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[Avis] Predator: Hunting Grounds, voyage au bout de l’ennui

Après une décennie de silence vidéoludique, la licence Predator issue du cinéma revient sur PS4 et PC. Aucune apparition du chasseur extraterrestre manette en main n’a laissé de gros souvenir et on préfère plutôt se rappeler du film de John Mc Tiernan (1987) avec un Schwarzenegger iconique. Pour ce retour, ce sont les américains de Illfonic à qui l’on doit Friday The 13th, qui se sont chargés du développement, avec l’espoir d’apporter originalité et immersion. Malheureusement, la cible est manquée.

Le jeu a été testé sur PS4 à partir d’une version fournie par Sony Interactive Entertainement. La version PC n’a pas été évaluée.

Predator: Hunting Grounds nous fait une offre alléchante. Grâce à un gameplay asymétrique, le joueur peut incarner soit un membre d’un commando composé de quatre soldats, soit le Predator. Les premiers évolueront dans une vue FPS alors que le chasseur à dread locks sera en vue à la troisième personne.

En se déployant sur un nombre colossal de … trois cartes, les militaires devront infiltrer des baraquements appartenant à des trafiquants et remplir des objectifs consistant à détruire ou récupérer du matériel, éliminer des cibles et de s’exfiltrer par hélicoptère. Sur leur route, ils croiseront des ennemis gérés par l’IA. Le comportement agressif de l’IA pourrait proposer du challenge s’il était doté d’un sens logique de survie. Là on assiste à des combats à sens unique. Et pour peu que l’équipe joue de manière organisée avec micro ouvert, il s’agira d’une vraie promenade de santé.

Heureusement, le Predator est là pour mettre un peu de piment et transformer tout ça en un jeu de chat et de souris parfois excitant, parfois ennuyant. Cela va dépendre du joueur derrière. En démarrant à l’opposé de la map, le traqueur sanguinaire va devoir parcourir la jungle pour trouver ses proies. Les capacités du Predator sont très intéressantes, il y a d’abord ses déplacements, qui vont consister à soit avancer par le sol de manière classique,ou alors emprunter la voie des airs et des arbres en pratiquant du parkour. Ensuite pour pouvoir repérer ses ennemis, l’alien peut utiliser sa vision thermique. A cela s’ajoute un camouflage optique permettant d’établir une stratégie d’attaque et de surprendre l’adversaire. A ce moment là, il faudra choisir entre attaque au canon laser ou méthode artisanale avec griffes et éviscération. Des glorykills avec arrachage de crâne et de moelle épinière semblent possible.

Comme expliqué précédemment, c’est la coopération qui influencera l’issue du jeu. En avançant de manière méthodique, il sera difficile pour le Predator d’opérer et il devra compter sur l’IA pour isoler les joueurs et ainsi les attaquer les uns après les autres. D’autant plus qu’il possible de perturber le radar thermique du Predator en se couvrant de boue tel Dutch dans le film de 1987. Le vrai danger est en 1 vs 1 puisque les soldats devront observer les airs, les arbres et les mouvements au sol en plus de devoir riposter face à la menace.

Une fois qu’on a compris le principe du jeu, en tant que membre du commando on prend en compte l’objectif principal certes, mais aussi la probable arrivée du Predator. La mise sous tension vient de là, on sait qu’une menace peut arriver n’importe quand. Et c’est le travail sonore qui est finalement l’élément le plus important. Les bruits d’animaux, les feuilles qui sont soufflées par le vent et surtout le grognement du Predator se rapprochant donne la sensation d’être une proie facile.

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Pour s’en sortir, il faudra donc se montrer observateur, rester sur ses gardes et si par chance, on parvient à blesser le Predator, il sera possible de le suivre grâce à son sang perdu d’une couleur verte phosphorescente. De là, le chasseur devient la proie et un objectif secondaire de la mission.

Après avoir lu ces lignes, on peut se dire qu’en fait c’est plutôt un jeu intéressant et dans une certaine mesure c’est vrai. Predator: Hunting Grounds est rempli de bonnes intentions mais il y a beaucoup de choses bancales ou superflues. Les terrains de jeu sont tous similaires et souffrent d’un level design fade qui ne sert que très peu le gameplay. Le Predator et son parkour sont amusant deux minutes. Côté commando, le vrai challenge est de se la jouer en solo sans tenir compte du teamplay. Les objectifs n’ont pas vraiment d’intérêt, ça manque d’implication du joueur et de surprise. Il est possible de personnaliser le stuff en débloquant des récompenses mais là encore, il manque une sensation de puissance ou d’efficacité quand on applique tel ou tel atout.

Techniquement, sur Playstation 4 le minimum est là, c’est visuellement ni incroyable, ni franchement mauvais, mais, ça manque de fluidité et on regrette cette IA bête comme ses pieds. Le jeu se déroulant en ligne, il faudra s’armer de patience pour trouver une partie, et ne pas hésiter à aller se faire couler un café ou préparer un thé en attendant de pouvoir incarner le Predator. En moyenne 4 à 5 minutes par partie pour ce mode là. Symbole d’un jeu décevant, le didacticiel est la partie la plus intéressante. Le online aurait dû être un supplément d’une aventure solo.

Predator: Hunting Grounds est un rendez vous manqué et cela est très frustrant. Un modèle économique type free-to-play aurait sans doute été plus adapté mais là encore, il aurait fallut des mécaniques plus solides. Sur le papier, c’était séduisant mais dans l’exécution c’est malheureusement raté…

Predator: Hunting Grounds est disponible sur PS4 et PC (Epic Game Store) depuis le 24 avril 2020

Version éditeur fournie par Sony Interactive Entertainement

Prix conseillé: 40€

Développeur: Illfonic

Editeur: Sony Interactive Entertainement

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