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[Avis] Control: AWEsome (ou presque)

Dernier contenu narratif lié à Control, AWE est arrivé sur consoles et PC le 27 août. Une date importante, puisque c’est le premier anniversaire du jeu et c’est ce jour que Remedy a décidé d’officialiser le Remedy Connected Universe. Avec ce projet, le studio finlandais tente le pari de relier les histoires de ces différents jeux et ça démarre par Control et Alan Wake. Attention, cet article contient quelques spoilers présentant le scénario d’AWE.

CONDITIONS DE TEST:

Version commerciale – Playstation 4

Disponible sur PS4, Xbox One et PC

Prix conseillé: 14€99

A noter l’arrivée courant septembre d’une Ultimate Edition contenant le jeu et ses DLC

Afin d’assurer une continuité dans le récit, AWE débute tout juste après The Foundation, le premier DLC paru en mars dernier. Jesse Faden est directrice du Bureau Fédéral du Contrôle (BFC), une administration secrète chargée de répertorier, renseigner et confiner le moindre événement paranormal. Cette agence est située dans un bâtiment appelé l’Ancienne Maison, à l’architecture incroyablement dense. Dans Control, une entité maléfique (le HISS) a envahit les lieux et y a mis un bazar monstrueux. Par la suite, dans The Foundation, Jesse est chargée d’aller explorer les entrailles de l’Ancienne Maison afin de réparer les failles provoquer par le HISS, mettant en péril l’équilibre entre la réalité et le plan astral.

Pour AWE, Jesse est invitée à rejoindre l’ascenseur principal de l’Ancienne Maison quand soudain, elle reçoit un message qu’elle seule peut comprendre. Alan Wake lui même tape sur sa machine, une histoire qui semble être les faits de Control et évoque le Département des Enquêtes. En quelques lignes de dialogue, Remedy confronte la réalité de Jesse Faden à la fiction d’Alan Wake. Au rayon des révélations, nous allons également apprendre que ce qu’a vécu l’écrivain tourmenté dans son jeu éponyme de 2010 a été une des enquêtes du BFC. Les agents ont découvert les agissements du Dr Hartman et surtout que ce dernier a utilisé les spécificités de Cauldron Lake (lieu fictif situé à Bright Falls, ville toute aussi fictive, qui a le pouvoir de transformer les oeuvres d’artistes en quelque chose de réel).

Contaminé par l’Obscurité (phénomène paranormal dans Alan Wake), il a été interpellé puis placé à l’isolement au sein du Département des Enquêtes. Par la suite, le psychiatre a réussi à s’échapper et l’étage a été verrouillé. Enfin pour ne rien arranger, le HISS et l’Obscurité sont entrés en contact pour se développer au sein du corps de Hartman, faisant de lui un être difforme et impitoyable. Jesse Faden se retrouve donc à devoir faire le ménage au Département des Enquêtes et à traquer Hartman.

Dans ces nouveaux lieux, on retourne à quelque chose de moins organique, plus générique, que ce que nous avions traversé dans The Foundation. Mais le level design est plutôt cohérent puisque nous évoluons dans un secteur administratif et scientifique avec tout ce que ça implique comme couloirs, bureaux et zones d’expérimentation. AWE signifie « Evenements d’Alteration du Monde » (mais aussi Alan WakE) et différents secteurs sont dédiés à ces événements paranormaux. Pour y accéder, il faut en théorie suivre différents protocoles, et ces zones emprisonnant généralement des entités, sont situés en sous-sol et derrière des portes blindées. Ces « abris » sont beaucoup plus ouverts, plus vastes et évidemment théâtres d’affrontements. De plus, on conserve la verticalité si importante dans les séquences de gunfight et le brutalisme est toujours très présent. Ce nouvel étage se compose de deux ailes et d’un secteur qui ne sera accessible qu’une fois les deux autres visités. Désormais inscrit dans l’ADN de Control, l’aspect metroidvania est ici encore bien présent. Il faudra réaliser quelques allers retours pour progresser. Heureusement, en livrant son dernier DLC, Remedy a également pensé à poser plus de checkpoints.

Remedy conserve également son système narratif avec une collecte de documents à lire qui va nourrir le récit et venir apporter de la profondeur aux enjeux en cours. Il est clair que si la narration de Control ne vous a pas emballé auparavant, ça sera toujours le cas dans AWE et il est même possible, que cela vous paraisse encore plus lourd. Bien que les différents ponts de connexion entre Control et Alan Wake soient très intelligents, Remedy ne lésine pas avec le name dropping. De Alice Wake à Bright Falls en passant par Thomas Zane, les développeurs finlandais assurent le fan service et alimentent le lore global du Remedy Connected Universe.

Mais ces liens ne sont pas que narratifs. Si on peut se sentir frustrer de ne pas pouvoir se téléporter à Bright Falls, il ne faut pas oublier qu’ici nous sommes dans Control et que c’est ce jeu qui fait office de matrice pour recevoir des éléments de gameplay d’Alan Wake. Comme dit précédemment, l’Obscurité s’est invitée à la fête. Sous formes de mini puzzles, Jesse va devoir rétablir le courant dans certaines zones que Hartman s’est chargé de plonger dans le noir. Tout en préservant l’identité de Control, Remedy s’est amusé à implanter tout au long de ce DLC des jeux d’ombres et lumières avec à chaque fois le risque de se faire attaquer par Hartman, ennemi omniprésent. L’efficacité des pouvoirs télékinésiques de Jesse sera parfois diminuée, dès lors qu’elle traversera un couloir envahit par l’Obscurité, c’est en utilisant la lumière qu’elle pourra reprendre le dessus. Il faudra parfois utiliser des lampes posées pile au bon endroit pour pouvoir progresser.

Dans les ajouts liés au gameplay, on note l’arrivée d’un nouveau mod d’Arme appelé Fragmentation, permettant à Jesse de balancer trois grenades explosives . Un nouveau jouet très efficace qui, utilisé intelligemment, peut être redoutable. Enfin, au niveau des pouvoirs, il est désormais possible d’arracher jusqu’à trois éléments de décors, pour les projeter sur les ennemis. Le niveau des ennemis a été revu à la hausse et le bestiaire s’est vu accueillir un nouveau soldat équipé d’un jetpack. Il n’est plus aussi simple de rouler sur eux, et il faudra se montrer un peu plus stratégique, dans la gestion de l’énergie de Jesse surtout dans les zones contaminées par l’Obscurité. Belle feature appréciée dans The Foundation, la possibilité d’appeler un allié revient, et dans certaines phases de gunfights, elle est d’un grand secours. La nervosité du gameplay, le stress du surnombre ennemi et cette incitation constante à aller au contact sont toujours au rendez-vous. Rien n’a bougé depuis les premières minutes de Control, on reste dans un univers paranormal, parfois loufoque, parfois horrifique avec l’ambiance pesante d’Alan Wake. Le sound design est toujours aussi soigné et les effets de particules restent d’une beauté folle. Attention, sur PS4 fat les chutes de frame rates au moment d’activer l’inventaire, le menu pause ou le mode photo restent assez agaçantes.

A certains (rares) moments, on ressent dans AWE un peu de vide, comme s’il manquait un plot narratif, une confrontation. Les quêtes annexes restent très simples, voir oubliables mais heureusement, on hérite via une borne d’arcade d’un mode horde ou encore de la possibilité de retourner botter les fesses de quelques boss. Mieux encore, le Labyrinthe, segment incroyable de Control est de nouveau accessible. En comparaison de The Foundation, les lieux traversés sont certes bien plus linéaires mais rappelons que l’esprit et l’ambiance recherchés par Remedy ne sont pas du tout les mêmes. Cette sensation peut aussi s’expliquer par le fait que ce DLC a été développé pendant le confinement mondial et aujourd’hui il est acquis que dans ces conditions, les développeurs ne peuvent travailler de manière optimale.

En une année, Control a réussi à innover dans le genre action-plateformer, développer un univers riche et, est désormais capable de recevoir d’autres histoires appartenant à Remedy. Sur une très courte durée de vie (2-3 heures), AWE alimente deux univers qui ont dix ans d’écart. Le retour d’Alan Wake sur le devant de la scène (ou presque) risque de faire naître beaucoup d’espoirs chez les joueurs. En ayant récupéré les droits de la licence en 2019, on peut largement penser que Alan Wake et le Remedy Connected Universe nous donnerons très bientôt des nouvelles.

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