Sus aux Colosses! [Test Shadow of The Colossus]

Mince ! Le temps est passé vite, beaucoup trop vite. Déjà un mois que j’ai mis la main sur Shadow of the Colossus (SotC), sorti le 6 février, exclusivement sur PS4, il est temps que je vous fasse mon retour sur ce jeu culte.

Développé par la Team Ico (à laquelle on doit… Ico et The Last Guardian), SotC est sorti entre 2005 et 2006 sur PlayStation 2. À l’époque, il n’avait eu qu’un succès d’estime mais était déjà une claque visuelle. Puis vint l’Arlésienne The Last Guardian qui mettra une dizaine d’années à sortir. Durant ce laps de temps, la Team Ico nous proposera un remaster HD de SotC (et d’Ico), sur PlayStation 3… Et comme on dit « jamais 2 sans 3 », nous revoilà avec une énième mouture du jeu… Cette fois-ci sur PlayStation 4.

Première claque

à Dormin debout !

Avant toute chose, il faut savoir que c’est la première fois que je mets les mains sur le jeu, la faute au temps que je n’ai jamais trouvé pour le faire par le passé. Mon regard est donc celui d’un néophyte. Pire encore, je n’ai joué ni à Ico, ni à The Last Guardian.

SotC commence avec votre personnage principal chevauchant une contrée inconnue (et interdite) accompagné d’un corps inanimé (mort?) à aucun moment le nom de ces deux personnages n’aient dit (ou alors je n’ai pas fait attention), mais nous contrôlons Wander et le corps est celui d’une jeune femme, Mono. Par contre, le cheval, c’est sûr, c’est Agro, c’est le nom que l’on crie pour le faire venir à nous.

Bref, ce petit monde arrive dans un ancien sanctuaire et notre héros dépose le corps inerte de Mono sur l’autel. À ce moment-là, des ombres surgissent du sol, sans doute pour attaquer Wander. Moment qu’il choisit alors pour brandir son épée (qui s’avère magique), ce qui aura pour effet de les faire disparaître. C’est là qu’une entité fantastique fait son entrée en s’adressant à Wander. Ce dernier lui demande s’il est Dormin (ce qu’il est) et s’il peut ramener l’âme de Mono, qui s’avère être morte après un sacrifice.

Wander, sans Stéréo

Dormin lui dira alors qu’il est possible qu’il ramène l’âme de la jeune femme si Wander abat les idoles de pierre présentes dans le sanctuaire. Idoles de pierre qu’il ne peut pas détruire. Il lui dit alors de parcourir la région afin de tuer des colosses, seize pour être exact. Chaque colosse tué entraînera la destruction de l’idole associée. Il lui dit alors de se mettre en route pour accomplir cette tâche, non sans oublier de le prévenir que la réanimation de Mono ne sera pas gratuite et qu’elle aura des conséquences.

Sus aux colosses !

Voilà ! Le jeu commence réellement. Pour trouver le premier colosse (et les suivants), il vous faudra brandir l’épée magique de Wander. Celle-ci émettra plusieurs lumières intenses qui se rejoindront pour indiquer le chemin vers votre proie selon l’orientation de notre héros.

Visiblement, le premier Colosse est par là

Après avoir repéré le chemin, c’est parti pour une ballade passionnée à cheval sur les immenses terres interdites du jeu. Une fois arrivée à bon port, le colosse que vous cherchez se réveille ou surgit dès qu’il ressent la présence de votre épée et un combat s’engage.

Bon, on va pas se mentir. Les premiers combats, c’est un peu le bordel, surtout que rien n’est vraiment indiqué, ni pour les touches à utiliser, ni pour terrasser les colosses. Il y a une touche pour sauter, une autre pour s’accrocher, une pour appeler Agro (le cheval si vous n’avez pas suivi), une pour brandir l’épée, une pour mettre des coups avec et on peut même changer d’arme (épée ou arc). C’est déjà un bon début de savoir et de repérer tout ça.

J’ai Agro le galop :3

L’autre chose à savoir c’est que les colosses ne prennent des dégâts qu’à certains endroits de leur corps… Qu’il faut trouver par soi-même. Si vous avez le temps, vous pourrez mettre en surbrillance leurs points faibles, en brandissant votre épée, mais il faudra tâtonner à partir d’un certain moment du jeu. Ça y est ? On peut lui taper dessus ? Oui, si vous arrivez à grimper sur le colosse et ce n’est pas une mince affaire. On ne peut s’accrocher qu’aux poils et à certains éléments de celui-ci. Pire encore, une jauge d’endurance est présente dans le jeu et sera consommée petit à petit lorsque vous êtes accrochés ou que vous mettez des coups, coups que l’on peut d’ailleurs charger pour plus de dégâts.

Coup final particulièrement sanglant sur un point faible en surbrillance

Enfin, il faut savoir que les colosses ont plus de points faibles selon le niveau de difficulté du jeu et les trouver sera une aventure dans l’aventure (l’épée magique ne faisant pas tout, heureusement). Bien sûr, plus vous avancerez dans le jeu, plus les colosses seront compliqués à battre, surtout qu’ils peuvent vous tuer en un coup. À chaque fois que vous tuerez un colosse, vous serez téléporté au sanctuaire de départ et Dormin vous indiquera vaguement où se trouve votre prochain adversaire et ses caractéristiques.

Barba l’Ermite, le Colosse #6 qui nous cherche afin de nous broyer

Ode au vide

Le monde de SotC que vous parcourez est sublime. Vous serez amenés à parcourir de grandes étendues de tout type, désert, prairie, cratère, forêt et j’en passe. Les décors sont sublimes et le mode photo ne sera pas de trop pour les amateurs de ce genre d’options. Mais mon Dieu, que ce monde est vide. N’espérez pas croiser de PNJ à qui vous adresser, de villages à explorer et d’objets à collecter. Cette terre interdite est vide de toute présence humaine et de rares animaux la peuplent (quelques lézards et des oiseaux) en plus des Colosses à tuer.

Ce parti pris scénaristique, cher à Fumito Ueda, pourra en désarçonner plus d’un, voir même en décourager certains. Cependant, cette décision fait de SotC un jeu contemplatif comme les autres productions de la Team Ico (ou d’autres studios tels que thatgamecompany).

C’est vide mais Dieu que c’est beau!

Malgré ce vide quasi-absolu, vous pourrez faire 2-3 trucs dans le jeu, comme rechercher les petits temples dispersés ici et là. Ces derniers vous permettront de sauvegarder votre partie si vous prenez le temps d’y faire une petite prière (dans le cas contraire, vous reprendrez votre aventure à partir du Sanctuaire initial). Toujours dans ces petits temples, chacun abrite un lézard ayant une queue lumineuse. Les tuer et les ramasser vous permettra d’augmenter votre endurance (très important pour accéder à certains endroits du jeu). De plus quelques arbres vous permettront de cueillir des fruits augmentant votre barre de vie… Mais cette dernière est presque anecdotique tant la puissance des Colosses est élevée.

Là c’est Phaedra le cheval, le Colosse #4, qui me cherche pour me broyer

Le bruit de la solitude

Pour renforcer la solitude de votre aventure, lors de vos pérégrinations en terre interdite, aucune musique ne se fait entendre. Les seuls bruits que vous pourrez entendre seront les bruits de pas de Wander et d’Agro, sa voix lorsqu’il l’appelle, les murmures de l’environnement (aussi bien les cris des oiseaux que les lézards qu’on entend se déplacer) et c’est tout. Je ne saurais d’ailleurs que trop vous conseiller de jouer à SotC avec un casque, pour une immersion maximum.

Pour autant, le jeu n’est pas dépourvu de musiques. Celles-ci se déclencheront lors des cinématiques et surtout face aux Colosses (lorsqu’ils apparaissent face à vous ou lorsque vous les grimpez pour les occire). D’ailleurs, lorsque vous montez sur un Colosse, elle deviendra plus épique, renforçant le côté titanesque de votre combat. Les thèmes musicaux du jeu sont surtout composés via des instruments à cordes, de percussions ou encore par des cors d’harmonie. Kow Otani, le compositeur à qui l’on doit les musiques du film Colorful et des animes Gundam W, Ailes Grises, Tokyo Magnitude 8.0, effectue ici un travail fabuleux.

Hydrus le dragon des mers, Colosse #7 avec lequel j’ai failli me noyer. Quel Combat !

C’est tout ?

Pas tout à fait.

Tout au long du jeu vous pourrez activer le mode Réminiscence pour combattre de nouveau un Colosse que vous avez déjà tué. Il vous faudra simplement interagir avec son cadavre afin de relancer le combat. Ce mode ne sert pas à grand-chose si ce n’est à revivre un affrontement.

Il existe aussi un mode Time Attack dans lequel vous pourrez redéfier tous les colosses du jeu en priant devant leurs statues présentent dans le Sanctuaire de départ. Si vous réussissez à en tuer deux dans le temps imparti, vous obtiendrez un objet spécial qui vous permettra de faciliter votre aventure. Ces objets servent en général à augmenter la force de Wander ou à localiser les quelques collectibles du jeu (lézards, fruits).

Enfin, si vous parvenez à augmenter au maximum votre jauge d’endurance, vous pourrez accéder à un endroit secret… Je vous en ai déjà trop dit.

L’ombre de la Team Ico

Shadow of the Colossus, à défaut d’être un grand jeu, est un jeu qui marque par son expérience du vide et de la solitude. Comme la majorité des jeux de ce type, le scénario est cryptique, mais pas inexistant. Mieux encore, l’épilogue vaut le détour et est une ouverture à demi-avouée sur Ico, le premier jeu du studio.

Et le vide alors ? Le jeu a beau l’être, il en reste plaisant, tant dans contemplation que dans l’ambiance. Les seuls moments d’action (et donc réellement intéressants du jeu pour la majorité) vous mettront aux prises avec des Colosses immenses qui vous demanderont plus que du skills pour en venir à bout. Trouver les points faibles de la créature titanesque vous faisant face sera de plus en plus compliqués à mesure que vous avancerez dans le jeu, et les atteindre ne sera pas de tout repos.

Bref, si vous avez déjà aimé SotC par le passé, que vous êtes un fan invétéré d’Ico et que vous êtes de ceux qui ont attendu désespérément The Last Guardian, ce remake de Shadow of The Colossus est fait pour vous. Par contre, si vous pensez que le vide est égal à l’ennui, ne perdez pas votre temps et passez votre chemin.

Je ferai exceptionnellement l’impasse sur les Plus et Moins cette fois-ci.

Jouabilité : ★★★☆☆ C’est pas trop ça. On tâtonne beaucoup au début et ça reste très approximatif par la suite, aussi bien dans l’exécution que dans la prise en compte par le jeu. On a vu mieux mais hey ! Ce sont les mêmes commandes qu’en 2006.

Réalisation : ★★★★★ Elle mérite bien ses cinq étoiles. Ueda et la Team Ico ont fait plus que relisser la version HD de 2011 qui est elle même déjà un relissage du jeu original de 2006. Ils sont repartis de zéro avec un moteur maison afin de nous reproposer cette aventure « intimiste ».

Musique et Son : ★★★★★ Le vide constant aidant, le moindre bruit est audible et de qualité, renforçant votre immersion dans le jeu et vous faisant tendre l’oreille direct au moindre bruit. Quant aux musiques, elles sont fabuleuses et ont d’ailleurs été retravaillé par Kow Otani pour l’occasion. La plupart des thèmes sont particulièrement épiques et se marient bien avec vos affrontements titanesques. Sublime !

Difficulté : ★★★☆☆ à moins de la tenter en Difficile sans connaître le jeu dès le début (mais pourquoi j’ai fait ça???) SotC est loin d’être un jeu compliqué… Sauf si vous avez du mal à trouver les points faibles des Colosses.

Durée de Vie : ★★★☆☆ Il vous faudra une dizaine d’heures pour finir le jeu en Normal et deux fois plus de temps si vous voulez tenter le Platine. Après tout, vous faites bien ce que vous voulez de votre temps.

Ce jeu a été testé grâce à un code de téléchargement gracieusement fourni par l’éditeur, merci Julien !

Tant que j’y suis, vous pourrez trouver le début de mon aventure sur le jeu sur ma chaîne Twitch, juste ici.

Tout est dit

avatar Publié par le 7 mars 2018. Classé dans à la une, PlayStation 4 (Pro), Tests et Avis. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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