Gotham by Gaslight

Tiens, et si je faisais une petite incursion du côté de l’Other Inferno et de ses Book ? Je gobe plusieurs comics par semaine, je lis des trucs en tout genre, c’est l’occasion d’en parler un peu ici. Premier de cordée: la réédition par Urban Comics de Gotham by Gaslight, regroupant 2 récits dystopiques du Chevalier Noir, parus en 1989 et 1991.

L’univers tortueux de DC a lui aussi droit à ses spin-offs sous forme de « What if? », très en vogue à une certaine époque chez son principal concurrent. L’une de ces premières incursions dans ces histoires parallèles date donc de 1989 avec le premier récit de ce recueil Gotham by Gaslight. A l’instar de Superman Red Son ou de Batman Year 100, l’idée est de proposer des lectures alternatives en transportant les héros dans des mondes et époques dystopiques pour les confronter à des événements impossibles dans leurs séries régulières.

Ce recueil contient 2 histoires, écrites par Brian Augustyn et dessinées par Mike Mignola et Eduardo Barreto (pour la seconde Master of the Future). Dans la première, Augustyn transpose l’univers du chevalier noir à la fin du XIXe siècle. Bruce Wayne est en Europe et prépare son retour au bercail où il sera confronté au mythique Jack l’Eventreur. Le récit est plutôt bien construit, très classique mais pas ennuyeux pour autant. Les parents de Bruce sont toujours morts, assassinés cette fois par un bandit de grand chemin, et la progression du garçon vers son déguisement aux oreilles pointues n’est pas vraiment abordé ici, ce qui n’est pas plus mal. Son retour à Gotham coïncidant avec une série de meurtres, c’est l’aspect détective qui prend le pas sur l’action.

J’y ai retrouvé un des aspects qui m’intéressent le plus dans Batman en général: c’est un excellent détective avant d’être bardé de technologie ou de fracasser des crânes. Porté en époque victorienne, il est privé de ses gadgets et Gotham by Gaslight est donc l’occasion d’un retour forcé aux sources pas désagréable. Accompagné au dessin d’un Mignola en forte progression qui apporte des fulgurances assez dingues sur la mise en scène, l’atmosphère ou le contraste, Augustyn réussit vraiment à nous transporter dans une Gotham crédible en copie de Londres – mais sans le fog.

Master of the Future, la seconde histoire, est un peu plus classique, avec plus d’action et un prisme détective plus faible. Elle est toutefois très joliment mise en page par le regretté Eduardo Barreto dans un style à mi chemin entre la bd franco-belge et le comics, d’où une certaine puissance ressort. On y retrouve Bruce Wayne un an plus tard, ayant remisé son costume suite aux événements du premier récit, accompagnant la préparation de l’Exposition Universelle. Menacée par L’homme de Demain, le voilà forcé de passer un petit coup de fer sur sa cape et de lustrer son masque pour s’y opposer.
Le scénario, les dialogues et la mise en scène manquent de surprises, d’originalité. C’est une histoire comme on en a déjà lu beaucoup, au final un peu oubliable malgré le contexte. Gotham y est moins représentée, moins visitée et moins sombre, ce qui fait perdre du charme au récit. Les dessins de Barreto sont vraiment bons mais ne suffisent pas à redonner tout le peps dont l’histoire aurait eu besoin.

Ce recueil vient accompagné de son DVD d’1h20, basé sur le premier récit du volume. Il prend un certain nombre de libertés avec l’œuvre originale, par exemple en incluant Selina Kyle (qui devient presque l’héroïne du film au passage) ou des Robin. Les ajouts de personnages et de scènes sont compréhensibles pour tenir sur la durée et étoffer un peu le matériau original. La version animée montre tout de même une certaine prise de risque de la part de DC car sanglante et assez violente, avec des petits emprunts discrets au From Hell de Moore. On peut ne pas accrocher au design très « déjà-vu » avec de petites touches steampunk, l’animation est d’assez bonne facture et le résultat final pas désagréable.

Pour ceux qui voudraient profiter de l’occasion pour voir ou lire d’autres choses sur cette période, voici une petite sélection d’œuvres de qualitay.

À lire:
L’extraordinaire From Hell d’Alan Moore
Le sombre et limite glauque Brood de Dan Simmons

À voir:
From Hell (encore) avec Jonnhy Depp
Sweeney Todd de Tim Burton toujours avec Johnny
Sherlock Holmes de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr pour la déconne

À jouer:
Sherlock Holmes Crimes & Punishment (ou le Testament, au choix)
Vampyr (car il fallait bien un jeu de vampire vu la période)

avatar Publié par le 16 juillet 2018. Classé dans à la une, Actualités, Book Inferno, The Other Inferno. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

Une réponse pour Gotham by Gaslight

  1. Hey ,

    Je vois le site http://www.gameinferno.fr et son impressionnant. Je me demande si le contenu ou les bannières des options de publicité disponibles sur votre site?

    Quel sera le prix si nous souhaitons mettre un article sur votre site?

    Note: L’article ne doit pas être un texte comme sponsorisé ou faire de la publicité ou comme ça

    À votre santé
    anto desouza

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