[Test/Avis] Xenoblade Chronicles 2 : Torna – The Golden Country

Révélé en même temps que le Season Pass de Xenoblade Chronicles 2, Torna – The Golden Country est une invitation à replonger une seconde fois dans un monde d’Alrest, lequel nous a laissé d’excellents souvenirs en début d’année. L’occasion de voyager 500 ans avant les aventures de Rex, et de découvrir les superbes contrées de Torna à travers l’un des plus gros éléments de background de Xenoblade Chronicles 2.

Devant l’aspect « Add-on » du jeu et afin d’être le plus complet possible par rapport aux éléments donnés par le jeu-socle, ce test contient un spoiler, lequel est signalé par des balises SPOIL.

Le jeu étant une extension reprenant beaucoup d’éléments du jeu de base, nous vous recommandons de lire (ou relire) le test de Xenoblade Chronicles 2 que j’ai écris plus tôt dans l’année.

LA MYSTERIEUSE CITÉ D’OR

Torna – The Golden Country (que nous allons abréger TGC pour la suite de ce test) est une préquelle à l’histoire de base qui nous transporte donc cinq siècles avant les aventures de Rex, sur le titan Torna. Au jour le jour, Lora et sa Lame Jin vivent une vie de mercenaires fauchés, mais affranchie de tout. Une vie de bohème malgré la période de guerre qui frappe Alrest et ses titans. Ces créatures gigantesques et les vies qu’elles abritent vivent chaque jour l’angoisse d’être exterminés sans sommation par l’«Aegis», une Lame sacrée aux pouvoirs divins qui répond au nom de Malhos, déjà auteur de l’extermination du titan Coeia comme nous le montre les premières images de l’introduction. Sur leur chemin, Lora et Jin vont rencontrer Addam, le Prince de Torna, puis Hugo, empereur de Mor Ardain, pour former l’équipe qui va tenter de déjouer Malhos et rendre à Alrest une paix qu’il mérite.

L’histoire de TGC dépeint donc la Guerre des Aegis souvent décrite ou montrée à coups de flashbacks dans le jeu de base. L’occasion de découvrir de nous-même Torna, à l’épicentre du conflit entre les deux lames divines, ainsi qu’un cast de têtes plus ou moins connues des joueurs de XC2. Là se trouve la première « vraie » force de l’extension : Pas besoin d’avoir joué au jeu de base pour comprendre l’univers du jeu, l’histoire, ou quoique ce soit. Au demeurant, c’est même la meilleure des introductions à Xenoblade Chronicles 2 si vous avez prévu de vous attaquer au jeu de base par la suite.

[Partie Spoiler pour ceux ayant déjà joué à Xenoblade Chronicles 2]
Bien entendu, celui qui a joué au jeu de base sait d’avance le destin funeste qui guette le Titan et ses habitants. Si le déroulement du scénario -assez court- nous avance chaque minute vers le moment crucial, il ne manque cependant pas de nous proposer quelques passages surprenants et de placer les quelques moments vus en flashback dans un contexte de temps précis. Comment Jin en est arrivé à vouloir la perte de l’humanité après avoir perdu Lora ? Comment Amalthus s’est emparé du pouvoir à Indol ? Qu’est ce qui explique le comportement de Mythra ? Ces questions trouveront réponse mais d’autres resteront en suspens, notamment en ce qui concerne Mikhail et le reste du « Gang Torna » présent dans le jeu de base.
[Fin de la partie spoil]

TORNA – THE SOCIAL COUNTRY

C’est à peu près tout, sans trop en dire, concernant le propos au cœur de cette extension généreuse qui réussit à faire tenir sa petite aventure sur 20 à 30 heures avec un final ultra-intense et surprenant. Réussir à attraper Malhos sera évidemment le point de mire de l’aventure, mais cela passera surtout par… bon nombre de petites annexes qui forment le cœur du jeu. Si Torna est un titan vaste, magnifique et agréable à parcourir, l’intrigue tiendra beaucoup plus des mésaventures de ses habitants plutôt que de la chasse à l’homme en elle-même, puisque les quêtes annexes forment le plus gros du contenu de cet add-on.

Si on n’échappe pas aux quêtes FedEx barbantes et à l’intérêt fort discutable, la majorité d’entre elles permet d’en apprendre un peu plus sur notre groupe de héros à travers des interactions parfois sucrées, dévoilant toujours un peu plus le caractère de chacun. Chaque personne rencontrée s’ajoute au cercle de Solidarité, un nouvel ajout par rapport au jeu de base, qu’il faudra remplir au minimum jusqu’au niveau 4 pour aller jusqu’au bout de l’aventure. Un total de 89 personnes peuvent rejoindre votre cercle de solidarité et autant vous dire que 30 heures ne seront pas de trop pour vous faire autant de potes.

Le cercle de Solidarité, une sorte de Facebook, vos données personnelles compromises en moins.

Si ce minimum -honorable- de quêtes annexes à effectuer peut sembler contraignant, il n’en est rien en réalité, dans la mesure où ces quêtes -plus très annexes finalement- permettent de se familiariser avec les nombreux paysages de Torna, et se lier d’attachement avec les habitants aux personnalités plus colorées les unes que les autres. Plus le cercle de solidarité évolue, plus les gens vous tiennent en estime et vous encouragent dans votre aventure, un soutien moteur important qui ne manquera pas de définitivement vous lier avec ces gens qui voient en vous des héros providentiels, vous confiant tous leurs espoirs. Ces gens que vous aidez évoluent, peuvent changer de vocation, certains font même référence à des éléments présents dans le jeu de base 500 ans plus tard (Des noms de lieux, des vaisseaux) et participent à renforcer le lore d’Alrest. Certains à qui vous avez rendu service ne manqueront pas de venir vous aider en retour dans des quêtes futures. De vrais bros.

JIN TONIQUE

Aider les gens c’est bien, botter des fesses c’est mieux ! Tout comme le jeu socle, TGC repose sur le fameux système de « lames », ces entités surpuissantes qui confèrent à leur « pilote » des pouvoirs bien au-delà du commun et qui forment toujours le cœur de l’intrigue, mais aussi du gameplay. Une fois manette en mains, le moins que l’on puisse constater, c’est que Monolith ne s’est pas reposé sur ses lauriers. Le studio japonais s’est retroussé les manches, a tendu l’oreille vers les joueurs et en a profité pour corriger certains défauts du jeu de base. Premier point que l’on soulève (et que j’avais moi-même relevé dans le test en début d’année), les tutoriels sur les subtilités des mécanismes de combat sont dorénavant consultables à tout moment ! Une bonne nouvelle comparé au jeu de base qui vous balançait un tuto à usage unique et tant pis pour vous si vous n’aviez rien bitté à la première lecture.

Le gameplay a subi de bonnes évolutions. Lors des combats, les Lames sont désormais plus protagonistes que jamais. Si dans le jeu de base, on pouvait regretter le fait qu’elles restent plus ou moins en retrait en vous prêtant main forte que lors de l’exécution des « arts spéciaux », elles peuvent désormais prendre carrément le relais de leur Pilote si tant est que la jauge de Tag est remplie. Pilote et Lame peuvent ainsi se relayer sur le front de l’attaque, fort utile lorsque l’un ou l’autre accuse un gros revers et une perte importante de points de vie que l’on peut récupérer avec ce changement, la jauge de vie vous indiquant en rouge la quantité de HP récupérables en cas de tag. D’autant plus pratique que lors d’un tag, Pilote ou Lame reviennent à la charge avec l’intégralité de leurs Arts chargés, prêts à déchaîner les enfers sur la pauvre chose qui a osé croiser votre chemin.

Les Full Bursts sont toujours de la partie et plus faciles que jamais à placer. Spectacle !

Point culminant sur l’échelle de la violence du gameplay de Xenoblade 2, les 8 sceaux élémentaires et le Full Burst sont toujours de la partie. S’il était auparavant possible de poser un sceau élémentaire au bout de 3 Arts spéciaux de Lame, ils se posent désormais dès le premier. Gain de temps considérable, en conséquence, il est bien plus facile et rapide de déclencher un Chain Attack bien rentable en dégâts infligés. A vous d’utiliser votre tête pour savoir quel orbe élémentaire exploser pour multiplier les dégâts par XXXX%, et réussir à vaincre les ennemis les plus tenaces dans un déchaînement de techniques surpuissantes. Évidemment, vous retrouverez une belle quantité d’ennemis uniques, ceux portant des noms et la capacité inédite de pouvoir vous faire pleurer des larmes de sang par hectolitres tant certains sont extrêmement coriaces. On peut cocher la case « challenge » pour ceux qui ont la lame chaude.

PAYS MERVEILLEUX

Et sinon niveau touristique ça donne quoi ? Deux titans à découvrir, Torna étant totalement inédit, et une version « 500 ans auparavant » de Gormott déjà présent dans le jeu de base.

Dans cette situation :
A. J’admire le vaste paysage B. Je saute C. Je fais un signe de courtoisie D. La réponse D

Si on se plaît à redécouvrir ce Titan magnifiquement verdoyant, on regrette que bon nombre de ses zones ont été scalpées pour ce DLC et se retrouve un peu vide, un manque d’ambition un chouilla frustrant quand on connaît la richesse du Titan dans sa version de base. Le game design perd en verticalité et en subtilité, mais Gormott a tout de même le mérite d’exister et propose quelque chose de rafraîchissant, au moins pour le plaisir de mettre les pieds ailleurs que sur Torna. Dommage que l’effet d’excitation de re-découvrir un lieu 500 ans auparavant fait vite « plouf ». Si vous n’avez pas joué au jeu de base, c’est en revanche une belle introduction tout en douceur d’une zone qui sera infiniment plus riche 500 ans plus tard.

Pour le titan de Torna en revanche, on retrouve du Monolith pur jus : Un titan incroyable, vaste, cohérent, avec de la verticalité dans un game design léché, des landscapes sensationnels, de la diversité que ça soit niveau faune ou flore, et une ville à l’inspiration « Edo Japan » à tomber par terre. Parcourir le titan de long en large est un plaisir infini dont on ne se prive pas, d’autant que nombreux sont les points de collectes -désormais triés par genre, encore un bel ajustement- qui aident à progresser dans les quêtes. Devant une telle magnificence, on regrette de ne pas en voir plus, sans doute un excès de gourmandise pour ce qui concerne un add-on qui, dans la définition-même, se doit d’être plutôt concis dans son contenu. Remettre tous les titans du jeu d’origine aurait demandé un travail nécessitant plusieurs années et un nouveau jeu tout entier.

Le tout est sublimé par une bande-son d’exception à laquelle vient s’ajouter quelques remixes de l’OST du jeu de base en plus des morceaux inédits qui habillent les différents lieux du Royaume de Torna. Des morceaux inédits orchestrés et souvent influencés par des sonorités jazzy pour un résultat étonnant, rafraîchissant, efficace et franchement magnifique, on remerciera une nouvelle fois Yasunori Mitsuda, ACE, Kenji Hiramatsu et Manami Kiyota de gâter autant nos oreilles. On notera une nouvelle fois la belle présence de Jen Bird pour le thème inédit de cette préquelle, « A Moment of Eternity » puisque rien n’a été fait à moitié.

Pour rester dans le cadre du son, on saluera une nouvelle fois la possibilité d’opter pour les voix japonaises, avec de nouveau un casting 5 étoiles pour les personnages. Akira Ishida (Gaara dans Naruto, Kuja dans Final Fantasy), Shin-ichiro Miki (Urahara Kisuke dans Bleach, Roy Mustang dans Fullmetal Alchemist Brotherhood) ou encore Takahiro Sakurai (Cloud dans Final Fantasy) prêtent leurs voix parmi tant d’autres pour un résultat absolument parfait. Quid des voix anglaises ? Ha ha ha ha ! Soyez sérieux deux minutes, oh.

Un cycle jour/nuit toujours présent et qui ne manquera pas d’éveiller les âmes poètes sous des airs jazzy

POUR L’ETERNITÉ

Pour résumer, Torna – The Golden Country est une excellente préquelle, un très bon add-on très généreux à l’heure ou même Zelda se permet un season pass au contenu chiche. Parcourir Torna en compagnie de cette petite bande de Héros est un plaisir, et de par les efforts consentis sur l’univers du jeu, les PNJ et les personnages en général, l’implication du joueur est totale jusqu’au dénouement spectaculaire. Le gameplay plus accessible que jamais enlève les derniers (et rares) verrous vers le fun immédiat, tandis que la direction artistique fait le reste en accompagnant les voyages du joueur de sublimes mélodies sous fond de landscapes dépaysants. Le tout vient enrichir l’expérience déjà bien copieuse proposée par le jeu de base, mais ne boudons pas notre plaisir tant les jeux proposant un tel contenu et un tel retour sur investissement se font rarissimes. Xenoblade 2 est devenu un (encore) meilleur jeu qu’il ne l’était il y a à peine un an. L’occasion, une nouvelle fois, de saluer l’excellence de Monolith Soft et d’attendre avec grande impatience leur prochain projet. Nous sommes pendus à vos lèvres, messieurs-dames !

Les plus

+ Un add-on généreux de 20-30h, qui s’ajoute à un jeu déjà très copieux à la base.
+ Préquelle excellente qui rend l’aventure de base encore un peu plus inoubliable.
+ Peut se jouer tout aussi bien avant ou après avoir fait le jeu d’origine.
+ Un « Grand Finale » grandiose et déchirant qui ne manque pas de surprendre même ceux qui ont joué au jeu de base
+ Un cast très réussi aux personnalités attachantes
+ Le Titan Torna, ses paysages enchanteurs, sa population attachante, son inspiration excellente. Quelqu’un a l’adresse ?
+ Musicalement fantastique avec de superbes ajouts et des excellentes reprises du jeu d’origine
+ Un gameplay amélioré par rapport au jeu de base : Plus accessible, encore plus nerveux, toujours plus jouissif
+ Voix Japonaises incluses, avec de nouveau un cast très prestigieux. Arigato !
+ Existe en version boite !

Ni plus ni moins :

~ Dans un excès de gourmandise, on aurait aimé voir d’autres titans dans leur version 500 ans auparavant, mais ça engage un contenu qui surpasse largement le cadre de l’add-on.
~ Les quêtes annexes qui forment le plus gros de l’add-on ne sont pas toutes passionnantes, même si elles contribuent à l’attachement du joueur à l’univers du jeu

Les moins :

– Ceux qui ont joué au jeu de base ne trouveront pas forcément des réponses claires à leurs questions sur certains points mineurs
– Pas d’éveil de Lames
– Quelques recyclages visuels (personnages non jouables, vaisseaux) qui entraînent quelques incohérences par rapport à l’époque dans laquelle la préquelle a lieu
– On n’échappe pas aux quêtes FedEx ultra lassantes (comme le jeu de base)
– Un mode portable jouable mais à la résolution bien perfectible (comme le jeu de base)

avatar Publié par le 17 octobre 2018. Classé dans à la une, Nintendo eShop, Nintendo Switch, Tests et Avis. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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