois le jeu terminé une première fois. Un peu à la manière des MMO-RPG, c’est une fois arrivé à haut niveau que les choses sérieuses commencent. En effet, la bonne répartition de ses points de compétences et l’optimisation de son équipement en fonction des ennemis rencontrés deviennent dès lors cruciales, bien plus que lors du premier “run”.

Je ne puis passer à la conclusion de ce test sans vous parler du multi*: si contrairement à moi vous avez des amis, à vous les joies du fendage de crâne jusqu’à 4 joueurs, et ce en cross-play (et cross-save) Vita/PS3. Ne l’ayant pas testé moi-même, je me fie à l’avis de gens de confiance autour de moi: c’est super fun mais la profusion de personnages à l’écran peut parfois rendre l’action confuse et provoquer quelques ralentissements (comme dans les bon vieux Beat’em’All finalement! :p), en particulier s’il y a des mages et des sorcières avec tous leurs effets pyrotechniques.

Un petit casse-croûte bien mérité devant une tour qui ressemble à s'y méprendre à la tour de Babel.

Un petit casse-croûte bien mérité devant une tour qui ressemble à s’y méprendre à la tour de Ba(by)bel.

Conclusions
Vous l’aurez compris, j’ai été complètement conquis par Dragon’s Crown. Il s’agit selon moi d’un des tous meilleurs jeux de 2013, un indispensable sur les deux supports. Ne pas l’avoir sur PS3 pourrait être excusable car l’année fut tout de même très dense en titres forts. Par contre, si vous êtes possesseur de Vita vous ne pouvez tout simplement pas passer à côté.

Le titre séduira plus facilement les joueurs nostalgiques qui ont connu la grande époque des Beat’em’All 2D en Arcade ou sur Super Nintendo et Megadrive, mais il a suffisamment d’arguments (non, je ne parle pas des boobs!) pour plaire aux autres aussi. Le parcours n’est pas sans faute, on lui reprochera de petits ralentissements (je laisse aux puristes le plaisir de compter les frames) et une action parfois fouillie, mais c’est vraiment du pinaillage.

Vanillaware ne s’est clairement pas foutu de nous, en proposant un contenu vaste et de qualité qui vous scotchera de longues heures devant votre écran. On sent d’autant plus leur amour du travail bien fait quand on voit que le studio propose régulièrement des mises à jour (gratuites) avec rééquilibrages et nouveaux défis à la clé. Vraiment, si vous êtes de ceux qui pensent que le petit monde du jeu vidéo tourne en rond, ne propose pas assez d’expériences nouvelles, nous prend pour des vaches à lait, … Achetez ce jeu! C’est le meilleur moyen de voir d’autres perles du genre arriver un jour sur nos consoles adorées.

*Rappel de vieux con: le multi, ça peut aussi se faire en local, avec trois potes et autant de manettes.

avatar Publié par le 29 décembre 2013. Classé dans à la une, PlayStation 3, PlayStation Vita, Tests et Avis. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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