Game Inferno

Dans l'enfer du jeu

Green Hell
à la une PC Windows Steam Tests et Avis

[Test]|[Avis] Green Hell

Green Hell est un jeu de survie sorti en accès anticipé en août 2018, puis en version finale en septembre 2019, sur PC. Il faudra encore un peu de patience pour les joueurs Xbox, PlayStation et Switch car le jeu devrait être porté sur ces consoles courant 2020-21. Green Hell a été développé par le studio indépendant polonais Creepy Jar, fondé en 2016 par des anciens employés de Techland (qui a produit entre autres Dying Light et Dead Island) et de Flying Wild Hog (qui a produit par exemple Shadow Warrior). Creepy Jar se veut être un studio spécialisés dans les jeux de simulation de survie (avec un côté un peu horrifique) et c’est ainsi qu’est né le projet Green Hell.

Chérie t’as pas vu mon briquet ?

L’enfer vert porte bien son nom, pour une histoire qui se déroule dans la forêt Amazonienne. Le jeu propose à ce jour plusieurs modes : le mode histoire, le mode survie, le mode défi, et, depuis la mise à jour de début 2020, le mode co-op. Chacun de ces modes est disponible dans plusieurs niveaux de difficultés que l’on peut même personnaliser pour adapter au maximum son expérience de jeu. Personnellement, j’ai commencé par le classique du du du du du duoooo : “mode histoire / difficulté normale”, communément appelé au sein de cet opus “bienvenue dans la jungle”.

Menu Green Hell


Le tutoriel est amené très intelligemment car… on ne se rend même pas compte qu’on est dans un tutoriel. Il pose les bases de l’histoire, permet de comprendre le contexte, et comme tout bon tuto, explique les principales actions. Et je dis bien “principales”, on y reviendra mais il faudra faire preuve d’inventivité (et d’un peu de pifomètre) pour découvrir toutes les possibilités du jeu ! Après tout, quand on est seul dans la nature, personne n’est là pour nous souffler quoi faire…


Pour revenir au scénario, nous allons incarner un jeune anthropologue, Jake. Il étudie l’Amazonie depuis 3 ans et a déjà publié un livre à ce sujet. Il retourne dans la forêt Amazonienne avec sa femme, Mia, pour étudier une tribu locale complètement isolée.

Green hell Chargement


C’est là que tout commence, vous accostez sur une rive de la forêt, vous êtes avec votre femme, une tente vous attend… Qu’est-ce qui peut mal se passer, franchement ?

La tente est équipée, vous y trouvez toute sorte de matériel : des vivres, une machette, des informations sur la faune et la flore locale (et à ce moment là, vous ne mesurez pas encore l’importance de ces précieuses – et bien trop peu nombreuses – informations).

Green Hell Info

C’est bientôt l’heure de passer votre première nuit, mais d’abord un bon repas ! Et comme le dit le célèbre dicton : pas de repas sans feu.

Et c’est en cela que je trouve le tutoriel bien ficelé, sans vous en rendre compte, vous allez apprendre votre première leçon de survie et de débrouillardise, et pas des moindres : félicitation, vous savez maintenant faire du feu avec des branches d’arbres, des feuilles sèches et de l’huile de coude !

Green Hell Feu de camp

En tout cas, pour le moment, tout va bien. Vous passez avec succès votre première nuit en terre inconnue, vous pouvez être fier (mais vous n’êtes pas au bout de vos peines *rire diabolique*) !

Vous vous réveillez seul, Mia est partie rejoindre la tribu qui l’a acceptée parmi eux (vous ne pouvez pas l’accompagner, car vous, ils ne vous ont pas accepté, na !). Elle vous explique qu’ils ont peur de la technologie et qu’elle ne pourra pas utiliser son talkie walkie… encore une fois qu’est-ce qui peut mal se passer, franchement ?

Une nuit, tout bascule, un appel de talkie walkie étrange, Mia qui semble en danger, vous vous levez en sursaut, tout est rapide, confus, flou, et là… le black out total.

D’ailleurs, si vous choisissez de zapper le tutoriel, c’est d’ici que vous allez commencer.
Votre sac à dos est vide, vous n’avez plus aucun matériel, vous êtes seul, loin de votre tente, personne ne répond au talkie walkie, et c’est là que j’ai compris ce que signifiait “bienvenue dans la jungle”.

De l’eau, il me faut de l’eau, de l’eaaaaauu

J’ai un peu l’impression d’avoir été jetée dans le grand bain sans avoir appris à nager. À partir de maintenant, plus aucune aide, plus aucune indication, seulement une vague quête “aller chercher de l’aide”, avec ça, on est pas sortis du sable, euh, de la jungle… de la boue ?

Avant de me lancer, je regarde un peu les menus du personnage pour comprendre ce que je vais devoir gérer :

  • la fabrication : fabriquer des outils, des abris, des armes, des soins. Certains plans sont déjà acquis, comme le feu de bois, d’autres vont devoir être découverts ou imaginés.
  • l’observation : observer ses bras, ses jambes à la recherche de petits (ou gros) bobos qu’il faudra soigner (Par exemple ici, je suis plein de sangsues).
    Green Hell sangsues
  • le sac à dos : limité à 50kg pour assurer un déplacement normal (impossible de courir, sauter, marcher vite quand le poids est dépassé), et limité en taille, il faudra s’organiser pour ramasser le plus d’objet différents possible et faire des choix pour garder le plus utile.
  • le carnet : votre meilleur ami. Vous y trouverez les quêtes actives, les plans de fabrications, des idées de fabrications, un répertoire des fleurs rencontrées avec, si vous les avez découverts, leurs effets (certaines soignent, certaines donnent des maladies), les plans pour les médicaments et soins, et d’autres informations importantes pour l’histoire.
  • enfin, Jake possède une smartwatch, ou montre intelligente en français, qui sera indispensable tout au long de l’aventure. La montre permet de surveiller les besoins nutritifs (lipides, glucides, protéines, eau…) pour savoir quel type de nourriture chercher en priorité. Elle fait aussi boussole et elle donne l’heure évidemment.

L’heure est importante car le jeu prend en compte le système jour / nuit (un peu comme Jacquouille). Il fait nuit très tôt : à partir de 16h ça va être tout noir (ta gueule ?), et on y voit plus rien sans torche. La faune est aussi différente selon l’horaire, et les dangers plus ou moins présents.

Green Hell smartwatch

J’observe aussi trois jauges en bas de l’écran.

  • une qui correspond à : la santé / la faim / la soif. Rien à ajouter, cette partie là parle d’elle même. Si cette jauge est vide… vous mourrez.
  • une autre qui correspond à l’énergie et l’endurance. L’endurance permet d’effectuer des actions ponctuelles énergivores : sauter, courir, faire du feu… L’énergie est un indicateur de quand il faut dormir… logique. Si cette jauge est vide, Jake s’évanouit… et gare aux vers qui se glissent sous la peau quand on dort à même le sol.

Green Hell evanouissement

  • la 3eme correspond à la santé mentale. La santé mentale est influencée par de très nombreux facteurs. Ce qui peut faire baisser la santé mentale : le froid, les maladies, les blessures, la faim, la soif, la fatigue… Ce qui peut la faire monter : une pause près d’un feu, bien manger, bien boire, une bonne nuit de sommeil, une santé en acier… Si cette jauge est vide, Jake a des hallucinations auditives, ce qui rend l’expérience un peu flippante, pour être honnête, mais entre nous c’est le but !

Et maintenant que j’ai pris le temps de regarder tout ça, mon personnage a déjà faim et soif, alors je vais essayer de vous raconter mes premiers pas dans cette histoire : pour plus d’immersion, à partir de maintenant, je vais parler de Jake à la première personne. Je suis Jake. Ich bin ein Jakiener.

Je regarde autour de moi, je vois un point d’eau, je me jette dessus pour boire un peu… c’était sans compter sur les parasites qui réduisent maintenant beaucoup plus vite ma jauge de faim / soif… Ah, il l’avait bien dit Bear Grylls de faire attention à ce qu’on boit. Tant pis, je m’enfonce un peu plus dans la jungle.

Green Hell boire

Je ramasse tout ce que je trouve, les pierres, les branches, les feuilles, ça peut toujours servir. Je remarque des champignons au loin, je les ramasse, et rien sur mon carnet ne les décrit, tout ce que je vois c’est “champignon inconnu”. Je prend mon courage à deux mains, et j’en mange un, après tout, si je ne goûte pas, je ne peux pas savoir si ça va être nutritif ou si ça va me tuer… Enfin on se rappelle tous de la fin d’Into the Wild (et sinon, désolée pour le spoil). Bonne pioche pour cette fois, ces champignons soignent même les parasites ! Je peux repartir serein… et marcher sur un serpent… qui m’empoisonne. Ma santé est au plus bas, je meurs.

Green Hell serpent

Je relance une partie, retour au point de départ, en effet, il n’y a pas de sauvegarde automatique, pas de checkpoint, la seule manière de sauvegarder sa partie est de fabriquer un abri.

Riche de toutes ces nouvelles informations, je repars dans l’enfer de la jungle, j’avance un peu plus, au loin, je vois d’autres humains, peut être est-ce la fameuse “aide” que je dois chercher ? Je m’avance, ils m’attaquent à coups de lance, je meurs.

Note à moi même : il existe des tribus hostiles qui me traqueront et m’attaqueront dès que possible… comme si ce n’était pas suffisant de survivre à la nature !

Green Hell ennemis

Allô chérie ?

Je vous passe les détails de mes autres essais un peu douteux mais j’ai pu tester différentes morts, comme mort de faim ou mort d’intoxication alimentaire. D’ailleurs c’est marrant, quand on meurt, l’écran nous donne la raison de la mort et fait le décompte du nombre de jours survécus, du nombre de kilomètres parcourus et du nombre de vomis… donc en intoxication alimentaire, ce dernier bat des records.

Green Hell mort

Comme j’apprends de mes erreurs, j’ai enfin pu passer à une autre phase du scénario, je ne spoil pas, mais j’ai pu trouver une carte, j’ai débloqué un accès dans la jungle plus profonde, et j’ai même réussi à contacter ma femme au talkie walkie. Elle me donne rendez vous à un point spécifique.

Pour se repérer, il faut sortir la carte et la montre pour pouvoir comparer les coordonnées GPS. Comme une vraie carte, votre position ne sera pas représentée en temps réel, il faudra chercher où vous êtes et où vous allez. Seuls des lieux clés découverts seront marqués sur la carte, comme une grotte, un ancien village, etc.

Green Hell carte


L’accès au talkie walkie n’est pas tout le temps assuré, il fonctionne sur batterie solaire, il faudra donc attendre le jour pour le recharger et l’utiliser à nouveau.

J’ouvre mon sac pour faire un peu de place, je jette les aliments qui ont pourri. Et oui, comme dans la vraie vie, les fruits, champignons, viandes récoltées ont une durée de consommation limitée. Et comme rien ne se perd, on peut récupérer des larves dans les aliments pourris, utiles pour la pêche par exemple. Je suis prêt(e) à repartir !

Comme mon talkie walkie refonctionne, j’en profite pour contacter ma femme régulièrement, lui raconter ce que je vois, lui poser des questions, quoi de plus rassurant qu’une voix familière quand on est seul et perdu. Je découvre quelques constructions abandonnées, un dock, un pont, chacune de ces trouvailles permet d’obtenir de nouveaux plans de construction, et de trouver, avec un peu de chance, quelques ressources non périssables, ou du matériel (enfin là j’ai trouvé une boîte de conserve vide et cassée, je sais pas trop à quoi ça peut me servir, mais dans le doute… je garde).

J’ai le sentiment que les journées vont être de plus en plus difficiles, je décide donc de me poser quelque part pour y construire un campement durable. A ce moment, j’oublie tout ce que Man VS Wild m’a appris, je choisis un endroit, proche de la rivière pour me réapprovisionner en eau et pouvoir facilement pêcher. Je fabrique une cabane, un séchoir à viande, un filtre à eau, une jardinière, je construis même des pièges autour du campement pour m’assurer le minimum de sécurité (et, oui, je suis morte une fois à cause d’une blessure car j’ai marché sur mon propre piège). Le scénario peut bien attendre, la survie avant tout ! 

Green Hell abris

Je l’évoquais plus tôt, certains plans seront à “inventer”, par exemple, je me plaignais de savoir fabriquer des flèches, mais pas l’arc, ce qui est, qu’on se le dise, quand même super ballot.

Pendant plusieurs heures (IRL, je veux dire, heures de jeu), je me promenais complètement désarmée avant de comprendre que personne ne me donnerait le plan de la lance, par exemple. C’est en essayant, et avec un peu de bon sens, que j’ai pu la fabriquer (et j’ai pu faire un arc aussi, dans la foulée).

Je n’ai même pas encore 10h de jeu, je sais qu’il me reste énormément de choses à découvrir et à apprendre. Par exemple, au fond d’une grotte, je suis tombée sur un filon de fer, mais je n’ai pas encore les outils pour l’extraire. De là, je peux imaginer tout un tas de choses, l’exploitation de minerais, la forge, la fabrication d’objets plus solides, plus efficaces, etc. Dans le menu personnage, quand on est en mode observation on peut activer ou désactiver la visualisation de “l’armure”, j’en conclus donc, qu’en plus des armes, il sera possible de fabriquer des vêtements ou des protections.

C’est fou, on s’y croirait

Les graphismes et le travail sur le son sont très réalistes. Je n’ai pas un PC de guerre, mais ma carte graphique suffit à apprécier les décors sauvages, les couchers de soleil ou même l’univers sous-marin. En jouant avec un casque, je peux facilement repérer un animal dans l’espace et profiter de tous les bruits de la natures (sauf ces vilaines souris qui couinent, c’est très agaçant). Comme tous les jeux PC, on peut trouver la configuration minimale et recommandée pour apprécier au mieux ce jeu, directement sur Steam.

Green Hell coucher de soleil

Restons dans le réalisme, le jeu est très réussi en ce qui concerne le principe de survie. Tout est pris en compte, il n’y a pas que la faim et la soif, il y a le cycle de putréfaction des aliments, les maladies, la fatigue, la santé mentale, les blessures diverses, les dangers de la forêt, rien n’a été oublié, rien n’est fait pour vous épargner.

Seul le temps n’est pas réel, les jours passent très vite (et donc la nuit tombe très vite, surtout), et le cycle de faim / repos est aussi très rapide. Si on veut explorer “loin”, il faut bien se préparer, remplir son sac à dos et être prêt à passer quelques minutes pour fabriquer un lit ou un abris. Je passe plus de temps à m’assurer que ma santé est stable qu’à réellement explorer, mais chaque chose en son temps !

En même temps, vu ce que je découvre, ai-je vraiment envie d’aller plus loin ?

Green Hell crânes

Le crafting, que ce soit pour des petits objets ou des plus grosses constructions est aussi très réussi, les possibilités sont très nombreuses et variées, chacun pourra y trouver son compte selon ses priorités, ses envies.

Green Hell crafting

La prise en main est plutôt intuitive. Pour les grandes constructions, on va d’abord la placer où l’on veut, puis ensuite il faudra chercher les matériaux nécessaires. Pour les petits objets, il suffit d’ouvrir le menu de fabrication et son sac à dos, puis de sélectionner les items dont on a besoin. On notera qu’il est aussi possible d’utiliser des objets qui sont au sol pour la fabrication depuis le menu (soit parce qu’on n’a plus de place dans le sac à dos, soit parce qu’ils sont de toute manière trop grands pour être portés) ce qui est pratique quand on veut essayer différentes “recettes” en tâtonnant pour inventer de nouveaux outils.

Les modes histoire et survie sont parfaits pour plonger dans cet univers inconnu et raviront les assoiffés d’aventures extrêmes ! Le mode défi, quant à lui, propose des expériences courtes mais intenses. L’idée est de réaliser certaines actions en un temps limité, comme “trouver tel campement avant tel jour”. Moins immersif car il y a “une dead line” qui fait revenir à la réalité, mais tout aussi passionnant et bourré de challenges.

Pour conclure

On peut facilement supposer que le scénario fait écho à ce qu’il s’est produit en 2018, lorsqu’un drone a filmé et découvert une “nouvelle” tribu isolée près de la frontière entre le Brésil et le Pérou.
Ce cadre est donc parfait pour débuter une expérience de survie.

Sans être complètement secondaire, puisqu’elle est intéressante et bien écrite, l’histoire n’est pas trop intrusive et ne vient pas “ruiner” l’immersion avec trop de cinématiques ou trop d’informations. On peut aussi tout à fait apprécier le jeu directement en mode “survie”, sans se soucier du scénario.

Le réalisme est au rendez vous, tout en permettant d’adapter son expérience selon son niveau ou ses préférences.

En bref, c’est un excellent jeu de survie, parfait pour virtuellement se surpasser, tester ses connaissances sur cette chose simple qu’est “ne pas mourir”, tester son bon sens et vérifier que l’on est suffisamment débrouillard pour s’en sortir. Et puis… après 2 mois ce confinement, quelle meilleure échappatoire qu’une belle balade en forêt ?

Test réalisé à partir d’une version PC, achetée via Steam par mes propres moyens.

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