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Murdered Soul Suspect: un jeu à réveiller les morts?

Ce jeu a été testé avec une version presse

Murdered: Soul Suspect est un jeu d’aventure à la troisième personne sorti en France le 6 juin 2014 et se jouant sur Xbox 360, Xbox One, PC, PlayStation 3 et PlayStation 4. Il est édité par Square Enix (à qui l’on doit entre autre l’excellent Hitman Absolution) et développé par Airtight Games. Pour ma part, j’ai testé la version 360.

Version testée par mes soins
Version testée par mes soins

Je dois dire que j’attendais beaucoup de ce jeu, ayant trouvé le trailer carrément alléchant. Je m’imaginais plonger dans une atmosphère sombre et intrigante et trouver en Murdered: Soul Suspect le digne successeur d’Alan Wake. Si la cinématique d’ouverture qui nous présente l’histoire du héros prénommé Ronan O’Connor est plutôt esthétique et poétique, qu’en est-il du jeu de manière générale ? Voici mon avis et surtout voici mon test.

A History Of Violence :

Dans Murdered: Soul Suspect on incarne Ronan O’Connor, un flic qui est aussi un ancien voyou. Par le passé, Ronan a séjourné en prison et il a pris l’habitude de se faire tatouer au rythme de ses erreurs et mauvais choix. Sa vie change le jour où il rencontre Julia (qui décèdera malheureusement tragiquement) et les tatouages de son ancienne vie s’effacent alors pour laisser place à des stigmates plus heureux, à l’image de sa nouvelle existence. Ronan, qui a envie de se racheter, fini par entrer dans la police, bien que son image de mauvais garçon lui colle à la peau, et que son choix de carrière ne soit pas toujours vu d’un très bon œil de la part de certains de ses collègues. Assassiné par Le Crieur Des Morts -un tueur en série qu’il pourchasse- il devra ici percer le mystère de son propre meurtre.

Ronan face à son assassin, alias le "Crieur Des Morts"
Ronan face à son assassin, alias le « Crieur Des Morts ».

Le début de la fin :

Tout commence avec la mort du héros, défenestré alors qu’il poursuivait un suspect qui finira par l’achever en lui tirant dessus alors qu’il est au sol. Aux portes de ce que l’on suppose être le paradis, Ronan apprendra de sa défunte épouse que pour pouvoir la rejoindre il doit d’abord résoudre son propre meurtre. S’en suivra alors une enquête d’une simplicité déconcertante, durant laquelle Ronan apprendra à apprivoiser son état de spectre et les quelques possibilités qu’il lui offre (lire dans les pensées, jouer au poltergeist avec certains objets ou encore traverser certains murs), et il découvrira par la même occasion les travers de la ville de Salem où se situe l’histoire, avec l’aide d’une jeune médium à la recherche de sa mère.

Joy, une adolescente médium, sera d'une aide précieuse pour Ronan.
Joy, une adolescente médium, sera d’une aide précieuse pour Ronan.

Enquête et pièces sans conviction :

Si l’idée de base est très bonne, être inspecteur de police à Salem se révèle être à la portée de n’importe qui. Ici, il n’est nullement question de réflexion et d’investigation car tout nous est offert sur un plateau. Si Ronan semble avoir des difficultés à résoudre son propre meurtre et l’affaire phare du jeu qui y est associée, on a de notre côté et depuis notre canapé des talents d’enquêteurs non négligeables. Malheureusement, il faudra avancer au rythme du héros un peu ramollo du cerveau et attendre patiemment le dénouement final.
Dans Murdered: Soul Suspect, mener l’enquête se résume à une sorte de chasse aux indices éparpillés dans des pièces ou lieux bien précis. On fait alors le tour de l’endroit en question en regardant ici et là et en arrêtant la caméra sur certains objets qui nous interpellent. Une fois que l’on a déniché le nombre d’indices demandés, on peut alors résoudre une partie de l’enquête et continuer à avancer sur celle-ci, en nous rendant dans d’autres coins de Salem.
A savoir qu’il est parfois difficile de trouver le bon angle avec la caméra pour qu’un objet soit reconnu comme indice, ce qui agace un peu.

Bout d'enquête et exemple d'indice posé sur une table.
Bout d’enquête et exemple d’indice posé sur une table.

Aide-moi et le ciel t’aidera :

Au cours de notre enquête et en nous promenant dans Salem, il nous sera proposé d’aider diverses âmes en peine, qui ne comprennent pas ce qu’elles font encore là ou qui souvent ne réalisent pas qu’elles sont décédées. « Torturés » et piégés entre deux mondes, ces fantômes seront libérés grâce aux réponses qu’on leur apportera. Rien de bien compliqué. C’est souvent le même schéma que pour l’enquête principale, à savoir une recherche d’indices qui nous permettra de répondre aux questions que ces esprits se posent.
Ces petites missions annexes ne sont pas obligatoires, ni réellement palpitantes, mais je vous les conseille si vous voulez que le jeu dure plus longtemps. Et puis tant qu’à jouer, autant le faire bien.

Ronan, une âme très charitable avec certains esprits un peu à l'ouest.
Ronan, une âme très charitable avec certains esprits un peu à l’ouest.

Salem :

Vu où se situe l’histoire, on s’attend quand même un peu à ce que l’atmosphère soit sombre et inquiétante, mais ce n’est pas vraiment le cas. Les rues sont pour la plupart dénuées de vie et d’animation et on pourrait se croire dans une ville fantôme. D’ailleurs, il y a plus d’esprits qui squattent Salem que d’êtres vivants. Par ailleurs, j’ai constaté à de multiples reprises, en me postant à certains endroits sans bouger, que les passants suivent un circuit bien précis qu’ils répètent en boucle et ça en marchant comme des automates. Ils ont même tendance à disparaître dans les murs et à en ressortir comme si de rien n’était pour reprendre leur tour de piste inlassablement. Affolant de voir que de tels bugs existent encore en 2014…
Pour ce qui est de la ville en elle-même, elle n’est donc pas très riche niveau décors. On passe et repasse par les mêmes endroits, ruelles, parcs, cimetière… Et celle-ci ne donne pas vraiment envie d’être explorée. Si il est possible de s’y promener à notre gré, rien à voir par contre avec un open world. De nombreux murs de Salem ont d’ailleurs été bénis par des prêtres afin que les fantômes ne puissent pas les traverser, ce qui restreint tout de même pas mal l’environnement. A noter que le héros ne peut entrer dans une maison uniquement si une porte ou une fenêtre est restée ouverte. Ne vous attendez donc pas à user de vos talents de passe muraille à volonté. Néanmoins, l’état spectral de Ronan permettant de distinguer des choses que les vivants ne peuvent pas voir, telles que ruines, talismans peints sur les murs, âmes coincées entre deux mondes, objets à dénicher pour apprendre certaines histoires sur un Salem plus sombre, est un point plutôt positif.

Concernant les graphismes, rien de transcendant mais ils sont honnêtes. Les spectres auxquels on ne peut pas s’adresser sont quant à eux plutôt bien réalisés et ont ce petit quelque chose d’inquiétant.

Exemple de spectres "décoratifs" plutôt réussis qu'on peut apercevoir dans le jeu.
Exemple de spectres « décoratifs » plutôt réussis qu’on peut apercevoir dans le jeu.

Le gameplay :

Rien de bien sorcier (vous voyez le lien avec Salem ?) On use de nos dons de fantôme facilement, que ce soit pour se téléporter, posséder un corps pour lire dans les pensées de l’hôte, jouer au poltergeist en faisant sonner un téléphone ou en faisant débloquer une photocopieuse, etc.
Seuls bémols, il est parfois difficile de se repérer à force de passer à travers les murs et pas toujours évident d’échapper aux démons quand ils nous repèrent, car oui j’oubliais, il y a de vilains démons aux airs d’aliens (le 8ème passager) qui ont le pouvoir de nous « tuer » (les guillemets sont utiles puisqu’en réalité Ronan est déjà mort). Pour leur échapper il n’y a qu’un moyen : passer d’âme en âme en possédant celles-ci jusqu’à ce que ces démons se lassent et retournent à leur train-train. Pour les anéantir il faudra alors les prendre par derrière (n’y voyez rien de cochon) puis effectuer le QTE qui s’affiche.

Un démon à la tronche vaguement aliénante...
Un démon à la tronche vaguement aliénante…

Point final :

Assez déçue par la version 360, j’espère quand même que sur Xbox One et PS4 le jeu est d’avantage à la hauteur. Si le titre n’est pas franchement mauvais, je ne peux pas non plus le qualifier de bon. Il est coincé au purgatoire des jeux vidéo, à l’image de son héros.
Les enquêtes sont trop simplistes pour maintenir l’intérêt, bien qu’heureusement, le fait que l’histoire se déroule à Salem relève quand même le niveau. L’idée était bien trouvée et Murdered : Soul Suspect aurait vraiment pu être une réussite. Pour cela il aurait suffit d’étoffer un peu l’environnement et de mettre le joueur face à de VRAIES enquêtes. Dommage.

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