Choose your ZhuZhu… Et abandonnez votre santé mentale…

Mes amis, je vous dois la vérité. Je sais que vous êtes nombreux à vous être rendus compte de mon absence en ces lieux (comment ça, non?) Et plutôt que de vous inventer une histoire comme quoi j’avais plus le temps à cause de mes partiels, de mon nouveau boulot et aussi que j’avais la flemme, je vais vous raconter la vérité, car vous la méritez !

Tout a commencé à cause d’un jeu. Un inoffensif jeu de Nintendo DS… En apparence. Je m’en vais vous narrer mon histoire.

Jour 1 :

Sous l’impulsion de ma mère (comprendre une engueulade de plusieurs dizaines de minutes), je me décidais à sortir la chienne de mon frère (Attention. Ici devait avoir lieu une longue analogie hilarante où je comparais la fiancée de mon frère avec son animal canin de sexe féminin. Cependant, ma grande lâcheté m’ayant rappelé que je ne voulais pas me faire casser la gueule par une association d’ultra féministe en manque de cause et ne comprenant pas l’ironie, j’ai préféré m’auto-censurer. Ce qui est dommage ! Mon analogie était vraiment hilarante !) Le ciel était gris, un orage tournait sans éclater et l’animal canin appartenant à mon frère était très contente de se balader.

Une sensation bizarre m’emplissait, comme si le ciel lui-même allait me tomber sur la tête. Et justement, au détour d’un chemin, au pied d’un immeuble, que trouvais-je ? Un jeu de DS. Ma main se tendit vers ce jeu qui semblait un peu humide et au moment où mes doigts frôlèrent son étiquette bleue, un éclair traversa le ciel dans un tonnerre assourdissant.

C’est râlant contre la pluie et contre le canidé qui n’avançait pas assez vite, le jeu en poche, que je rentrais chez moi. Une fois au sec, je regardais le jeu de plus prêt : Zhu Zhu Pets, d’Activision.

Zhuzhu Jaquette

Jour 2 :

J’avais mal dormi et c’est avec une certaine mauvaise humeur que je finis par poser mes yeux sur le jeu. Il avait séché pendant la nuit, mais fonctionnait-il ? Je décidais de l’essayer, et surprise, le jeu démarrait parfaitement. Une musique… Bizarre se lança, en même temps qu’une voix, que je qualifierai de « trentenaire tentant de passer pour une ado de 15 ans pleine d’enthousiasme », me lança un « Zhuzhu Pets ! », au cas où je sois trop bête pour comprendre l’énorme logo affiché sous mes yeux. Considérant qu’il y avait là déjà trop d’émotion, je coupais ma DS.

Jour 3 :

Après quelques recherches, je découvre que les Zhu Zhu Pets sont… Des hamsters. Une marque de jouet adaptée en film d’animation, dont le but avoué est de soutirer le plus de pognon possible aux petites filles (ou à défaut, aux adultes pleins de frics s’occupant des dites petites filles). Soit. C’est une approche capitaliste que je respecte et même si je tombe bien sur quelques théories du complot mêlant Zhu Zhu, Satan, fin du monde et une histoire de corbeau mort devant la porte de la chambre du roi, je relançais le jeu.

Vous avez déjà tenté de jouer au flipper avec un savon? Ben c'est nul.

Vous avez déjà tenté de jouer au flipper avec un savon? Ben c’est nul.

Graphiquement, le jeu est… Adapté. C’est pas les graphismes du siècle, la musique est une boucle de 30 secondes, mais en soit, on n’en demande pas plus à un jeu à licence. Un univers chatoyant et coloré, bref, tout guimauve. Tant mieux, il s’agit d’hamsters tous doux et mignons, un univers glauque aurait fait fuir les petites filles, qui sont, je le rappelle, la cible du jeu.

Je me retrouve alors dans une salle rectangulaire, avec un hamster qui se déplace dans tous les sens. Et , oh merveille, je découvre que je peux le faire glisser vers le mangeoire ! Le faire glisser dans une autre salle pour atteindre le dortoir. Le faire glisser vers les toilettes ou vers une roue. Bref, quatre pièces (salle principale, toilettes, salle de sport, dortoir) auxquelles se rajoute une nurserie pour les futurs bébés Zhu Zhu que j’aurais et une salle marquée d’une coupe.

Après plusieurs minutes à faire mumuse avec mon adorable Zhu Zhu que j’ai déjà envie de passer au mixer, je me dirige donc vers la salle de compétition, pour tomber sur différents parcours. Un seul est ouvert, il me mène à quatre niveaux. Je prends le premier.

ET OH MON DIEU MAIS QUE C’EST NUL ! Je me retrouve à diriger un Zhu Zhu qui doit chevaucher une savonnette pour patiner autant à travers un niveau… Je crois que c’est inspiré d’un flipper mais je ne suis même pas sûr et je dois récolter des pièces, des étoiles, et des carottes.

Une fois le niveau terminé, c’est consterné que j’éteins la console, bien décidé à ne pas relancer ce jeu.

Jour 5 :

J’ai encore rêvé de Zhu Zhu cette nuit. Ça commence à m’agacer sérieusement.

Jour 8 :

J’ai relancé le jeu. Pour peu qu’on lui laisse une chance, il est plutôt marrant. A condition de débrancher son cerveau, bien sûr. Je complète deux mondes avant de couper à nouveau.

Jour 10 :

Il y a de drôles de bruits chez moi. Dans ma chambre, surtout la nuit. Comme si… Comme si des hamsters se baladaient.

Jour 15 :

Cette fois j’en suis sûr. J’ai encore été réveillé en sursaut et j’ai vu des ombres de rongeurs partout ! En plus, je crois qu’ils s’attaquent à mes plantes vertes.

J'ai une colonie dans ma chambre. Ou dans le jeu. Je sais plus trop.

J’ai une colonie dans ma chambre. Ou dans le jeu. Je sais plus trop.

J’ai quand même continué le jeu. En même temps, je n’arrive plus à penser à autre chose. Je n’ai jamais vu un jeu aussi répétitif. J’ai maintenant une colonie de Zhu Zhu et de bébés Zhu Zhu dans mes pièces. Les niveaux sont tous pareils, avec du challenge en plus du genre « hohoho, va tu réussir à trouver le passage habilement dissimulé sous deux feuilles ? » Je sais bien que le jeu est pour les gamines mais je commence à me dire qu’il a des limites.

Jour 20 :

Je vous jure que j’ai vu des Zhu Zhu ! Ils m’observent en permanence ! Ils me suivent même en journée maintenant… Ils sont partout !

Jour 31 :

Les gens sont des Zhu Zhu… Mon voisin de cours lui-même en était un. Il grignotait son crayon comme un rongeur, j’ai alors vu ses dents, ses bajoues et ses moustaches ! La directrice de la fac n’a pas voulu m’écouter quand elle m’a convoquée pour savoir pourquoi je l’avais frappé avec son ordinateur portable. Je crois qu’elle est dans le coup elle aussi…

Jour 32 :

J’ai découvert la vérité… Les Zhu Zhu sont partout… Ils nous contrôlent tous… Les médias sont infectés de Zhu Zhu… Même les hommes politiques SONT des Zhu Zhu… Ils viennent me chercher la nuit.

Jour 38 :

Je le savais… Les Zhu Zhu sont une incarnation du Diable… En jouant à ce jeu, c’est une malédiction que j’ai libéré sur le monde. Mais ce n’étais pas une coïncidence si j’ai trouvé ce jeu… Le Diable m’a tendu un piège…

Jour 45 :

Je me suis barricadé dans ma chambre. Ma mère est une Zhu Zhu. Elle a voulu me faire manger du maïs dans une salade. Elle veut me transformer en Zhu Zhu.

Jour 47 :

J’ai foutu des pièges à rats partout. Je sais pas si ça marchera sur les Zhu Zhu, j’ai mis des carottes à la place du fromage. Mais ils continuent à venir. Ils rampent sur moi la nuit.

Jour 48 :

Une sirène a retenti dans le quartier. Les Zhu Zhu viennent pour moi. Ils sont en bleu ou avec des blouses blanches… Ils tentent d’enfoncer la porte. Je ne les laisserais pas me manger… JE NE SUIS PAS UNE CAROTTE ! JE NE SUIS PAS UNE CARRRRRRRRRRRRRRRRRR…

C’est sur cette note que mon journal de guerre s’est achevé. Les infirmiers et les gendarmes ont enfoncé la porte de ma chambre et m’ont conduit en désintox. La malédiction Inca à l’origine de la création des Zhu Zhu Pets est en réalité un abus de cocaïne. Apparemment, je n’avais pas le droit d’en produire chez moi, même pour mon usage personnel. Heureusement, le juge a été gentil et ma peine n’a pas été trop longue. Il a compris que j’avais juste mal interprété les règles.

Pour en revenir au jeu lui-même, c’est un jeu pour petites filles (et attention, je dis ça sans aucun sexisme de ma part, hein. Un petit garçon peut s’y intéresser, mais clairement, le jeu n’a pas été pensé autrement que comme un jeu pour petite fille). La musique, les graphismes, le gameplay, tout est prévu pour petites filles. Bref, un jeu fait « à l’arrach’ », pour un public de niche, et n’ayant pas assez d’esprit critique pour se plaindre. Si l’industrie du jeu vidéo est un secteur où le capitalisme règne en maître, je trouve cependant que le rayon « adaptation de franchise » est quand même le pire du secteur. Adapté à la pisse, on capitalise sur une franchise pour en tirer le maximum de pognon en un minimum de temps et d’investissement. La preuve, d’ailleurs, c’est la majorité de la presse spécialisée ne s’attardent même plus sur ces jeux, tous comme les parents qui, en les achetant, savent qu’ils font le choix de la facilité. Mais bon. Les gamins sont contents, ils n’ont pas le recul pour se plaindre, et dans un an le jeu finira sur une brocante pour faire le « bonheur » d’une autre petite fille ou petit garçon. Cher Zhu Zhu Pets, je te souhaite la bienvenue chez les Léa Passion et autres jeux dont le seul intérêt est de servir de cadeau bouche-trou pour les fêtes.

Vous l’aurez compris, si vous n’êtes pas une petite fille âgée d’entre 2 et 7 ans, laissez tomber ce « jeu ». Il n’a aucun intérêt, vous n’êtes pas le cœur de cible, et si vous l’êtes… Bah, personne ne s’intéressa à vos plaintes de toute façon. Oh, et une note? Soyons sérieux, c’est innotable, les notes en négatif sont interdites. 

ZhuZhu 3

Ils en veulent à votre âme… Si si.

avatar Publié par le 23 novembre 2015. Classé dans (New) Nintendo 3DS, à la une, Rétro Test, Tests et Avis. Vous pouvez suivre les réponses de cet article via le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article

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