L’Homme gribouillé – Frederik Peeters et Serge Lehman

« Dans la famille Couvreur, il y a Maud, 75 ans, auteur de romans pour enfants dont le succès n’a d’égal que la discrétion. Il y a Betty, sa fille au caractère ombrageux, sujette à des crises d’aphasie qui la privent littéralement de parole. Et il y a Clara, la fille de Betty, lycéenne brillante et fabulatrice qui rêve d’aller vivre avec son père à Londres…
Un matin de décembre, Maud fait un AVC dans son sommeil. Clara, qui vit provisoirement chez sa grand-mère, tente d’appeler les secours mais un homme étrange fait irruption. Il dit s’appeler Max et affirme que Maud devait lui remettre un paquet. Clara essaie de le repousser mais Max subit alors une hideuse métamorphose et menace la jeune fille avant de disparaître en laissant derrière lui deux plumes noires.
Déboussolées par l’hospitalisation de Maud et l’intrusion de Max, Betty et Clara n’ont d’autre choix que de se lancer dans une enquête sur les secrets de la famille Couvreur. Une enquête qui va insensiblement se transformer en voyage initiatique au pays des monstres et des merveilles avec au bout, peut-être, un secret venu du fond des âges. »

Ça fait envie hein ? (Wow, mon intro précédente était bien meilleure…)

En effet avec ce roman graphique de plus de trois cent pages, Frederik Peeters et Serge Lehman nous offrent une histoire sombre (littéralement), mais aussi onirique, fantastique, et franchement originale… Qui ne m’a malheureusement pas entièrement conquise.
Bon, je n’ai pas détesté, loin de là, mais je suis plutôt partagée sur ce livre. Littéralement même, parce que pour chaque aspect du livre, je trouve un point positif ET un point négatif, et déjà que c’est pas génial pour ma lecture, mais en plus ça me fait passer pour une chiante pointilleuse et qui chipote.
Mais bon, on va voir ça ensemble ! (Avec des catégories et tout, parce que j’avais la flemme de faire autrement je suis quelqu’un de très organisé !)

Les graphismes

Déjà, j’ai beaucoup aimé le fait que ce soit en noir et blanc, ça donne un aspect très « film noir » (qui est accentué par le fait que Paris soit TOUS LES JOURS sous la pluie), les dessins sont maîtrisés et dynamiques, les paysages sont beaux, et le design des personnages donne quelques indices sur leurs personnalités : les traits de Betty sont droits, durs, comme elle, alors que ceux de Clara sont bien plus ronds et doux, ce qui montre son enthousiasme. Et c’est toujours sympa de penser aux détails comme ceux-là.
Le problème… (Et oui le voilà le premier point négatif) C’est que je trouve les personnages moches. Voilà. C’est subjectif, bien évidemment, et ça n’a pas du tout été décisif dans mon appréciation globale de l’œuvre, mais je n’aime vraiment pas les dessins de Frederik Peeters quand ça concerne les personnages. C’est tout. Mais il fallait quand même que je le dise.

 

Les personnages

Je n’ai pas grand-chose à dire sur les personnages principaux : je ne m’y suis pas spécialement attachée.
Si je trouve que la joie de vivre et la douceur de Clara sont appréciables, c’est loin d’être le cas de Betty, sa mère. Elle est trop froide, elle n’est pas drôle ni spécialement sympathique… En fait je la trouve ennuyeuse. Bon, je sais que c’est un choix des auteurs, mais s’ils avaient prévu qu’on s’y attache à force de la suivre dans son enquête et en voyant son personnage évoluer, j’avoue que ça n’a pas marché pour moi.
Par contre, il faut noter que les dialogues, plutôt modernes, donnent un sentiment de réalisme voire même de complicité entre les personnages. Je vous citerais notamment le magnifique « Est-ce que je t’ai fait chier avec ton jeune juif musclé, moi ?» ou l’incontournable « Mamie était une pute ! »
Et moi j’aime bien ce genre de dialogue. (Pas parce qu’il y a des gros mots hein, ça fait longtemps que je ne suis plus en CE2, mais parce que ce sont des dialogues qui sonnent « vrais ». Enfin les dialogues en général, ceux que je vous ai cité sont plutôt… Spéciaux.)

A contrario, j’ai plutôt apprécié Max Corbeau, le monstre, créature totalement cauchemardesque mi-homme mi-oiseau, et son design qui rappelle les peurs des n’enfants.
Je trouve ses origines plutôt intéressantes et rarement vues, et on comprend très vite que c’est un antagoniste dangereux, puissant, et qui peut faire des dégâts. Beaucoup de dégâts même. Sur les gens notamment. Ouch.
… Enfin ça, c’est au début seulement.
Vers la fin du livre, sans pouvoir vous en dire plus, il semble plutôt ridicule, et la menace qu’il représentait durant tout le long de l’histoire n’est plus qu’un lointain souvenir… Et avec un peu de recul, on se rend compte que ce n’est pas un personnage si approfondi que ça, et qu’au final, son histoire est plutôt survolée. (Ironique, pour un homme oiseau, non ? J’adore l’humour.)

L’histoire

Si le pitch de base me faisait pas mal envie… J’avoue avoir été un peu déçue.
Comme d’habitude tout va bien au début, on est confrontés à ce mystérieux corbeau, on en apprend un peu plus sur lui mais aussi sur la famille de Betty, Clara et sur le passé de Maud, la quête identitaire familiale est plutôt prenante… Mais la conclusion ne m’a pas du tout plu.
Entre les couches de fantastique qui se rajoutent peu à peu à l’intrigue jusqu’à devenir un peu n’importe quoi, la révélation qui ne m’a pas convaincue, le monstre, qui paraissait si effrayant et important qui est vite balayé à la fin du livre et la résolution franchement trop facile et vraiment rapide, oui, on peut dire que j’ai été déçue.

Mais bon, si je vous parle aujourd’hui de « L’homme gribouillé », ce n’est pas juste pour vous dire « M’ouais bof, suivant. », mais bien parce que je vois les qualités indéniables que l’œuvre possède, notamment son intrigue originale, son rythme et son enquête qui en font un véritable « page-turner », mais aussi ses dessins qui, même s’ils ne m’ont pas toujours plu, en ont conquis beaucoup d’autres !
(D’ailleurs, si vous voulez voir un avis plus positif sur ce livre, je vous invite à aller voir la vidéo que la talentueuse Lemon June lui a – entre autre – consacré. Oui, je fais de la pub à la concurrence, mais je l’aime beaucoup beaucoup beaucoup, alors c’est pas grave.)

Donc si un thriller comprenant un secret familial, un maître chanteur monstrueux et une bonne grosse touche de fantastique vous tente, n’hésitez pas à vous faire votre propre avis dessus !
(Mais un conseil, si vous n’êtes pas sûr que ça vous plaise, empruntez-le, à quelqu’un ou à une bibliothèque, parce que si vous n’aimez pas, les 30€ que vous aurez dépensé vous feront très mal au postérieur.)

avatar Publié par le 18 janvier 2019. Classé dans à la une, Book Inferno, The Other Inferno. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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