[Test] Kratos est de retour dans God of War

Batman?

Enfin je trouve un peu de temps pour vous parler d’un jeu qui a rythmé mes dernières semaines. Ce jeu, vous vous en doutez, est le dernier né du Studio Santa Monica, God of War.

Sorti il y a bientôt un mois (le 20 avril 2018, exclusivement sur PlayStation 4), je me devais de vous faire part de mon avis sur le jeu après l’avoir parcouru en long, en large, et en travers, enfin presque.

Le Fantôme de Sparte n’est pas mort

La première chose qui frappera l’habitué(e) de la série dès le lancement du jeu (ou sur la boîte), c’est l’absence totale de numérotation sur cet épisode. Bien qu’étant le quatrième jeu de la série principale (je ne compte pas l’épisode Ascension), celui-ci est sobrement titré God of War mais n’utilise plus la graphie passée des précédents. C’est sans doute une volonté de relancer la série avec un nouveau cycle dans l’histoire de Kratos.

L’histoire d’ailleurs, parlons-en. On s’était quitté dans God of War III avec un Kratos laissé pour mort mais dont on nous montrait pas le corps après son altercation avec Athéna et les révélations de cette dernière. Bien sûr, chacun avait imaginé que le spartiate avait eu le temps de fuir, mais où ? Comment ? Survivrait-il ? Vous vous en doutez, la réponse est oui (pour la survie), et il a fuit vers Midgard (le domaine des hommes dans la mythologie nordique, pas la ville contrôlée par la SHINRA). Comment ? On ne le sera sans doute jamais.

Derniers mots échangés avec maman

Ce qui est sûr, c’est que le jeu commence avec Kratos accompagné d’un garçon d’une dizaine d’années, Atreus, dont on comprend vite qu’il est son fils, dans des décors grandioses. Après avoir coupé un arbre afin de procéder à la crémation de la mère d’Atreus (et donc la défunte compagne de notre héros), les deux personnages se rendent chez eux afin d’échanger une dernière fois avec le corps de la défunte (enfin surtout Atreus). Le but de l’histoire sera ensuite de réaliser le dernier souhait de Faye, le nom de celle-ci : éparpiller ses cendres au sommet du plus haut pic des 9 Royaumes (si vous avez au moins vu les films Thor, vous savez que le monde de la mythologie nordique est composé de plusieurs Royaumes). Après une partie de chasse afin de tester les compétences à l’arc (et d’autres) d’Atreus et qui sert de tutoriel au jeu, on se retrouve vite au prise avec un des antagonistes du jeu : « l’Étranger ». Si vous vous y connaissez un peu en mythologie nordique, vous vous poserez pas mal de question sur sa véritable identité… Et vous aurez sans doute tout faux. Bref, après l’avoir rossé, votre aventure commence vraiment : EN ROUTE POUR LE PLUS HAUT SOMMET DU MONDE.

Une tragédie en 3 actes. Visiblement notre étranger ne connaît pas bien la philosophie de Kratos

Du Chaos au Léviathan

Dans cette nouvelle aventure, l’ex-Fantôme de Sparte n’est plus accompagné de ses fidèles Lames du Chaos, vous savez, ces lames damnées offertes par Arès dans le premier jeu de la série et attachées aux bras de notre héros. D’ailleurs, il en porte toujours les stigmates, qu’il cache sous des bandages. À la place, Kratos se bat maintenant avec la hache Léviathan, une arme mythique léguée par Faye. La hache Léviathan, en plus de son utilisation normale, peut être envoyée vers les ennemis telle une arme de jet (qui gèlera parfois certains ennemis) et rappelée par Kratos, où qu’il se trouve. D’ailleurs, elle ne servira pas qu’au combat vu qu’elle servira aussi à résoudre les petites énigmes disséminées tout au long de votre progression (comme bloquer un engrenage par exemple, grâce à sa capacité de geler quasiment tout ce qu’elle touche). Mais ce n’est pas tout. Notre spartiate favori (à moins que le vôtre soit Léonidas) pourra aussi se battre à mains nues, même quand il n’est pas dans son état de transe, utiliser la « Rage de Sparte» une fois la jauge dédiée pleine et/ou mettre des coups avec son bouclier (se rétractant dans sa protection de bras gauche). Il pourra faire bien d’autres choses en combat, mais je vous laisse découvrir par vous même.

La sublime hache Léviathan

Le changement important dans le gameplay de ce God of War est la présence d’Atreus quasiment à chacun de vos combats (vu qu’il fait l’aventure à vos côtés). Le fils de Kratos vous sera d’un grand secours tout au long de l’aventure grâce à son arc. En effet, bien qu’elles n’infligent que des dégâts minimes, les flèches qu’il peut décocher sur les nombreux ennemis du jeu (jusqu’à 4) auront pour effet d’entraver les ennemis (parfois) ou d’augmenter leur jauge d’étourdissement. Une fois celle-ci au maximum, l’ennemi sera alors étourdi et vous pourrez, en appuyant sur R3, enclencher une ruade de Kratos vers l’assaillant afin d’assister à une scène mortelle et brutale avec une caméra au plus proche de l’action. Tout simplement jouissif.

À la manière de la hache Léviathan, l’arc d’Atreus sera lui aussi d’un grand secours dans les phases d’exploration, permettant de débloquer des passages ou de révéler des coffres.

Les temps changent

Et les jeux avec. Jusqu’à maintenant, la série God of War étaient composés de beat-them-all, nerveux, sanglants, linéaires et bourrés de QTE. Certes Kratos avait accès à plusieurs armes différentes et pouvait augmenter sa barre de vie en trouvant certains objets, mais cela s’arrêtait là, le tout avec une vue de 3/4 plus ou moins figée selon les jeux.

Dans God of War, Cory Balrog et son équipe ont complètement repensé la franchise. Même si Kratos tape toujours sur tout ce qui bouge, le jeu s’est plutôt orienté vers l’action-aventure, faisant ainsi la part belle à l’exploration de son monde semi-ouvert. Les QTE sont moins nombreux qu’avant, rendant l’expérience plus fluide et moins saccadée dans les différents combats et les énigmes, sans être insurmontables, sont bien pensées et vous demanderont un minimum de réflexion (on n’est pas au niveau du Labyrinthe de God of War III malheureusement). À cela s’ajoute une petite touche RPG, touche qui devient la norme dans quasiment tous les jeux du genre à l’heure actuelle. Vous aurez accès à un arbre de compétences pour Kratos et Atreus, leur permettant d’apprendre des nouvelles attaques et compétences une fois leurs armes améliorés, mais aussi à un menu dans lequel vous pouvez gérer votre équipement (enfin surtout vos pièces d’armures, au nombre de 3, torse, avant-bras, taille).

On peut toujours augmenter sa barre de vie et celle de rage grâce à ces deux objets

À partir d’un certain moment de l’histoire, vous rencontrerez un nain bleu du nom de Brok. Celui-ci vous rachètera les objets que vous récupérez sur les ennemis ou les cadavres, mais vous permettra surtout d’acheter des nouvelles armures et autres objets importants pour la suite. En effet, plus vous avancerez, plus les ennemis deviendront puissants et, le seul moyen de monter votre niveau (et toutes les caractéristiques qui vont avec) sera de vous équiper avec des armures de plus en plus puissantes, vu que l’expérience gagné sert quasiment qu’à augmenter la puissance de vos attaques runiques. Bien sûr vous pourrez aussi trouver des armures dans les coffres (pas très bien cachés pour la plupart) du jeu, mais le passage dans l’atelier de Brok sera indispensable au bon déroulement de votre aventure. À noter que les armures les plus puissantes demanderont des objets rares à trouver/farmer avant d’être confectionnées. Enfin, vous pourrez augmenter votre niveau un peu plus en ajoutant à vos armures des enchantements (classées en puissance par code couleur, du vert au jaune) qui augmenteront vos statistiques (Force, Chance, Défense, Runes, etc), à vous de choisir celles qui conviennent le mieux à votre style de jeu.

voilà Brok

Je vous parlais plus haut d’attaques runiques. Celles-ci sont des attaques puissantes ayant une limite d’utilisation (elle se recharge entre 30 et 60 secondes environ) qui vous permettront de faire la différence en combat… Voir de vous sortir d’un mauvais pas. Pour les récupérer, il vous faudra faire un peu d’exploration, même si les plus importantes s’obtiennent durant le scénario.

C’est écrit blanc sur noir

Le menu très fourni du jeu

D’ailleurs, puisqu’on parle changement, sachez que Kratos a changé, il n’est plus guidé par la vengeance et la rage et est devenu plus sage et plus réfléchi, même s’il reste toujours très taciturne dans sa manière de vivre. On sent ici que les événements des jeux précédents l’ont profondément affecté et qu’il ne supporte pas (ou peu) sa nature de Dieu, qu’il ne peut renier. Ce qui sera d’ailleurs le moteur, tout au long du jeu, de sa relation avec Atreus. La paternité, ce n’est pas une mince affaire, gérer un enfant d’une dizaine d’années, encore moins.

Face off

Une beauté glacée

Comme un Dieu, le jeu est beau, très beau, que ce soit sur PS4 pro ou non, Santa Monica Studio a su rendre honneur à la console de Sony et à l’univers de God of War. D’ailleurs c’est une constante qu’on retrouve dans quasiment toutes les exclusivités PS4, le jeu est là pour vous décoller la rétine et vous le fait savoir. Les textures, les jeux de lumière et tout le reste suit. Rien ne jure, tout est beau. Je radote, je sais.

Bienvenue à Alfheim, le Royaume des Elfes

Au-delà des graphismes, le point de vue a changé. Nous suivons maintenant Kratos au niveau de son épaule, à la manière d’un Léon dans Resident Evil 4, ce qui a pour effet de vous plonger encore plus dans l’histoire et la beauté des environnements parcourus (qui sont très variés). Le bestiaire aussi est de toute beauté et vous fera frémir à chaque instant, que ce soit les trolls, les draugr… et même des DRAGONS IMMENSES. God of War est la claque visuelle qu’on nous avait promis lors de sa première présentation à l’E3 2016, et même au-delà. Je ne m’attarderai pas plus sur le sujet, vu que je pars du principe qu’un beau jeu n’est pas forcément un bon jeu (coucou The Order : 1886), même si ça aide beaucoup, mais ce qui est sûr ici, c’est que la direction artistique est au top.

Enfin, il est important de souligner que la transition entre phases de jeu et cinématiques est complètement transparente (sans scène cinématique), ce qui a eu pour effet de me faire parfois appuyer sur la manette alors qu’il n’y a pas besoin, tout simplement génial. Ah ! Une dernière chose, la mise en scène des combats, surtout contre les boss, est ENORME !

Toutes ces couleurs <3, et cette tortue <3<3

Jean-Michel Amphore

J’ai presque honte de celle-là.

Je ne vous apprends rien, un grand jeu, ce qu’est ce God of War, est forcément accompagné d’une immense bande-son. Ça tombe bien, elle est énorme ici. Au revoir les compositeurs historiques de la franchise, bonjour Bear McCreary, compositeur américain talentueux à qui l’on doit les bandes originales de certains Battlestar Galactica, des six premières saisons de The Walking Dead, des deux derniers films « Cloverfield » ou encore d’Happy Birthdead (ne me jugez pas, le film était vraiment top). Ce n’est d’ailleurs pas sa première incursion dans le monde du jeu vidéo (Dark Void, Defiance, ou encore le DLC Jack the Ripper d’Assassin’s Creed : Syndicate). Il a aussi composé en 2011, la fanfare jouée lors du dernier décollage d’une navette spatiale américaine, excusez du peu.

J’aime vraiment beaucoup cet antagoniste (l’Etranger)

Sans prendre le dessus sur l’histoire mais plutôt en la rythmant parfaitement, les compositions de McCreary sont toutes plus épiques les une que les autres, quand elles ne tapent pas dans la mélancolie, particulièrement lors des combats. Je ne me remets d’ailleurs pas de la puissance du titre God of War (le thème principal) mais aussi et surtout, du thème lors du combat contre l’Étranger (le titre Deliverance, clairement mon préféré, écoutez, écoutez)! Génie ! Il a d’ailleurs travaillé en étroite collaboration avec des chanteurs islandais et féroïens et surtout des instruments traditionnels tels que l’hurdy gurdy ou le nyckelharpa (à vos souhaits).

Pour ce qui est des autres sons, haches, giclées de sang, coupures, bruits de la nature et j’en passe, tout est parfait !

Voilà le courageux Sindri

Vers le Ragnarök

(Pas le vaisseau de Final Fantasy VIII voyons).

Vous l’aurez bien compris en lisant cet avis et surtout en finissant ce jeu (de l’amour), ce nouveau God of War est une introduction à un nouvel arc de la vie de Kratos (et Atreus donc) tout a été renouvelé dans ce sens (enfin presque), que ce soit dans le gameplay, la manière de jouer et l’univers proposé. Et quelle introduction ! Un scénario sans grande surprise mais rondement mené, deux personnages qui se complètent bien, une petite réflexion sur les relations père/fils, le changement de l’état d’esprit de Kratos depuis sa quête de vengeance contre les Dieux de l’Olympe, des personnages secondaires suffisamment présents et bien écrit qui auront sans doute un rôle important à jouer dans la suite, quelques quêtes annexes sympathiques, énormément d’informations sur la mythologie nordique dans un jeu du genre (une des belles surprises du jeu), des graphismes à couper le souffle et une musique au top. Ce God of War est un très grand jeu et arrive à renouveler la franchise mettant en scène le Fantôme de Sparte de la plus belle des manières, j’ai été conquis. Tremble Asgard, Kratos arrive, et ce n’est pas pour distribuer du chocolat (vous l’avez?)

Bon alors, il est bon ou pas mon jeu?

Les Plus :

– La relation entre Kratos et Atreus (si si)
– La hache Léviathan
– l’Étranger
– Mimir
– Le lore via les gravures, et les panneaux commentés par Atreus et Mimir
– Le monde semi-ouvert
– Les Valkyries

Le Lore

Une des nombreuses gravures du jeu

et un des tableaux <3

Les Moins :

– Muspelheim
– Niflheim
– La console qui décolle dès que le jeu tourne
– On aurait aimé des boss plus emblématiques mais fallait sans doute les garder pour la suite

Le plus haut pic de Midgard

Jouabilité : ★★★★☆ à part la rigidité de de Kratos, tout le reste est parfait.
Réalisation : ★★★★★ Magnifique tout simplement. Tout est beau et fait honneur à Midgard et la mythologie nordique. J’EN VEUX ENCORE PLUS !
Musique et Son : ★★★★★ Excellent travail de Bear McCreary et des personnes dont il a su s’entourer. J’ai omis de vous parler du doublage des personnages dans mon avis, mais la VO est absolument délicieuse, la voix grave et imposante de Christopher Judge (Teal’c dans Stargate SG-1) va parfaitement à Kratos et les autres personnages sont bien lotis aussi (on retrouve Nolan North et Troy Baker au casting) ou encore Jeremy Davies (Faraday dans Lost) qui incarne l’Étranger. Mention spéciale aux échanges avec les nains, souvent irrévencieux, toujours très drôles.
Difficulté : ★★★★★ Je ne sais pas ce que le jeu donne en normal, mais en Défi, il est de taille. J’en ai bavé tout le long du jeu pour mon plus grand plaisir. Je n’ai pas testé le niveau du dessus par contre. Faut dire que le message d’alerte précisant que si c’était trop dur il fallait carrément recommencer l’histoire pour changer la difficulté, m’a fait peur.
Durée de Vie : ★★★★☆ Comptez une trentaine d’heures en prenant votre temps tout en faisant quelques quêtes annexes pour être à niveau, dix de plus si votre but est le Platine.

Je crois qu’il ne t’écoute plus Madame

Ce jeu a été testé grâce à une version PS4 gracieusement fournie par l’éditeur, merci Julien !

En bonus, ma première session de God of War, n’hésitez pas à vous abonner à ma chaîne Twitch :

Regardez God of War – Première 1h30 du jeu de LirycSama sur www.twitch.tv

Et une petite galerie d’images :

J’aurais dû enfiler une veste

Kratos face à son passé

Instant Père/fils?

Woooh! Cette pose de justicier

Une des quelques énigmes faciles du jeu

Le Bifrost

 

avatar Publié par le 16 mai 2018. Classé dans à la une, PlayStation 4 (Pro), Tests et Avis. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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