Game Inferno

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[Test] Need For Speed Heat

Nous sommes en l’an de grâce 2019, l’automne est là, et avec lui les feuilles qui tombent des arbres et les billets des portes monnaies. Vous en avez l’habitude, chaque fin d’année c’est la foire aux sorties des nouveaux opus des licences annualisées. Parmi elles, il y en a une qui sent bon la gomme depuis 25 ans et 25 épisodes, c’est Need For Speed. La licence phare de courses arcades d’EA Games est tantôt adulée, tantôt lynchée. S’il y a bien une chose que l’on peut dire à propos de NFS, c’est que la série va en dent de scie. Alors, que vaut « Heat », la mouture 2019 de la saga ? Réponse ici.

L’une des premières voitures du jeu, la Mustang 65′

Sea, Specs & Sun

Cette année, nous nous retrouvons à Palm City, une ville côtière fictive, bordée de longues plages de sable blanc, cernée de luxueux immeubles où flottent beaucoup de drapeaux américains. La ville ensoleillée est entourée de vastes plaines et marécages au milieux desquels trônent fièrement une base de lancement spatiale. La description est trop longue, je vous l’accorde. On va arrêter là, je ne voudrais pas voler la vedette à Emile. Bref, cette map rappelle beaucoup Miami et la Floride !

La map regorge de mini défis collectables comme ce « Super Saut »

Need For Speed Heat base son gameplay sur le cycle Jour/Nuit. Pas question ici de voir les jours et les nuits se succéder en roulant tranquillement comme des tarés sur les routes de Palm City. Non, ici il nous faudra choisir à quel moment nous voulons rouler. En effet, dans cet opus vous incarnez un pilote de course sur circuits fermés le jour, et un hors la loi adepte des courses sur route ouverte la nuit. Quoi qu’il en soit, le jeu vous oblige à faire les 2. Lors des courses légales, vous gagnerez de l’argent, utile pour vous acheter des nouvelles autos ou des pièces de personnalisation. À contrario, lors des courses de rues, vous gagnerez des points de réputations, qui vous permettront d’élargir le catalogue du concessionnaire et des revendeurs de pièces. Ouais ouais, c’est logique. Une concession de voiture refuse de vous vendre une voiture qui coute 300 000$ avec votre argent gagné légalement. Il faut d’abord devenir un hors la loi pour prétendre à l’achat d’une Lamborghini. Bon d’accord, ça c’est un détail dont on se fiche un peu.

L’alternance jour/nuit est surtout rendue obligatoire par le scénario du jeu qui nous propose ses aventures en alternant judicieusement jour et nuit. Le scénario, parlons-en justement. C’est vraiment moyen. Il n’y a vraiment rien de folichon et c’est très bateau. Je ne vous raconterai rien ici pour ne pas spoiler, mais c’est du genre. « Tu es un vilain chauffard, je suis flic, je veux que tu arrêtes et suis prêt à tout pour ça. Mais a la fin comme je suis le vilain flic et toi le héros du jeu, bah le looser c’est moi et toi tu gagnes». Bref, un scénario mis en place davantage pour coller les courses dans un semblant de contexte plus que pour apporter un réel atout au jeu. Mais bon, dans un sens, je vous l’accorde, on ne joue pas à un NFS pour avoir un scénario digne d’un film Oscarisé. Il a le mérite d’exister. MAIS, le plus gros défaut du scénario n’est pas son contenu, mais plutôt la manière dont il est amené. Qu dit histoire, dit personnages, dit dialogues. Et là, ça frise la catastrophe.

La sortie du garage, l’occasion de choisir quand rouler

J’ACCUSE

Les avatars que l’on peut choisir en début de partie (et changer en cours de jeu, ça c’est cool !) sont tous très proches de caricatures que de réelles personnes. Et ils ont un charisme d’huitre. Malheureusement, la VF du jeu n’aide absolument pas. Les dialogues ne sont pas convaincant du tout. Aucune intonation, des voix monocordes… Et des dialogues d’une profondeur sans limite, et toujours très bien sentis :

« Ce flic m’a volé ma vie sociale. Tu te rends comptes, si je veux me faire un burger je dois marcher ! Marcher quoi ! ».

« Attention, je vais te rattraper » me dit Dex, 6e, pendant une course alors que je suis 1er avec 800m d’avance sur le 2nd 

Voilà voilà. Je ne m’attarderai pas là-dessus tant c’est insupportable, surtout quand ces belles phrases reviennent À CHAQUE FOIS QU’ON SORT DU GARAGE. Bref. La VF est à la charlotte aux fraises. Je ne me suis pas risqué à la VO étant donné que je ne comprends pas grand-chose à l’anglais, mais nul doute qu’en ne comprenant pas ce qu’il se dit, les dialogues sont bien moins exaspérants. J’y songerai la prochaine fois.

Puisqu’on parle d’audio, je vais profiter du paragraphe pour évoquer l’OST du titre. Sans jamais faillir, à aucun moment la bande-son de cet opus ne nous surprend et ne nous emporte pas. Je le regrette bien évidemment puisque par le passé, j’avais fait de belles découvertes musicales grâce à NFS. Tout le monde se souvient de la reprise de Riders on the Storm dans NFS Underground 2. Ou alors Chiddy Bang dans NFS Hot Pursuit (2010). Oubliez tout ça, rien de marquant dans cet opus. On aura vite tendance à baisser le volume des musiques en jeu pour profiter du son de nos caisses.

Course tout terrain en bord de mer

Mustang, M3 E46 GTR, F150 Raptor ou SVJ?

Bon, jusque-là, je n’ai pas été très tendre avec NFS Heat, mais n’allez pas croire que le jeu est mauvais. Il ne l’est pas. Dans l’ensemble, NFS Heat répond présent là où on l’attend réellement. Belles bagnoles, grosse personnalisation, grande vitesse, gros crash, grand fun.

Intro terminée, nous voilà à choisir notre première voiture. Comme d’habitude dans NFS, on nous propose quelques voitures d’entrée de gamme pour le rookie que nous sommes. Mon choix s’est jeté sur une splendide Ford Mustang 65’. Avant de prendre la route, on s’attarde un peu afin de découvrir le garage et les possibilités de personnalisation sans limite que nous permet le soft, tant sur les voitures que sur nos avatars (c’est totalement useless comme feature, et par conséquent totalement indispensable). Mention spéciale sur la présence de vraies marques de vêtements pour personnaliser notre avatar, comme Adidas. Les vraies marques de préparateurs pour tuner les voitures sont également de la partie. Là, je citerai Mansory, le célèbre préparateur Suisse sans limites. La personnalisation esthétique de la voiture n’a pour seul limite que votre budget (argent virtuel, les microtransactions je n’en ai pas vu). Toutes les modifications esthétiques sont disponibles d’entrée de jeu. Pas besoin de les débloquer, juste de les payer, et le budget demandé n’est pas conséquent. Comptez entre 20 et 40 k, soit les gains d’une à deux courses, pour entièrement tuner votre auto. Jusqu’à la sonorité à l’échappement. C’est jouissif. Faites ça sur quelques unes des 120 voitures du jeu, ça offre beaucoup (beaucoup) de possibilités.

Une personnalisation discrète sur cette Aston Martin

Il est temps de prendre la route. Oui, mais à quel moment ? En sortant du garage, le jeu vous demande si vous voulez rouler de nuit ou de jour. Comme dit précédemment, cela impact le jeu. Vous n’aurez pas accès aux mêmes épreuves. Allez, on va rouler de jour. Nous voilà dehors, prêt a écraser l’accélérateur. *R2*. CRIIIIIIIIIIIIIIHH VROUUUUUUUUUM. Ligne droite, 100km/h, 150…. Le compteur s’emballe, le premier virage arrive. Coup de frein, coup de volant et….. BOUM. La voiture va droit dans la glissière de sécurité. Bordel, ce que la prise en main est particulière sur ce Need For Speed. Les premières minutes, il est difficile de comprendre comment maîtriser et faire partir en drift notre bolide. L’impression de conduire un marshmallow sur roues est hallucinante. Il m’aura fallu plusieurs minutes avant de commencer à faire drifter ma voiture dans les virages et la maîtriser. Étrange. Très étrange. Au fil du temps, on s’habitue à la conduite du jeu et on commence à prendre plaisir. Par moment cependant, vous arriverez sur un virage, vous utilisez la même technique qu’à l’accoutumée pour partir en drift et là, la voiture ne réagira pas comme d’habitude. Ça pimente un peu la conduite on va dire. Fort heureusement ces côtés « réactions aléatoires » se compensent en modifiant sa voiture au garage pour l’orienter plus courses/drift/tout terrain, etc… Cela change considérablement son comportement. Cet outil est indispensable pour pouvoir prétendre à toutes les épreuves du jeu. En effet, NFS Heat propose des courses traditionnelles, Circuit, Sprint, où une voiture qui tient le pavé sera de rigueur. À côté, il existe également les courses de Drift, si chère à la licence, où il sera préférable d’adapter son bolide pour atteindre les objectifs demandés. Enfin, les courses tout terrain sont de la partie. Auquel cas une voiture préparée pour aller crapahuter dans l’arrière-pays de Palm City sera préférable. Tiens, ça ne rappelle pas un peu The Crew ça ?

La gestion des différents types de terrains et de préparation des voitures est très bien menée. N’essayez pas de rouler dans les champs & chemin avec une voiture typée course. Ne vous avisez pas non plus d’essayer de rouler vite avec une voiture préparée pour la boue. Vous ne pourrez pas avoir une voiture qui excelle partout. Tout au mieux, vous aurez une voiture qui se débrouille dans toutes les disciplines, mais vous ne pourrez prétendre à la victoire avec. Et ça, c’est cool ! Ca permet de justifier la présences de voitures comme le Ford F150 Raptor ou le Range Rover Sport SVR.

De nuit, vous aurez accès également à la sainte trinité Circuit/Sprint/Drift, mais cette fois, les courses se dérouleront sur routes ouvertes, et les forces de l’ordre font leur apparition. Plus agressives et tenaces que jamais, elles vont vous pourrir la vie. Parfois trop. Leurs voitures sont quasi indestructibles, et la votre est en carton-pâte. Plus les poursuites dureront, plus votre niveau de recherche augmentera. Plus il augmente, plus les voitures de police sont coriaces, surtout atteint le niveau 4. Les armes pour vous défendre sont très limitées. Tout juste 2 outils à usage unique que vous pouvez installer sur votre voiture (pneus anti-crevaison pour déjouer les herses, résistance accrue, dégâts infligés accrus, etc…) et 3 passages en station-service qui permettront de réparer intégralement votre voiture. Pourquoi 3 ? Parce que passé 3 réparations, les forces de l’ordre décideront de fermer les stations-services pour vous empêcher de réparer votre bolide.

Le meilleur moyen de se débarrasser d’eux c’est…. d’avoir de la chance. Réussir à fuir. Ce qui n’est pas gagné car leurs voitures semblent abattre le 0 à 500Km/h en 1.5s. Parfois, sans trop de raisons, vous les distancerez. Il vous suffira alors de rouler en dehors des routes où la police patrouille pour regagner tranquillement une des planques du jeu, disséminées un peu partout sur la map.

Le paradoxe de la police, c’est que si vous croisez une voiture sur la route, en roulant à 300km/h, de jour ou même de nuit, si votre indice de recherche est à 0, le flic vous laissera en paix.

Récompense en jeu. ça ne vous rappelle rien?

Plutôt décollement de rétine ou picotement dans les yeux ?

Les deux. On connait tous le moteur Frostbite, il est excellent. Need For Speed Heat est beau. Les voitures et les jeux de lumières sont vraiment jolis. C’est très flatteur. De nuit, le jeu s’en sort à merveille. De jour, on notera quelques textures et décors qui s’affichent un peu tard (test effectué sur PS4 Pro). Mais il faut admettre que ça passe assez inaperçu lorsqu’on se concentre sur la route et les voitures à esquiver. Le monde ouvert que nous propose Ghost Game est malheureusement assez vide et manque de vie en ville où la circulation est très éparse, peu importe l’heure. Dès que l’on se dirige vers la campagne, c’est beaucoup moins flagrant. On prendra beaucoup plus de plaisir à conduire en rase campagne. D’ailleurs, conduire à pleine vitesse se ressent très bien. La sensation de vitesse est incroyable. A un point qu’arrivée à 300 km/h, la visibilité devient très délicate on se crispe très vite sur la manette, en gardant une concentration énorme pour éviter le crash. C’est très grisant.

A Presque 350 dans mon Aston Martin tuné à son maximum de la jacky-touch

Need For Speed Heat est un bon jeu. Il n’excelle pas partout et présente un gameplay surprenant qui pousse le joueur à creuser un peu pour obtenir la sensation de conduite recherchée. Abusé diront certains, génie hurleront d’autres. C’est à vous de vous faire votre propre avis. Le plaisir de jouer est présent même s’il faut persister un peu et ne pas jeter le jeu au bout d’une heure. Heat n’est pas le meilleur des NFS auquel j’ai joué, mais il est loin d’être mauvais. Il ne manquait pas grand-chose aux artistes de Ghost Game pour nous livrer un très bon jeu.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur.

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